Ouragan Irma – 6 mois : la Croix-Rouge française poursuit ses actions de post-urgence au plus près des personnes vulnérables

Publié le 06/03/2018

Il y a six mois, trois ouragans extrêmement violents - Irma, José et Maria – s’abattaient sur la Caraïbe, impactant notamment les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La Croix-Rouge française continue, 6 mois après la catastrophe, ses actions d’accompagnement à long terme des populations, et notamment les plus vulnérables.  Dans cette région de plus en plus exposée aux épisodes climatiques extrêmes, la Croix-Rouge française déploie plus que jamais sa stratégie : renforcer les capacités des acteurs locaux et développer les dispositifs de réduction des risques. 

« En ne perdant jamais de vue ce contexte de forte exposition aux catastrophes climatiques, la reconstruction de Saint-Martin doit se penser de façon globale, en prenant en compte la situation des personnes les plus fragiles, dans une optique commune de réduction des risques sanitaires et sociaux» Jean-Christophe Combe, Directeur Général de la Croix-Rouge française

Du 18 au 22 mars prochains, six mois après le passage dévastateur de l’ouragan Irma, Jean-Christophe Combe, Directeur Général de la Croix-Rouge française se rendra aux Antilles. Auprès des bénévoles et salariés des délégations territoriales des Antilles françaises, il fera le point sur les actions de post-urgence et les projets en cours.

Après une phase d’urgence et d’accompagnement de la population qui aura duré plus de huit semaines et un travail d’évaluation minutieux qui aura permis de cibler les besoins prioritaires, la Croix-Rouge française poursuit ses opérations sur les territoires français impactés par les ouragans début septembre.

L’ouragan a révélé les vulnérabilités préexistantes et mis en exergue l’impérative nécessité de développer des dispositifs de prévention, de préparation  et de gestion des risques dans cette région particulièrement exposée. Autre enjeu majeur : accompagner, dans la durée, les personnes en situation de grande précarité ainsi que les personnes âgées isolées et dépendantes nécessitant une attention toute particulière.

Ainsi, à Saint-Martin, différents projets sont mis en œuvre :
  • Le projet « Castor » a pour objectif de fournir des matériaux de base à 500 ménages afin qu’ils puissent reconstruire leur habitat par leurs propres moyens. Ce projet d’auto-réhabilitation, mené grâce au concours d’artisans locaux qui visitent et conseillent les bénéficiaires, s’inscrit dans une approche de résilience communautaire et intègre un volet de sensibilisation aux techniques de reconstruction. Un kit outil et la  distribution de coupons d’achats, valables sur sept magasins partenaires de l’île, permettent  de relancer le commerce local. A ce jour, quatre quartiers fragilisés bénéficient du programme. Ce projet est en cours d’étude pour un déploiement sur Saint-Barthélemy.
  • Le projet « Ecureuil » consiste principalement à distribuer  des coupons d’achat à 1 400 ménages particulièrement vulnérables, qui pour beaucoup, ont cumulé de nombreuses difficultés suite à la catastrophe : dégradation du logement, perte des emplois liés au tourisme, etc. Ces coupons permettent ainsi aux personnes bénéficiaires de s’approvisionner en produits de première nécessité et de stimuler, par la même occasion, le commerce de proximité sur l’île.
  • Une mission de lutte anti-vectorielle (destinée à prévenir les risques d’épidémie liés aux virus transmis par le moustique notamment) a été lancée début novembre au côté de l’Agence Régionale de Santé (ARS), animée par des jeunes Saint-Martinois engagés en Service Civique.
  • Un outil de sensibilisation aux risques majeurs se concrétise pour les enfants de Saint-Martin et de  Saint-Barthélemy dans le cadre des formations de prévention et de réduction des risques proposées par la Croix-Rouge française. Ce programme doit par la suite être étendu à l’ensemble de la zone Antilles.
  • Le renforcement du pré-positionnement de stocks sur Saint-Martin, pour limiter les contraintes d’acheminement de matériel sur l’île en cas de nouvelle urgence.
La Croix-Rouge française renforce également sa présence sur le territoire

Les délégations territoriales de la Croix-Rouge française ont été fortement impactées par l’ouragan Irma mais reprennent depuis plusieurs semaines leurs activités initiales d’aide alimentaire ou vestimentaire, notamment, et les établissements Croix-Rouge déploient de nouvelles activités en faveur des publics les plus vulnérables en lien avec les acteurs locaux.

Lors de son déplacement à Saint-Martin, en novembre dernier, le Président Eledjam a signé un protocole d’accord avec l’association Les Liaisons Dangereuses pour renforcer les activités médicales, médico-sociales et sanitaires déjà insuffisantes sur Saint-Martin avant le passage d’Irma. Un manque auquel les programmes de reconstruction doivent répondre. Un avenant sera d’ailleurs signé par le Directeur Général afin de reconduire le dispositif sur une période plus large. Aujourd’hui, l’équipe mobile d’intervention sociale et le « Bus Santé pour Tous », sillonnent Saint-Martin pour aller à la rencontre des publics isolés afin de recréer du lien social, d’orienter, de dépister, en somme d’accompagner au mieux la population locale.

