Des actions ciblées par des publics spécifiques

Des actions ciblées par des publics spécifiques
Publié le 30/01/2018

Coordination enfance

Face à un nombre croissant d’informations préoccupantes transmises par le Pôle Régional au Parquet des mineurs, il est apparu nécessaire de renforcer les interventions liées la protection de l’enfance. Ainsi, en 2015, une coordinatrice enfance a rejoint l’équipe de direction. Celle-ci organise auprès des travailleurs sociaux des temps d’échange et de réflexion autours de situations complexes et assure, suivant les besoins, des actions de soutien à la parentalité auprès des familles. Elle est une interlocutrice privilégiée dans les relations avec les partenaires qui gravitent autour de l’enfant : institutions scolaires, Aide sociale à l’enfance, CRIP (cellule de recueil des informations préoccupantes)… En parallèle, depuis septembre 2016, une formation « protection de l'enfance » est accessible à tous les salariés du Pôle Régional. Il est notamment abordé la question des écrits professionnels et le cadre légal par lequel est régie la protection de l'enfance.


Soutien psychologique

Dès l’ouverture du Pôle Régional, les travailleurs sociaux ont fait le constat que les familles accompagnées ont pour la plupart connu des parcours jalonnés de ruptures traumatisantes et violentes, générant des répercussions sur le plan psychologique. En 2015, un poste de psychologue clinicien a été créé pour intervenir auprès des personnes hébergées qui le souhaitent et suivant les signalements des travailleurs sociaux. Suivant les besoins, des orientations peuvent être assurées vers des dispositifs de soins adaptés, mais des obstacles existent. Par exemple, le temps d’attente pour l’accompagnement d’un enfant en centre médico-psycho-pédagogique  peut être d’un an dans certains départements. De plus, il est très difficile de recourir à des services d’interprétariat pour les personnes non francophones.


Renforcement de l’accompagnement social des personnes migrantes

La hausse soutenue des arrivées de demandeurs d’asile sur le territoire français au cours des dernières années, conjuguée à l’allongement des procédures d’examen de leurs dossiers, provoque une difficulté d’accès des dispositifs spécialisés destinés à les accueillir. Privés du droit de travailler et donc dépourvus de ressources, ne pouvant pas toujours disposer du soutien de leur communauté d’origine, les demandeurs d’asile se retrouvent souvent « sans domicile fixe » et contraints de faire appel aux structures d’urgence , que ce soit en matière d’hébergement, de soins ou d’alimentation. Les difficultés rencontrées par ces personnes sont nombreuses pour s’orienter au sein d’un maillage complexe de structures dont les conditions d’admission sont très hétérogènes et rarement clairement énoncées. L’effectivité du droit d’asile ne dépend pas seulement des dispositions juridiques qui encadrent son application, mais aussi de l’accueil qui est réservé à ceux qui prétendent au statut de réfugié et qui arrivent totalement démunis sur le territoire français. La qualité de l’accompagnement dont ces personnes bénéficient pendant la période d’instruction de leur demande, ainsi que le niveau de leur accompagnement matériel déterminent leur capacité à accéder au droit à la protection. Or, sous cet aspect, la condition des demandeurs d’asile semble s’être dégradée. Un certain nombre d’entre eux recourent aux services d’urgence sociale.

© Croix-Rouge française  Pascal Bachelet

C’est dans ce contexte que la Ville de Paris intervient en soutien de l’Etat dans l’accompagnement des personnes migrantes. La mise à l’abri à l’hôtel répond à un besoin primaire de chaque individu. Reste la mise en œuvre de l’accompagnement social et spécifique auprès de ces publics. La Ville de Paris a confié cette mission au Pôle Régional de la Croix Rouge française. Cette mission a débuté le 1er novembre 2015 avec un travailleur social chargé d’accompagner socialement et administrativement 35 ménages hébergés à l’hôtel par la Ville de Paris. Un deuxième travailleur social a été financé en 2016 avec au total une file active de 70 ménages.


Interculturalité

En 2016 a été créée la mission « interculturalité »suite aux différentes observations émanant du Pôle régional : lors des interventions auprès des ménages, les travailleurs sociaux sont confrontés à la barrière de la langue, mais aussi à celle de la culture. Une méconnaissance des us et coutumes du pays d’origine produit des incompréhensions, des blocages, des résistances qui peuvent représenter un frein à un accompagnement social efficient. Un intervenant interculturel a ainsi été nommé. Ayant une connaissance des pays d’Afrique du l’Ouest et maîtrisant un dialecte répandu dans ces pays, ce professionnel vient en soutien des travailleurs sociaux pour une traduction ou un éclairage sur une pratique culturelle, une incompréhension dans le parcours de vie des usagers, un entretien et/ou une recherche partenariale. Formés sur différentes thématiques (ethnopsychiatrie, enfance et exil, mutilations sexuelles féminines, …), ce référent peut par la suite assurer des journées de sensibilisation auprès des travailleurs sociaux. Un renforcement de cette mission « Interculturalité » est en cours de réflexion avec le recrutement d’un professionnel ayant un profil d’ethno-sociologue et polyglotte.


Violences conjugales

La problématique des femmes victimes de violences conjugales reste un sujet de préoccupation majeur dans le cadre de l’accompagnement social auprès des familles. Au cours de l’année 2016, 357 femmes victimes de violences conjugales ont été accompagnées par le Pôle Régional.

En 2017, la mise en place d’un projet commun avec l’Union Régionale Solidarité Femme permet d’apporter un soutien aux travailleurs sociaux qui sont le plus souvent démunis face à ces situations spécifiques. L’objectif principal de ce partenariat est « d’aller au plus près » de ce public isolé et de permettre à ces femmes et à leurs enfants d’amorcer un processus de sortie des violences et de leur permettre de retrouver leur autonomie. Cette action, financée par la DRIHL, permet d’accompagner 200 femmes et enfants (annuellement) victimes de violences conjugales qui sont isolées dans des dispositifs hôteliers et pour qui l'accès à des accueils spécifiques apparait compliqué du fait de manque de places adaptées.