Elisa, 21 ans, en service civique au centre provisoire d’hébergement de Quétigny

Elisa, 21 ans, en service civique au centre provisoire d’hébergement (CPH) de Quétigny
Publié le 20/04/2017

« J’apprends beaucoup sur les autres, mais aussi sur moi-même. »

Elisa en service civique à Quétigny

Elisa, 21 ans, en service civique au centre provisoire d’hébergement (CPH) de Quétigny
 
Après deux erreurs d’orientation, Elisa a pris une année sabbatique avec l’idée d’entamer une formation d’éducatrice spécialisée en septembre 2017.

Ayant entendu parler du service civique par des amis et sensible aux problématiques migratoires, elle a répondu à une annonce pour intégrer le CPH de Quétigny. Une façon pour elle de réfléchir à son avenir professionnel, tout en donnant de son temps.

 
Pourquoi avez-vous choisi d’effectuer votre service civique dans une structure accueillant des réfugiés ?
J’étais déjà sensibilisée à cette cause car ma mère est bénévole à la Cimade, où elle aide notamment les demandeurs d’asile et les réfugiés. Elle m’en parlait beaucoup, me racontait comment cela se passait. Cela m’a toujours intéressée. Donc, quand j’ai recherché une mission de service civique et que j’ai découvert cette mission au CPH de la Croix-Rouge, j’ai postulé sans hésiter. 

Quel est votre rôle au sein du CPH ?
Je suis arrivée au CPH en service civique mi-décembre en même temps que Jordan, un autre jeune. Nous organisons et menons les actions ensemble. Nous prévoyons des activités qui ont une visée éducative, mais pas seulement. Nous essayons au maximum de répondre à l’intitulé de notre mission qui est : « améliorer le quotidien des personnes en vue de leur insertion sociale ». Pour cela, nous mettons en place des activités avec les réfugiés, comme des jeux, des ateliers cuisine, des activités thématiques.

Par exemple, nous avons passé ensemble un après-midi pour fêter Noël. Et bientôt, ce sera le tour des barbecues de l’été ! Concernant les activités individuelles, on tient à laisser une place à l’imprévu, car on ne veut pas que tout soit formalisé. Nous accompagnons les personnes, avant tout, selon leurs besoins. Cela peut consister à les accompagner pour faire des courses ou à Pôle Emploi. Parfois, elles ont juste besoin d’avoir quelqu’un à qui parler, notamment dans les moments de solitude ou de mélancolie.

Evidemment, on travaille aussi beaucoup le français avec eux. Il m’est arrivé de donner des cours à un jeune Afghan qu’on venait d’accueillir et qui avait deux semaines à attendre avant d’être scolarisé. Maintenant que les beaux jours arrivent, nous allons pouvoir reprendre les activités collectives d’extérieur. Je remarque que les résidents ont besoin de ces temps collectifs. C’est aussi primordial qu’ils apprennent à se connaître les uns les autres. Cela leur permet de se voir le week-end, lorsque l’équipe n’est pas là.  Bref, le rôle d’un service civique au sein de la structure est très large.

Cette mission vous a-t-elle apporté de nouvelles perspectives sur les plans personnel et professionnel ?
Au départ, c’est la mission elle-même qui m’intéressait. Je ne connaissais pas la Croix-Rouge française, j’ai appris à la découvrir par le biais de formations qui nous étaient proposées. J’ai ainsi pu voir tous les champs d’action de l’association et découvrir toutes ses filières. Aujourd’hui, je suis contente d’en faire partie !

J’aimerais poursuivre mon engagement comme bénévole au sein de la délégation de Dijon. Je souhaiterais faire des maraudes si mon emploi du temps me le permet. Je n’ai pas envie de m’arrêter là. J’ai envie de donner encore de mon temps. Grâce au service civique, j’en apprends beaucoup sur les autres, mais aussi sur moi-même.

En ce qui concerne mes études, mes plans ont quelque peu changé. Je passerai en janvier prochain le concours pour devenir assistante sociale. Mon expérience au sein du CPH a été déterminante dans mon choix.

Propos recueillis par Vanessa Barbier