Par ailleurs, un Centre d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) mobile est en cours d’étude, afin de prendre en charge les personnes souffrant d’addictions, avec le soutien de l’ARS.

Un Dispositif mobile d’Ecoute et de Soutien à la Parentalité, destiné à informer, accueillir, écouter les parents en difficulté dans les quartiers sensibles afin de les accompagner et les orienter vers les structures relais, est actuellement à l’étude, en complémentarité de l’Espace Santé Jeunes et d’un Espace Bébé Parents mobile.

Par ailleurs, la Croix-Rouge française se tient prête à répondre aux besoins locaux pour développer des établissements sanitaires, sociaux (hébergement et logement) et médico-sociaux pour personnes âgées et en situation de handicap afin d’accompagner la dépendance.

Et, pour  accroître les synergies et complémentarités entre les divers dispositifs, une Maison Croix-Rouge va voir le jour à Marigot.  Elle rassemblera sur un même lieu, bénévoles et salariés à travers ses activités sociales, médico-sociales, de secourisme et logistiques (Plateforme d’intervention régionale pour la zone Amérique-Caraïbes –PIRAC).

Enfin, la Croix-Rouge française continue à développer ses programmes de réduction des risques liés aux catastrophes et ses formations afin d’augmenter les capacités des populations à être plus résilientes, avec toujours pour objectifs de réduire la vulnérabilité des communautés affectées par les catastrophes ou susceptibles de l'être et de renforcer les capacités de préparation et de réponse des communautés vulnérables, à travers une démarche participative.

Pour rappel, les actions réalisées pendant la phase d’urgence :

Déjà présente sur place, dès l’annonce de l’ouragan Irma, la Croix-Rouge française a déclenché son dispositif de réponse aux urgences et situations d’exception. Sur le terrain, dans un contexte très difficile, elle s’est déployée pour venir en aide aux populations sinistrées.

Le 5 septembre, un premier binôme de Conseillers Techniques Nationaux Opérationnels (CTNO) est envoyé en Guadeloupe. Parallèlement à Saint-Martin, l’Equipe Mobile d’Intervention Sociale de la Croix-Rouge française part à la rencontre des populations les plus fragiles pour les informer et les sensibiliser à la situation et les orienter vers les abris.

Très rapidement, plus de 400 volontaires métropolitains viennent prêter main forte à 500 bénévoles actifs et salariés de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Guyane. La « Plateforme d’Intervention Régionale Amérique Caraïbes » (PIRAC) se met en alerte maximum, afin de renforcer, notamment, le soutien logistique indispensable.

La Croix-Rouge française a ainsi assuré la distribution d’eau potable, de vivres et de biens de première nécessité et a mis en place des réservoirs d’eau sanitaire afin de répondre aux besoins les plus urgents. Un accompagnement psychologique et social a été proposé à la population en souffrance.
Grâce aux nombreux dons recueillis et à une mobilisation exceptionnelle de ses bénévoles et salariés, la Croix-Rouge française a été en première ligne aux côtés des services de l’Etat pour agir, répondre et soutenir.
 

Quelques chiffres clés :
  • 410 personnes se sont succédées sur le terrain, dont :
    • plus de 330 bénévoles de 67 départements et territoires d’Outre-mer,
    • 81 salariés ou bénévoles du siège de la Croix-Rouge française, parmi lesquels 38 Equipiers Urgence
  • 133 vacations assurées sur les accueils aéroportuaires à Orly et à Roissy
  • 135 bénévoles engagés à la Cellule d’accueil téléphonique mise en œuvre par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE), du 8 au 14 septembre
  • 12 réservoirs d’eau installés sur l’île de Saint-Martin, dotés de rampes de distribution d’eau sanitaire
  • Plus de 5 000 personnes accueillies à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et plus de 6 000 personnes accueillies à l’aéroport de Saint-Martin
  • A Saint-Martin, 6 points fixes d’information et de distribution d’eau potable, de vivres et de produits de première nécessité (plus de 3 650 kits hygiène, 1 330 kits nettoyage, 568 lampes solaires permettant également de recharger les portables, 8 400 jerricanes, près de 1 700 kits cuisine, 1 360 kits abri et bâches, 2 370 moustiquaires) ont été mis en place, complétés par des équipes mobiles
  • 8 748 personnes accompagnées et soutenues sur les points de distribution ou au cours des maraudes allant à la rencontre des personnes isolées ou à mobilité réduite, dans les quartiers défavorisés
  • Des actions de Rétablissement des Liens Familiaux (RLF) ont été déployées en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin :
    • mise à disposition de moyens de communication afin de pouvoir informer les proches ;
    • enregistrement de demandes de recherche de personnes portées disparues ;
    • recherche active des personnes portées disparues (croisement de fichiers de personnes, actions de porte à porte, etc.) ;
    • mise en œuvre d’un site dédié : familylinks.icrc.org/cyclone-irma/fr