Cambodge : améliorer la préparation des communautés exposées aux inondations

Cambodge : améliorer la préparation des communautés exposées aux inondations
Publié le 11/03/2013

Le bassin du Mékong s’étend au coeur de l’Asie du Sud-Est et constitue en temps ordinaire une ressource vitale pour plus de 70 millions d’habitants de la région.

Mais, en 2011, des pluies torrentielles au Cambodge ont entraîné des crues suivies d’inondations dramatiques qui ont affecté dix-huit des vingt-quatre provinces du pays, laissant dans un profond dénuement quelque 1,2 million de sinistrés. Ces inondations, les plus graves depuis une dizaine d’années, ont tout particulièrement éprouvé les communautés rurales, aggravant des conditions d’existence déjà précaires, ravageant les moyens de subsistance et créant rapidement de sérieuses pénuries de denrées alimentaires.

Y Pann, une femme de 59 ans mère de dix enfants vivant à Porphlouk, un village de la province de Kampong Thom, a cruellement souffert. La montée des eaux l’a totalement ruinée. «Mes 20 cochons, poulets, vaches et buffles ont tous péri noyés ou de maladie», raconte-t-elle.

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Au moment de la catastrophe, Y Pann était enceinte. «J’ai trois filles et sept garçons. Pour nous, ça a été très dur pendant les inondations. Nous n’avions plus rien à manger et tous sont tombés malades. Moi aussi.»

Avec le soutien de la Croix-Rouge française, la Croix-Rouge cambodgienne a immédiatement entrepris de distribuer des secours à près de 2 000 familles. Ensuite, avec des fonds du département de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne, un projet d’un an a été lancé afin de renforcer la résilience de communautés susceptibles d’être frappées par de futures catastrophes. Il comprend des efforts pour améliorer la production alimentaire et autres moyens de subsistance, ainsi que des campagnes d’éducation sur l’eau et l’hygiène. Ces différents programmes ont déjà eu un impact notable sur les conditions d’existence de nombreux bénéficiaires.

Alors que le projet approche de son terme, la Croix-Rouge a également mis sur pied des distributions de filtres à eau en céramique, de pompes, de semences de riz, ainsi que des formations agricoles axées sur la diversification et sur les méthodes de culture en milieu humide. Loeung Chhengleam, élève à l’école primaire de Samproach, explique que l’addition de petits changements fait une grande différence. «Je n’ai plus de douleurs d’estomac depuis que je dispose d’eau filtrée. A présent, je suis en bonne santé», déclare-t-elle.

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Pour Y Pann, comme pour une multitude d’habitants de la région, le défi consiste à être prêts à affronter les inondations qui ne manqueront pas de se produire à nouveau dans un avenir plus ou moins proche. «Maintenant, je suis parée», affirme-t-elle. «J’ai fait des réserves de riz, de poisson et de condiments afin que nous n’ayons plus à subir une expérience aussi pénible.» 

Kate Roux, FICR, et Josselin Leon, Croix-Rouge française