04/12/2009
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De 1940 à aujourd’hui : échange, participation et acte citoyen

Des secouristes pendant la seconde Guerre Mondiale
C’est véritablement après 1940 que la Croix-Rouge à travers ses membres devient un microcosme de la société française. La guerre a suscité un grand élan de solidarité national. Chacun donne de son temps à sa manière, de la confection de colis et de lainages pour les prisonniers de guerre au secours des victimes des bombardements, en passant par l’accueil des rapatriés des camps…

La guerre et les secouristes

Beaucoup de bénévoles prennent des risques durant la seconde Guerre Mondiale, comme ces convoyeuses qui intègrent des enfants juifs aux groupes d’enfants éloignés en train vers les campagnes, les arrachant ainsi à la déportation. Tout comme ces secouristes qui perdent la vie, durant les combats de la libération, malgré le brassard qui les distingue et aurait dû les protéger...

Le secourisme est un facteur important d’une plus grande ouverture au bénévolat. Les dirigeants de la Croix-Rouge poussent à un recrutement plus massif : il faut ouvrir les rangs, apprendre au plus grand nombre à apporter les premiers secours, être à l’écoute des besoins de la population…

Ces arguments seront le grand leitmotiv de l’après-guerre, avancés en novembre 1951 par le premier bénévole d’entre tous, le Président de la Croix-Rouge française, Georges Brouardel : « Si l’on veut une Croix-Rouge qui soit de plus en plus populaire, très largement ouverte à tous, ou chacun puisse travailler côte à côte avec l’artisan, l’employé et l’ouvrier, il faut développer le secourisme. »

Ouverture, démocratisation, parité

Comme les infirmières avant guerre, les secouristes représentent par la suite l’essentiel des effectifs bénévoles.

Dès 1956, un nombre important d’ouvriers, apprentis, employés se mêlent aux étudiants, médecins et ingénieurs. Au sein des camps de chefs d’équipes, les futurs responsables, venus de toute la France, également répartis entre hommes et femmes, ont en moyenne entre 20 et 25 ans.

L’association se positionne aussi comme une force morale : « Etre membre de la Croix-Rouge, c’est s’efforcer soi même d’être un homme, mais c’est aussi s’employer à ce que chacun le soit ou puisse le devenir, dans la plénitude de ses moyens » (Vie et Bonté n°74, avril 1956).

Libres et conscients de leur choix d’engagement, ils prêtent serment. Le secourisme permet aussi de « donner à la jeunesse l’occasion de fournir dans nos rangs un effort bénévole, d’affirmer sa personnalité et de jouer un rôle positif » (André François-Poncet, Président de la Croix-Rouge française, 1965).

Cette jeunesse du bénévolat, surreprésentée chez les secouristes, est appelée de tout cœur par tous les présidents successifs, mais, jugée trop remuante, n’est pas toujours du goût des bénévoles de l’ancienne école. La question est ouvertement discutée, et si l’on refuse « les préjugés et la méfiance des personnes vivant plus dans le passé, qui restent attachées au caractère aristocratique de la Croix-Rouge des origines » (André François-Poncet, 1967) on rappelle aussi à l’ordre les garçons aux cheveux longs et les filles en mini-jupes !

Toutefois, en 1970, en dépit de la « crise de la jeunesse » qui secoue la société, 25% des bénévoles ont moins de 25 ans, 50% entre 25 et 37 ans.

Parallèlement, la nécessité de la diversité s’impose. En octobre 1960, à Alger en pleine guerre de décolonisation, on nomme pour la première fois un directeur départemental musulman, originaire d’Algérie.

En 1970 comme en 1956, on constate que toutes les catégories socioprofessionnelles sont représentées. L’équilibre d’avant-guerre est définitivement inversé : la Croix-Rouge compte moins de membres issus des classes dirigeantes, en faveur d’une plus grande représentation des classes moyennes et ouvrières.

