28/01/2010
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Retrouver une vie d’enfant

Le jeu : Une première étape pour un retour vers un équilibre de vie
Ce mercredi à Pétion-ville, dans l’enceinte de l’école dans laquelle la Croix-Rouge française a installé son centre de soins de santé, une centaine d’enfants qui vivent avec leurs proches dans des camps de fortune, a été accueillie le temps de jouer et de reprendre leur vie d’enfants…

Pierre et Maureen, nos deux délégués en soutien psychosocial, sont arrivés il y a deux jours et ont commencé à accueillir les enfants du quartier.

« Il est très important de rétablir une certaine routine pour ces enfants et de permettre aussi à leurs parents de respirer pour pouvoir se reconstruire », explique Maureen, responsable du pôle de soutien psychosocial de la Croix-Rouge française.

Le centre de santé se trouve sur la place Saint-Pierre et à proximité de la place Boyer, deux sites où des camps de déplacés se sont spontanément formés. Si aucun recensement n’a vraiment été établi, les locaux parlent de plus de 8 000 personnes vivant sur ces sites.

En partenariat avec la Croix-Rouge haïtienne, ce mercredi matin, Pierre et Maureen ont recruté et sensibilisé une équipe de 16 volontaires haïtiens pour proposer des activités aux enfants. Dès 14h, le centre ouvrait ses portes et plus de 120 petits, âgés entre 5 et 11 ans, sont arrivés.

« Le matin, les volontaires ont arpenté le camp de la place Saint-Pierre pour prévenir les familles de l’ouverture de ces activités. Le bouche à oreille a bien fonctionné », explique Pierre.

«Dans un premier temps, ces activités, ces temps de jeux, vont permettre aux enfants de se réapproprier l’espace de l’école. Dans le respect des traditions locales, nous allons accueillir les enfants en deux groupes, un le matin et un l’après-midi, pour drainer les habitants des deux places et ne pas créer de tensions entre les communautés.»

Les délégués pensent accueillir ainsi plus de 300 enfants par jour.

Laetitia Martin, déléguée info

Témoignage

Luigi et Pierre, délégué de la CRF

Luigi

Ce petit garçon aux grands yeux noirs s’appelle Luigi, il a 5 ans. On le repère vite au milieu de la centaine de petits camarades qui l’entourent…
Luigi ne veut pas se mélanger aux autres aujourd’hui. Il veut rester dans nos bras, se promener dans la cour, tranquillement, qu’on lui parle doucement, avoir toute notre attention et notre contact.
« En le rendant à sa maman, ce soir, nous avons pu discuter avec elle. Ils étaient six enfants dans cette famille, ses cinq frères et sœurs ainsi que son père sont morts dans la catastrophe. Il est le seul survivant avec sa mère », raconte Pierre, délégué de la Croix-Rouge française. Tout ça se passe de mots… Il faudra du temps à ce petit bonhomme pour se reconstruire, à son rythme. Et ces moments de jeux, dans cet espace si calme et si protégé est pour lui la première étape d’un long chemin…

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