Trois temps forts pour commémorer le 100ème anniversaire de la mort d’Henry Dunant. La Croix-Rouge Alsace-Lorraine n’a pas ménagé ses efforts. Avec à la clé une journée empreinte d’émotion que ni les nuages ni la pluie n’ont réussi à ternir.
La place Henry Dunant de Strasbourg a désormais son buste. Copie de la statue en bronze situé à l’hôpital Broussais de Paris, il a été dévoilé le 30 avril en présence de Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge française, du sénateur-maire de Strasbourg Roland Ries, de la secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe Maud de Boer-Buquicchio et de l’arrière arrière-petite nièce d’Henry Dunant, Sylvie Dunant.
« Chacun pourra désormais mettre un visage sur le nom de l’inventeur du droit humanitaire », s’est réjoui Armand Perego, président de la Croix-Rouge Alsace-Lorraine, rappelant « les liens étroits qui unissent Strasbourg, capitale européenne et des droits de l’homme » à celui qui y a vécu quelques années et qui reste « notre guide à tous ».
Roland Ries a quant à lui exprimé « son émotion et sa fierté » de se souvenir que « c’est à Strasbourg que Henry Dunant a trouvé du réconfort en la personne de son amie Léonie Kastner dans les moments noirs de son existence ».
Deuxième étape de ces commémorations : le cimetière Saint Gall de Strasbourg. A l’unisson avec Jakob Kellenberger, président du CICR, Jean-François Mattei a souligné le rôle essentiel de Léonie Kastner dans la vie d’Henry Dunant. Bienfaitrice et soutien moral d’un homme abandonné des siens à une période difficile de sa vie,
« Léonie Kastner préfigure l’engagement des femmes dans la Croix-Rouge », a-t-il souligné. Un engagement qui à l’époque n’allait pas de soi et qui est aujourd’hui « une des pierres angulaires de notre mouvement ».
Direction ensuite le palais de la musique de Strasbourg. Clin d’œil à la genèse de la Croix-Rouge – fondée après Solférino pour aider les blessés militaires –, le Chœur de l’armée française et la Musique militaire de Metz ont enchanté les mélomanes venus nombreux.
« Ce concert est aussi l’occasion de se souvenir d’un épisode méconnu de la vie d’Henry Dunant, son rôle dans la commercialisation d’un instrument de musique inventé par le fils de Léonie : le pyrophone », a rappelé Armand Perego. Car celui qui a su oublier sa personne pour venir en aide à ceux qui souffrent a aussi joué un petit rôle dans l’histoire de la musique en promouvant cet orgue à gaz dont il ne reste que deux exemplaires, le second venant d’être exhumé des caves d’un musée Strasbourgeois.