Jordan, 20 ans, volontaire en service civique au centre provisoire d’hébergement de Quétigny

Jordan, 20 ans, volontaire en service civique au centre provisoire d’hébergement de Quétigny
Publié le 20/04/2017

 « Ici, on donne autant qu’on reçoit. »

Jordan en service civique à Quétigny

Jordan, 20 ans, volontaire en service civique au centre provisoire d’hébergement (CPH) de Quétigny (Bourgogne)
 
Jordan, en première année de licence de géographie, a intégré le CPH de Quétigny en décembre 2016, comme volontaire en service civique. Il y est présent 24h par semaine. Plus qu’un « travail », cette mission est avant tout une forme d’engagement pour lui.

Pourquoi avez-vous choisi d’effectuer votre service civique dans une structure accueillant des réfugiés ?
Tout d’abord, j’ai choisi le service civique et non un job alimentaire parce que je voulais me rendre utile et donner de mon temps pour aider des personnes en difficulté. Or, je connaissais quelqu’un qui avait déjà travaillé comme bénévole auprès de réfugiés et nous en parlions beaucoup ensemble. C’est aussi un thème récurrent dans l’actualité et comme les dispositifs d’accueil se développent, j’avais envie d’en découvrir plus par moi-même. Finalement, on ne sait pas vraiment tout ce qui résonne derrière le terme « réfugié ». On ignore les impacts que cette situation peut engendrer.

Quel rôle jouez-vous auprès des réfugiés ?
Je suis suivi par une tutrice, l’éducatrice spécialisée du CPH, mais toute l’équipe travaille ensemble. Je suis pleinement intégré. Avec Elisa, l’autre jeune en service civique, nous mettons en place des activités très variées, qu’elles soient individuelles ou collectives. C’est difficile de déterminer clairement un rôle dans ma mission car je peux accompagner les résidents dans un tas d’activités. Cela peut aller de l’accompagnement à des rendez-vous médicaux, en passant par des sorties culturelles…

Parfois, on peut aussi les accompagner faire des achats pour leur appartement, lorsqu’ils ont pu accéder à un logement. Les actions collectives sont aussi appréciées. Cela leur permet de créer des liens au sein de la structure mais aussi de les préparer au monde extérieur, à l’après, pour qu’ils ne se sentent pas perdus. Ici, on donne autant qu’on reçoit.
 
Cette mission vous a-t-elle apporté de nouvelles perspectives sur les plans personnel et professionnel ?
Absolument ! D’ailleurs, j’ai changé mes plans concernant mes études. En septembre prochain, j’espère commencer une formation en apprentissage pour devenir conseiller en économie sociale et familiale. Je ne savais rien du travail social, mais 9 mois de service civique c’est assez conséquent pour s’en faire une idée précise. Dans ce secteur, il y a encore énormément de préjugés, y compris quand on parle de travail auprès de réfugiés ou de migrants !

Aujourd’hui, je suis en mesure d’expliquer en quoi leur statut consiste et ce qu’est réellement la mission des travailleurs sociaux auprès d’eux. Encore aujourd’hui, certaines personnes ne comprennent pas vraiment ce qu’est une personne réfugiée et les enjeux que ce statut implique. Cela reste parfois compliqué d’en donner une autre image, plus positive.

Propos recueillis par Vanessa Barbier