« Ici, ils ont cru en moi »

« Ici, ils ont cru en moi »
Publié le 07/02/2018

J’y ai trouvé du soutien, une écoute bienveillante…

Perte du permis de conduire, de son emploi, dégringolade… En 2009, José se retrouve à la rue, sans toit, sans ressources. Un matin, il franchit la porte de l’accueil de jour de Corbeil-Essonnes. « J’y ai trouvé du soutien, une écoute bienveillante… Tout d’abord dormir au chaud, dans l’une des places d’urgence, mais également pouvoir se laver : quand on n’a plus de chez-soi, prendre une douche est un luxe ! Quand je suis propre, je me sens davantage sûr de moi… Et puis quand on prend les transports en commun, cela permet d’être moins parano quant au regard des autres. »


De visites en visites, José, aujourd’hui âgé de 47 ans, est accompagné par l’équipe du pôle exclusion. Hébergement d’urgence, d’insertion, il va passer par tous les dispositifs pour prendre le chemin de la réinsertion. « Mais au début c’était compliqué pour moi… Il s’agissait de places ‘temporaires’ alors j’avais du mal à m’investir, d’autant plus que j’étais entre temps tombé dans l’alcool, chose courante quand on vit dans la rue… » Jusqu’au jour du déclic : « j’ai côtoyé la mort de près plusieurs fois, des amis, des copains de galère. Le prochain pouvait être moi… J’ai alors réalisé qu’il n’était pas trop tard pour faire quelque chose de ma vie. »


Il arrête l’alcool, part en cure puis en post-cure. Dans toutes ses démarches, il est accompagné par l’équipe de la Croix-Rouge. « Ils ont cru en moi, ils ont eu confiance en moi… Même si je leur ai fait des misères », admet-il, reconnaissant. Ainsi, depuis qu’il a décidé de reprendre les choses en main - c’était en 2014 – José se tient à ses objectifs. Il a désormais un logement « à lui », vient de terminer un contrat professionnel et envisage plutôt sereinement la suite. Cependant, même si la période la plus difficile est derrière lui, il continue de venir régulièrement à l’accueil de jour, pour dire bonjour, donner des nouvelles. Et il ne manque pas de raconter son histoire à ses ex-compagnons de rue, pour leur montrer – lui qui « est aussi passé par là » - que lorsque que l’on est bien accompagné et que l’on veut s’en sortir, c’est possible.

Anne-Lucie Acar