


Les principales villes de la zone affectée, Léogâne, Petit-Goâve et Jacmel ont également été dévastées, parfois davantage encore. Routes impraticables, aéroport de Port-au-Prince saturé, c’est avec de grandes difficultés logistiques qu’ont été acheminés les secours internationaux durant les premières semaines qui ont suivi la catastrophe.
Le 12 janvier donc, la mécanique de réponse à l’urgence se met en marche. La Croix-Rouge française mobilise toutes ses capacités humaines et matérielles.
Cinq équipes de réponses aux urgences (ERU), soit 93 équipiers spécialisés en santé, eau/assainissement et distribution, ont été mobilisés durant près de 4 mois avant que ne débute tout le travail de post-urgence. À ce jour, 32 délégués en mission internationale sont toujours présents sur le terrain, appuyés par près de 250 collaborateurs nationaux. Il s’agit de la plus importante mobilisation de la Croix-Rouge française à l’international.
Les trois expatriés de la délégation de la Croix-Rouge française, basés dans la capitale en ce 12 janvier 2010, ont vécu le tremblement de terre en direct. Ils se sont mobilisés immédiatement aux côtés d’une vingtaine de membres de la Croix-Rouge haïtienne pour porter secours aux blessés et acheminer nos stocks d’urgence, entreposés à Saint-Marc, plus au nord. Moins d’une semaine après le séisme, une vingtaine d’équipiers urgentistes étaient à pied d’oeuvre.
la PIRAC (plateforme d’intervention régionale Amériques Caraïbes) – basée en Guadeloupe – a joué un rôle essentiel dans la rapidité de notre intervention. Elle a permis le déploiement massif de moyens matériels (150 tonnes) et humains (médecins, infirmiers, ingénieurs sanitaires et logisticiens), par voie aérienne et maritime.
De plus, nos délégations départementales basées dans les Antilles ont soutenu les opérations de rapatriement et d’accueil des ressortissants français et évacués sanitaires. Elles ont également organisé des collectes de dons.
sous l’égide de la direction des relations et des opérations internationales de la Croix-Rouge française qui a supervisé la coordination générale des secours à partir du centre opérationnel ; via la direction de l’urgence et du secourisme, chargée du rapatriement et de l’accueil des ressortissants et des évacués sanitaires dans les aéroports ; le service des recherches, à travers la mission de rétablissement des liens familiaux ; via, enfin, les délégations locales, départementales et régionales, qui ont mis à disposition leurs bénévoles et se sont fortement mobilisées pour collecter des dons.
Haïti est une mission inédite pour la Croix-Rouge française, à plus d’un titre : par l’ampleur du désastre tout d’abord, par la configuration très complexe de la zone touchée, par l’ampleur de la mobilisation en hommes comme en moyens matériels.
Ce séisme dépasse tout ce que j'ai connu en dix ans d’expérience à l’international.
La Croix-Rouge française a participé, durant les premiers mois suivant le séisme, à l’accueil de 1917 personnes rapatriées vers la France métropolitaine (47 vols gérés) et de 363 enfants adoptés. Au total, plus de 900 bénévoles ont été mobilisés 7 jours sur 7, ce qui représente 6300 heures de bénévolat.
Un centre d’accueil a été mis en place en Guadeloupe, en parallèle, pour accueillir les parents adoptants et les enfants haïtiens adoptés durant quelques jours, en attendant le transit vers la métropole.
Par ailleurs, la cellule téléphonique d’urgence a géré plus de 780 appels.
Moins visible que les actions de terrain proprement dites, et plus méconnu, le rétablissement des liens familiaux est pourtant une mission essentielle. Connaître le sort d'un proche, rétablir le contact avec sa famille sont des étapes indispensables de la reconstruction de soi. Ainsi, via son service de rétablissement des liens familiaux (RLF), la Croix-Rouge française a mis à disposition du CICR un spécialiste RLF dans les 48 heures suivant le séisme.
Par ailleurs, de nombreuses demandes de familles résidant en France et souhaitant contacter leurs proches en Haïti, ont été traitées. 345 appels téléphoniques et courriers ont été reçus, 111 dossiers traités (situation urgente, regroupement familial, recherches, crèche/adoption), dont 5 ont abouti.
En outre, suite à l'évacuation sanitaire de 68 enfants non accompagnés vers la Guadeloupe et Martinique, la Croix-Rouge française, en collaboration avec le CICR, a participé au rapatriement de ces enfants en Haïti.