« Le logement d’abord » reste la priorité aujourd’hui, un an et demi après le lancement de la refondation. Mais l’heure est au passage à l’acte. Les choses avancent progressivement, estime le ministre du Logement, Benoist Apparu, soulignant que 130 000 logements sociaux ont été construits l’an dernier et qu’en Ile-de-France, par exemple, 97% du contingent préfectoral a été récupéré. Au nom du DALO, 500 logements sociaux y sont désormais attribués chaque mois à des familles dans le besoin.
Le logement d’abord, mais un logement de qualité, tel est le message principal passé au cours de cette journée. « La priorité aujourd’hui est moins la quantité que l’adaptation des logements aux publics à accueillir, dit-il. L’hébergement d’urgence doit rester une solution provisoire, ce qui peut sembler évident mais ne l’est toujours pas dans les faits. On propose souvent des solutions précaires à des personnes précaires, ce qui conduit à une déresponsabilisation ». Tout le monde est d’accord sur ces points. Reste à trouver des solutions de rechange et, surtout, des moyens. Le ministre ne s’en est pas caché, les mois qui viennent vont être difficiles, contraintes budgétaires obligent…
Néanmoins, des solutions existent, selon lui. Rien qu’à Paris, le coût des nuitées d’hôtel représente une enveloppe de 80 millions d’euros par an ! Il y a donc des marges de manœuvre possibles, souligne-t-il. Qualité du logement mais aussi de l’orientation et de l’accompagnement. Il nous faut renouveler nos modes de fonctionnement « hors les murs », autrement dit hors centres d’hébergement, estime Benoist Apparu. Une stratégie a été encouragée par la conférence de consensus européenne sur le « sans abrisme », organisée fin 2010.
Enfin, le ministre a rappelé le rôle-clé des équipes mobiles et des samu sociaux qui sont « les premiers à intervenir en amont des SIAO (services d’accueil et d’orientation intégrés)». Si nous parvenons à réduire considérablement le nombre de personnes à la rue, grâce à cette politique de refondation, ce rôle sera amené à évoluer également pour se porter davantage sur les personnes relogées. « Je rêve que les candidats à la prochaine présidentielle posent clairement des objectifs quantifiés réalistes en ce qui concerne les personnes à la rue… »
« La Croix-Rouge française reste sur ce mouvement réformiste indispensable », a rappelé Didier Piard, en conclusion de la journée. Cette refondation permet de « réfléchir autrement sur nos dispositifs d’accueil des personnes en situation de grande précarité », estime le directeur de l’action sociale. « Nous ne devons pas nous voiler la face, nous avons besoin d’une plus grande visibilité au niveau de chaque territoire mais également de plus de lisibilité sur les dispositifs existants, sur le coût des prestations selon les types de structures, etc. Ce secteur n’a jamais voulu se réformer et il n’est plus adapté à la situation ».
Quid de l’accueil et de l’hébergement des demandeurs d’asile et des déboutés, principalement ? Ce sujet sensible a été le fil conducteur des échanges tout au long de la journée. La question fera d’ailleurs l’objet d’un débat lors du prochain conseil d’administration de la Croix-Rouge, en juin. L’association est bien décidée à prendre position sur cet enjeu de société sur lequel on ne peut fermer les yeux.
Chaque année, la Croix-Rouge française vient en aide à un million de personnes en situation de précarité.
Elle oriente les personnes sans abri vers des solutions d’hébergement ou de logement adaptées à leurs problématiques individuelles.
Il existe aussi une offre alternative de logement social avec 110 places en maison relais ou résidence sociale.
La Croix-Rouge française est le 1er opérateur du Samu social en France. Particulièrement active lors de la période hivernale, mais présente tout au long de l'année dans certains départements, l'association, grâce à son important réseau de bénévoles et de salariés, gère ainsi plus de la moitié des Samu sociaux sur le territoire national.
Interview de Benoist Apparu, Secrétaire d’Etat chargé du logement et de l’urbanisme.