L’établissement a connu des débuts difficiles avec un taux de remplissage faible et un déficit budgétaire important. "Ce n’est pas banal de faire une inauguration deux ans après l’ouverture, mais pour nous c’est le symbole d’une renaissance", explique Colette Estaque, entrée en fonction le 1er mai 2009. Depuis, elle s’active à redresser la situation. Un travail salué par le Professeur Jean-François Mattei qui s'est joint à cette inauguration car la structure assure désormais pleinement sa mission. Elle accueille aujourd’hui 62 résidents et sa situation comptable s’oriente vers l’équilibre.
L’inauguration a été conçue comme un moment festif, qui a permis d’instaurer une nouvelle dynamique dans l’équipe et de créer un autre lien avec les résidents. Temps fort de cette journée, la "visite dansée", rendue possible grâce au partenariat avec le conseil général de l’Hérault. Un concept original qui a permis de guider les visiteurs dans l’établissement à travers le parcours chorégraphique de danseurs. La troupe de la compagnie KD danse a entraîné avec elle le personnel et les résidents de l’EHPAD eux-mêmes, ainsi que quatre adolescents du point jeune du village de Nissan Lez Ensérunes. "Il était important d’intégrer des jeunes à ce projet pour donner une dimension intergénérationnelle. Le fait que ce soit des jeunes du village permet également de s’ouvrir vers l’extérieur", argumente Colette Estaque. Et on peut dire que Maëlys, Naomi, Amandine et Guillaume ont été surpris : "on ne pensait pas qu’on pouvait autant s’amuser a leur âge. Le contact a été facile, on leur a appris des pas de danse et ils ont beaucoup ri. On a vu que cela leur faisait plaisir."
L’organisation de l’inauguration a nécessité deux mois de préparation. Des ateliers ont été mis en place avec les résidents et le personnel. Certains se sont occupés de la conception de la décoration, d’autres du ménage ou de la chorégraphie. "J’ai un peu bousculé leurs habitudes, cassé leur rythme de vie, mais je pense que ça leur a fait du bien. Pour en témoigner, le nombre de participants n’a fait que croître au fil des semaines : ils étaient 8 à la première séance, 22 à la dernière !", raconte Kirsten Debrock, la chorégraphe.
Caroline Catherine et Angélique Courtial, aides soignantes, ont fait partie de l’aventure : "cet atelier nous a permis de voir les résidents autrement. Quotidiennement, on s’occupe d’eux pour leurs soins mais on est beaucoup pris par le temps. A travers la danse, on a partagé avec eux des moments de plaisirs. On a pu observer des personnes d’un comportement plutôt froid s’ouvrir aux autres avec des sourires qu’on avait rarement vus. Nous étions heureuses de les voir heureux."
Cette joie n’est pas illusoire. Les résidents, que ce soient des personnes âgées dépendantes ou handicapées vieillissantes, ne cachent pas leurs émotions, à l’image d’Andrée Laloux, 83 ans : "c’est surprenant, j’ai eu l’impression de revivre aujourd’hui. J’ai dansé et ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps."
Les personnes qui ont assisté à l’événement ont également beaucoup apprécié l’originalité de cette inauguration dansante. Certains parents de résidents n’en sont pas revenus, comme en témoigne Marie-Claire : "ma mère est habituellement très apathique, elle reste devant la télévision et ne bouge pas. Nous avons été très surpris avec mon mari, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu en si bonne forme. Elle a dansé, souri, c’est vraiment un bonheur de la voir comme ça, il faudrait maintenir cet atelier danse !" Un souhait partagé par le personnel, les résidents et la directrice de l’EHPAD mais la pérennisation de cette animation chorégraphique nécessite des moyens qui ne sont pas au rendez-vous pour l’instant. L’appel est donc lancé à d’éventuels partenaires intéressés par ce projet !
L’établissement accueille 62 résidents. Son ouverture date d’avril 2008. Il héberge des personnes âgées dépendantes et une douzaine de personnes handicapées vieillissantes encadrées par près de 40 salariés. Cet EHPAD jouit d’une architecture spacieuse et claire. Il permet également l’accueil des couples avec 6 chambres individuelles avec porte communicante. Une possibilité qui fait le bonheur de Christiane et René, mariés depuis 52 ans et qui ne souhaitent pas être séparés.
Lors de l’inauguration de l’EHPAD Louis Fonoll de Nissan Lez Ensérunes, dans l’Hérault, le 9 juin dernier, le président de la Croix-Rouge Française Jean-François Mattei a remis la médaille Henry Dunant à Simone Cendres pour ses 70 ans d’engagement à la Croix-Rouge française. Elle était aux côtés de Louis Fonoll, jeune secouriste mort en portant secours à un blessé en 1944, lors de la Deuxième guerre mondiale. L’EHPAD de Nissan Lez Ensérunes porte son nom.
En pleine croissance de l’allongement de la durée de vie, l’exigence de soutien social, matériel et de prise en charge du soin des personnes âgées anime le projet de la Croix-Rouge française.