Haïti - 11 centres de santé préparés aux risques de propagation de l’épidémie

Formation du personnel d'un centre de santé
Publié le 02/11/2010

Samedi 30 octobre. Depuis plus d’une semaine les équipes de la CRF sont à pied d’œuvre à Port-au-Prince en prévention du développement de l’épidémie de choléra dans la capitale. Les chiffres officiels annoncent ce jour 442 morts et 7742 cas hospitalisés. En fin de matinée, la délégation reçoit un appel du centre de santé de Croix-des-Bouquets : une patiente qui souffre de fortes diarrhées s’est présentée…

Il est midi ce samedi lorsque Chantal, coordinatrice médicale de la Croix-Rouge française reçoit un appel du centre de santé de Croix-des-Bouquets : une patiente souffre de vomissements et de fortes diarrhées !

Depuis plus d’une semaine, la délégation s’active afin que tous les centres de santé qu’elle supporte depuis plusieurs mois soient prêts à accueillir des personnes atteintes du choléra. La logistique est réactive, on charge le pick-up Croix-Rouge avec un kit d’équipement et matériel sanitaire nécessaire pour le montage d’un centre de traitement transitoire du choléra (chlore, bassines, seaux, lits pliables, blouses, bottes, gants…). Le véhicule prend la direction de Croix-des-Bouquets, avec à son bord la déléguée médicale qui a sollicité l’aide de Gérard, expert sanitaire choléra.

Sur la route, Chantal reçoit un autre coup de téléphone : il ne s’agit plus d’une mais de 3 patients suspects… On apprend que la première malade a été prise en charge par un hôpital tenu par des équipes cubaines, le deuxième est rentré chez lui et (avec traitement) le troisième a été transféré dans centre de traitement du choléra à Tabarre.

Déchargement du véhicule de la Croix-Rouge devant le centre de santé
Déchargement du véhicule de la Croix-Rouge devant le centre de santé


Depuis la Délégation de la Croix-Rouge française à Pétionville, le véhicule prend la direction de Croix-des-Bouquets. La déléguée médicale a sollicité l’aide de Gérard, expert sanitaire choléra, qui va l’accompagner dans cette intervention d’urgence. Sur la route, Chantal reçoit un autre coup de téléphone : il ne s’agit plus d’un mais de 3 patients… Lorsque l’équipe arrive, on apprend que la première malade a été prise en charge par un hôpital tenu par des équipes cubaines, le deuxième est rentré chez lui (avec traitement) et le troisième a été transféré dans un centre de traitement du choléra à Tabarre.

Désinfection des lieux

45 minutes à batailler dans les bouchons de la capitale et le convoi Croix-Rouge arrive enfin à destination où l’on décharge le matériel. Sous le regard curieux du personnel et de quelques badauds, Gérard enfile sa combinaison de protection et prépare les solutions chlorées qu’il va pulvériser un peu partout dans le centre, là où la patiente potentiellement atteinte est passée. L’hygiène et la désinfection sont les armes principales de lutte contre la propagation de la maladie. « Pour désinfecter les sols souillés et les latrines, j’utilise une solution à très haute teneur en chlore, très corrosive, explique Gérard. Pour le mobilier et les vêtements c’est un autre dosage et pour la peau (lavage des mains) c’est encore plus léger ».
« Le choléra a disparu d’Haïti depuis plus d’un siècle, le personnel n’est absolument pas formé ni sur le plan médical, ni aux mesures sanitaires draconiennes qu’il faut prendre», expliquent les délégués Croix-Rouge.

Le Directeur du Département sanitaire de l’Ouest, Hans Legagneur, rejoint bientôt l’équipe de la Croix-Rouge française sur les lieux. En charge de 211 centres de santé publics de premier échelon dans son Département, l’homme a beaucoup à faire et doit convaincre les responsables des centres de la nécessité de monter ces structures rapidement. Ce qui n’est pas une mince affaire à l’heure où le pays s’apprête à jouir d’un week-end de 4 jours…

A près la désinfection, on commence à monter l’ « espace choléra » qui comptera 5 lits. Un bâtiment neuf inutilisé offre un emplacement parfait. Les volontaires des équipes « abri » qui travaillent déjà à l’aménagement des 8 centres de santé de Port-au-Prince ne sont pas disponibles. Il va falloir faire sans… Balthazar, médecin de la Croix-Rouge française, va acheter des bâches en plastique et de la corde pour isoler la zone.

Formation du personnel

Après la désinfection, Gérard s’occupe de former le personnel du centre qui aura pour mission de transmettre les consignes à ceux qui vont les relever. Attentifs, les 6 membres du personnel écoutent les recommandations de Gérard et vont répéter les gestes qu’ils doivent faire : préparation des solutions chlorée à différents dosage, pulvérisation, traitement des excréments, désinfection, pédiluve, attitude à tenir auprès des accompagnants…

Formation du personnel du cente à la prévention du choléra
Formation du personnel du cente à la prévention du choléra


Puis, c’est la remise du matériel : 5 lits pliants qu’il faut trouer pour accueillir le siège des patients « jusqu’à l’arrivée de vrais lits choléra jeudi », promet Chantal, bassines pour les excréments, chlore, galons d’eau potable, chaises pour les accompagnants….

« Aujourd’hui, il fallait parer au plus pressé, le personnel est inquiet... », commente la déléguée.
Dans les autres centres de santé soutenus par la Croix-Rouge française, l’aménagement, l’équipement et la formation du personnel sur les aspects médical et sanitaire du choléra sont en cours. 4 des 8 centres de Port-au-Prince sont prêts… Par ailleurs la Croix-Rouge française a approvisionné tous les centres en sels de réhydratation orale (SRO), Ringer (sérum de réhydratation par voie intraveineuse) et antibiotiques.

A Petit-Goave, les mêmes précautions sont prises dans les 3 centres soutenus depuis le séisme par la Croix-Rouge française.