Interaction, échange, adaptation

Au début des années 1970, le bénévolat au sein de la Croix-Rouge fait l’objet d’une autocritique en vue d’étudier son adaptation à l’évolution du monde moderne. Une politique unique de volontariat applicable aux salariés comme aux bénévoles est envisagée. Les jeunes retraités qui peuvent apporter des compétences professionnelles en tant que bénévoles sont particulièrement visés dans les recrutements.

Enfin – c’est un constat de longue date –, la bonne volonté ne suffit pas. Les volontaires doivent ainsi être orientés dans les branches qui répondent à leurs compétences. A cela s’ajoute la création de formations spécifiques qui leur permettent d’évoluer et de s’épanouir à la Croix-Rouge. En ce sens, 1975 est une année de réflexion générale.

Dans les années 1980, face à la montée de l’individualisme dans une société de consommation en crise, face aussi à la désagrégation des liens traditionnels, le bénévole trouve dans l’équipe qu’il intègre un nouveau cercle, un nouveau sens social. L’association écoute ses bénévoles qu’elle ne conçoit pas uniquement comme des troupes agissantes. Enfin, on trouve de plus en plus parmi les bénévoles d’aujourd’hui, des bénéficiaires d’hier.

C’est un véritable dialogue qui s’instaure, pour mieux recruter, mais aussi pour répondre aux attentes des volontaires.

Dans ce lieu de démocratie par excellence qu’est l’association, l’engagement est libre et l’échange primordial. La multitude des aspirations individuelles est un gage de richesse dans les réflexions, avec un objectif commun à toutes : la solidarité. L’engagement bénévole est ainsi devenu un acte de citoyenneté essentiel.

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150 ans de secourisme

1er auxiliaire des pouvoirs publics

La Croix-Rouge française a commencé à intervenir lors des "calamités publiques" dès les années 1880. Elle est devenue depuis le premier auxiliaire des pouvoirs publics en matière de secours d’urgence.
Aujourd’hui, 10.000 bénévoles sont prêts à intervenir sur le terrain, tout au long de l’année, l’association forme aux gestes qui sauvent.

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150 ans d'action sociale

De l’assistance sociale à la solidarité active

Apparue de façon informelle au début du XXe siècle, l'"assistance sociale" devient une véritable politique dès la Grande Guerre.
Aujourd’hui, 35 000 bénévoles de la Croix-Rouge française sont engagés au quotidien dans la lutte toutes les formes de précarité. La tâche est immense : l'association intervient auprès de plus d’un million de personnes !

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150 ans de santé et autonomie

Des premiers dispensaires aux soins à domicile

En 1899, la Croix-Rouge française ouvre son premier dispensaire, en 1908 son premier hôpital. A partir des années vingt, l'association se mobilise contre la tuberculose et la mortalité infantile…
Aujourd'hui, la Croix-Rouge française porte son action vers l'accès aux soins, la prise en charge des handicapés, l'hébergement médicalisé des personnes âgées…

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150 ans de formation

A l’origine de la formation d’infirmière

Alors que la première école d'ambulancières a vu le jour dès 1876, il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que soit fondée la première école de formation d'infirmières de la Croix-Rouge. L'enseignement qui y est dispensé inspirera la création d'un diplôme d'Etat en 1923.
Aujourd'hui, l'association est devenue un acteur de premier plan dans ce domaine, grâce à ses 19 instituts régionaux couvrant une large offre de formation dans le secteur sanitaire et social.

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150 ans d'action internationale

De l’aide d’urgence à l’action humanitaire durable

Les interventions de la Croix-Rouge française à l'étranger ont d'abord été associées au service de santé des armées. Puis après 1919 à l'envoi de vivres et de matériels aux victimes civiles.
Aujourd'hui, la Croix-Rouge française dispose d'équipes de réponses aux urgences humanitaires (ERU), capables d'intervenir en moins de 48 heures partout dans le monde.