


Depuis samedi, les équipes médicales de la Croix-Rouge sont en poste sur le camp de la Piste, un immense terrain où se sont rassemblées quelque 25000 personnes. Là, deux endroits stratégiques ont été identifiés par les équipes Croix-Rouge pour installer leurs tentes et procéder à la vaccination des adultes et des enfants.
Cette action n’est que le début d’une grande opération d’urgence au plan national, lancée par le ministère haïtien de la santé, en collaboration avec la Croix-Rouge. « La campagne sera dans un premier temps focalisée sur Port-au-Prince, car c’est là que la population est considérée comme la plus exposée à d’éventuelles épidémies ».
Les conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent les rescapés représentent une menace très sérieuse pour leur santé et leur bien-être”, explique le docteur Richard Munz, coordinateur des programmes de santé de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge.
Durant deux jours, 3400 patients, adultes et enfants, ont déjà pu être vaccinés sur le camp de la Piste. « Les gens sont vaccinés contre la rougeole et la rubéole, mais aussi contre la diphtérie et le tétanos. Les enfants de moins de 7 ans reçoivent en outre de la vitamine A et des vermifuges», ajoute Benoît, coordinateur de l’équipe de réponse à l’urgence de la Croix-Rouge française, très impliqué dans cette opération multilatérale.
Afin de sensibiliser la population, une grande campagne d’information par SMS a été lancée par un opérateur téléphonique, le ministère et la Croix-Rouge haïtienne. Ainsi que des messages sur les stations de radio locales. Et Benoît d’expliquer : « Par ailleurs, une quarantaine de volontaires sillonnent les camps la veille de nos interventions pour informer la population. La mobilisation est un enjeu capital auprès des communautés qui sont parfois réticentes à l’idée de se faire "piquer" ».
L'équipe de réponse aux urgences (ERU) médicale de la CRF déploie quotidiennement sur la capitale 4 cliniques mobiles qui tournent pour l’heure sur une quinzaine de sites par semaine.
« L’objectif est de déployer cinq cliniques mobiles sur 20 sites par semaine, explique Benoît, coordinateur de l’ERU française, Mais aussi progressivement de passer le relais aux médecins et au personnel médical haïtien pour la pérennisation du projet. » Déjà trois médecins et 4 infirmières locaux ont été intégrés aux équipes, sous la supervision de médecins ou d’infirmières expatriés.
« Nous voyons beaucoup de diarrhées, d’hypertension, d’infections urinaires, ou de galle, des pathologies dues à la promiscuité », explique Benoît, médecin, qui coordonne le déploiement de ces cliniques mobiles. « Nous constatons aussi l’augmentation des cas de stress post-traumatique »…