Tadjikistan : surmonter le traumatisme après un tremblement de terre

Tadjikistan : surmonter le traumatisme après un tremblement de terre
Publié le 01/03/2013

Mohira, 5 ans, a encore peur de sortir le matin et n’ose même pas ouvrir la porte de la maison. Le souvenir d’une expérience terrifiante continue de la hanter.

Le 13 mai 2012, un tremblement de terre de magnitude 5,7 a frappé le Tadjikistan oriental. Proche de l’épicentre, le village de Mohira a été le plus durement éprouvé. Plus de 200 habitations ont été détruites ou endommagées, laissant plus de 2000 personnes dans un pressant besoin d’abris et autres formes d’assistance.

La mère de Mohira, qui s’est réveillée juste avant le séisme, a senti les premières secousses. Elle a aussitôt réveillé ses enfants et ouvert la porte pour les faire sortir, sans s’apercevoir que sa petite fille était restée dedans. Ensevelie sous le crépi tombé du toit, Mohira n’avait pas pu se dégager.

«Comment pourrai-je effacer cet affreux souvenir de l’esprit de ma petite fille. Mohira reste habitée par la peur», explique sa mère. «Pourrai-je jamais me pardonner à moi-même?», s’interroge-t-elle.

Beaucoup d’enfants rescapés de ce terrible tremblement de terre sont toujours sous le choc. Pour les aider à surmonter le traumatisme que provoque souvent ce genre d’expérience, le Croissant-Rouge du Tadjikistan a mis sur pied le plus ambitieux programme de soutien psychosocial de son histoire, avec l’appui de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et du département de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne.

silent-tadjikistan-large2

 

Dans le cadre de cette initiative, des psychologues qualifiés ont visité villages et écoles, s’entretenant avec les adultes comme avec les enfants afin de les aider à reprendre une vie normale.

Sharifa, une étudiante de 22 ans qui était à la maison avec ses parents et ses trois soeurs, se souvient encore du fracas des secousses et de la panique qui s’est ensuivie, personne ne sachant ce qui se passait ni ce qu’il convenait de faire. De nombreuses familles ont perdu tous leurs biens dans la catastrophe.

Les premières personnes à leur venir en aide ont été les habitants de villages voisins qui avaient beaucoup moins souffert que Gharibon. Ils ont apporté de la nourriture, puis accueilli chez eux les familles sinistrées. Dans les jours qui ont suivi, les pouvoirs publics et le Croissant-Rouge ont acheminé tentes, vivres, couvertures, ustensiles de cuisine et autres secours de première nécessité. Les familles dont les maisons avaient été endommagées ou détruites ont également reçu des matériaux et des outils, ainsi qu’une initiation aux techniques de construction antisismique.

silent-tadjikistan-large

 

Haqrizo, père de douze enfants, est ouvrier du bâtiment. Il n’était pas au village quand le tremblement de terre s’est produit. Deux jours plus tard, à son retour, il a trouvé sa maison en ruines. Il n’aurait jamais imaginé qu’une telle catastrophe pût se produire et ignorait que certaines méthodes de construction garantissent une bonne protection contre les tremblements de terre. Maintenant qu’il a été formé par le Croissant-Rouge, il compte bien bâtir des habitations plus sûres pour sa famille et ses voisins.

En partenariat avec l’ECHO, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont fourni une aide d’urgence cruciale à plus de 3000 rescapés de ce séisme dévastateur et aidé les familles affectées à améliorer leur préparation en prévision d’une future catastrophe. 

Abdulfattoh Shafiev au Tadjikistan