Ouganda : l’importance de la prévention lors de flambées épidémiques

Publié le 18/02/2013

Récit et photos de Victor Lacken

Face à la fièvre hémorragique Ebola, on ne saurait être trop prudent. Son virus est un des plus meurtriers pour l’homme et nous sommes toujours incapables de la guérir. En raison de son degré très élevé de contagion, il est crucial de diagnostiquer immédiatement toute flambée de la maladie et d’isoler aussitôt le foyer infectieux.

C’est ce que l’on a fait à la fin de 2012 dans le district de Luweero, au centre de l’Ouganda. Dès le premier cas confirmé – un chauffeur de taxi qui est ultérieurement décédé – la Croix-Rouge de l’Ouganda a lancé une campagne afin d’informer la population sur les mesures à prendre pour empêcher, ou tout au moins limiter, la propagation de la maladie.

C’était la seconde flambée d’Ebola dans le pays en l’espace de trois mois, sans qu’un lien ait pu être établi entre les deux épisodes.

«Aussitôt que l’alerte a été donnée, nous avons déployé nos volontaires pour mener une campagne de sensibilisation à domicile auprès des habitants du district», rapporte Annet Nampima, chef de la section locale de la Croix-Rouge. «La rapidité de notre riposte a permis de diffuser des messages cruciaux sur l’Ebola et a même contribué à faire évoluer les attitudes et les pratiques des membres de la communauté.»

Les volontaires ont visité tous les foyers de la région, distribuant affichettes et brochures et dispensant des conseils pratiques sur la marche à suivre au cas où un membre de la famille serait suspecté d’infection. Les réactions ont été dans l’ensemble très positives, même si certains volontaires ont eu parfois des difficultés à persuader les gens d’éviter tout contact physique avec les personnes potentiellement contaminées.

«Les gens ont l’habitude de laver les corps des défunts» explique Annet. «Heureusement, nous sommes parvenus à les en dissuader dans le contexte d’une flambée de fièvre hémorragique, et ils ont fini par comprendre la nécessité de porter des équipements de protection pour manipuler les cadavres.»

La croyance dans la sorcellerie et autres superstitions ont également posé des problèmes aux volontaires dans leurs efforts pour éduquer les gens sur les précautions à prendre afin de limiter la propagation du virus. Néanmoins, leur message n’a pas varié quant à l’importance vitale des mesures de réduction des risques.

Les habitants de Luweero sont loin de vivre dans l’aisance et le soupçon d’infection par l’Ebola peut avoir un impact désastreux sur le plan matériel, même lorsque le sujet est finalement ‘disculpé’. En effet, le présumé malade est mis à l’isolement et une bonne partie de ses biens – vêtements, matelas, ustensiles de cuisine, récipients pour l’eau, moustiquaires – est détruite par mesure de précaution afin d’éviter la propagation du virus. Pour remédier à ce problème, la Croix-Rouge de l’Ouganda procure aux personnes qui quittent l’hôpital des articles de remplacement ainsi que des produits d’hygiène et de désinfection.

Les flambées épidémiques tendent, hélas, à devenir de plus en plus fréquentes dans le pays. Au cours des douze dernières années, l’Ouganda a connu quatre épisodes d’Ebola. En 2012, on a également enregistré deux flambées de choléra et une flambée du virus de Marbourg. Comme lors des flambées d’Ebola, la Croix-Rouge de l’Ouganda a à ces occasions conduit des campagnes massives d’éducation sur la santé et l’hygiène, diffusant des messages de prévention parmi près de 7 millions d’habitants de toutes les régions affectées.

Les flambées épidémiques en Ouganda reflètent une tendance générale à la multiplication des petites crises à répétition à travers le monde entier. Ces catastrophes silencieuses ont pourtant un impact dramatique sur les individus, les familles et les communautés affectés.

Avec l’appui du département de l’aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO), la Croix-Rouge a fourni en 2012 une assistance directe à quelque 70 000 personnes touchées par ces flambles épidémiques ainsi qu’à leurs familles – et contribué à épargner la contamination à des millions d’autres habitants de l’Ouganda.