Ouragan Irma, un mois après

Un mois après le passage de l'ouragan Irma dans les caraïbes, retour sur les actions de la Croix-Rouge française.
Publié le 06/10/2017

Photo de Nina Svahn, Croix-Rouge finlandaise

La réponse exceptionnelle de la Croix-Rouge

Dès le 1er septembre, à l’approche de l’ouragan Irma, la Croix-Rouge française s’est mise en alerte pour préparer la réponse qui pourrait s’avérer nécessaire face aux dégâts provoqués par ce premier ouragan. 

Diaporama Ouragan Irma un mois après

Voir le diaporama de la Croix-Rouge

 

Immédiatement, une cellule de crise ainsi qu’une cellule de coordination nationale sont mises en place au siège de l’association. Des Cadres Nationaux Opérationnels sont pré-positionnés dans la zone avant le passage de l’ouragan et le 7 septembre, une première équipe de renforts décolle aux côtés du détachement de Sécurité Civile. Indispensable pour la coordination de l’ensemble de la réponse sur la zone, un Poste de Commandement National Avancé est mis en place à Pointe-à-Pitre. 

Simultanément, la Croix-Rouge française mobilise son réseau de bénévoles, volontaires et salariés. Spécialistes du secourisme, de l’action sociale, équipiers d’urgence, médecins, infirmiers, ingénieurs… à ce jour, plus de 300 volontaires métropolitains de la Croix-Rouge française se sont relayés aux Antilles en soutien des 500 bénévoles et salariés de ses délégations territoriales dans les Caraïbes. 

Parallèlement, la Plateforme d’Intervention Régionale Amériques Caraïbes (PIRAC) de la Croix-Rouge française s’est mise en alerte maximum. Créée en 2005 et basée en Guadeloupe, la PIRAC entretient des coopérations étroites avec de nombreuses Croix-Rouge panaméricaines. Délégation représentative de la Croix-Rouge française pour la région caribéenne elle peut, à tout moment, déployer des dispositifs opérationnels d’action humanitaire. Acteur majeur de cette zone soumise à des risques naturels importants, elle bénéficie de matériels pré-positionnés et de ressources humaines capables d’apporter le soutien logistique nécessaire en cas de crise, mais aussi de travailler en amont avec les populations sur la nécessaire préparation à travers des actions de sensibilisation et des modules de formation aux risques de catastrophes. 

Un déploiement massif sur Saint-Martin

Malgré les difficultés liées au passage de José puis de Maria, la Croix-Rouge française a très rapidement pu être opérationnelle et multiplier ses actions, à Saint-Martin, notamment, en restant un interlocuteur et partenaire privilégié des services de l’Etat (centre opérationnel de gestion interministérielle des crises, DIROM, MEAE, Ministère de la Santé,…)  

L’accès à l’eau constituait une priorité absolue à Saint-Martin et jusqu’au 27 septembre, la distribution d’eau en bouteille était la seule source d’eau potable sur l’île. La Croix-Rouge française a  mis en place une stratégie de stockage et de distribution d’eau sanitaire pour répondre aux besoins urgents d’eau destinée à l’usage domestique (douche, cuisine, nettoyage) des familles. Au total, la Croix-Rouge française a installé onze réservoirs sur l’île, de manière à couvrir l’ensemble des quartiers.   

Un Airbus A350 a décollé le 13 septembre de Roissy avec à son bord 75 secouristes, 4 équipiers d’urgence spécialisés en eau, hygiène, assainissement, en distributions d’urgence et abri, 4 coordinateurs ainsi qu’1 médecin et 1 infirmier mais également, 130 m3 de matériel destinés à renforcer l’aide directe aux populations touchées : équipements pour le stockage et la distribution d’eau, 25 groupes électrogènes, 3 000 lampes solaires, matériels pour actions de sensibilisation et de distribution, 1 200 lits, 1 camp de base, 20 kits éclairage, etc.

Des actions essentielles de distribution sont encore réalisées sur 6 lieux d’implantation, dans les centres de mise à l’abri paracycloniques qui ainsi que par des équipes mobiles pour proposer de l’eau, des vivres,  des biens de première nécessité auxquelles s’ajoutent des actions de rétablissement de liens familiaux (RLF), de promotion de l’hygiène, des référencements en vue d’un soutien psycho-social, juridique, sanitaire…

Une chaîne de confection de kits d’hygiène, de kits bébé et des kits abris a d’ailleurs été mise en place à Pointe-à-Pitre pour conditionner les dons reçus de la part des entreprises et les acheminer au fur et à mesure sur Saint-Martin.

  

Entre le 9 et le 27 septembre, un centre d’accueil des impliqués (CAI) a été mis en place à l’aéroport de Saint-Martin pour accompagner et réconforter les sinistrés, parmi lesquels de nombreuses femmes et enfants, durant les longues heures d’attentes précédant un éventuel embarquement pour la Guadeloupe.

Un dispositif similaire était en place en Guadeloupe pour prendre en charge ces personnes évacuées. Les bénévoles de la Croix-Rouge française les ont accueillies, orientées et ont assuré un service de consultation gratuit. 

Compte-tenu de l’ampleur des dégâts de l’ouragan Maria sur La Dominique, en plus de son soutien à Antigua et Barbuda et Saint-Kitts et Nevis, la PIRAC apporte un appui humain et logistique indispensable aux actions déployées par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et de Croissant-Rouge (FICR). Une première livraison de 900 bâches et 1 620  couvertures a été effectuée très rapidement sur la Dominique depuis la Martinique ainsi qu’une station mobile de potabilisation capable de fournir de l’eau à 4 000 personnes par jour et qui complète la production d’une autre station pré-positionnée en 2015 par la PIRAC.

Les bénévoles de Martinique sont également mobilisés au sein d’un CAI, basé au port, permettant d’offrir les mêmes services pour les personnes évacuées depuis La Dominique vers la Martinique en bateau. 

Enfin, le service de Rétablissement des liens familiaux est toujours mobilisé pour s’assurer que les familles ne seront pas séparées lors des opérations d’évacuation mais aussi pour maintenir le contact entre les proches. Le site familylinks.icrc.org/cyclone-irma/fr est toujours activé pour toute demande de recherche de personnes. 

Et rappelons qu’en métropole, les bénévoles de la Croix-Rouge française ont assuré les dispositifs d’accueil dans les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly pour les rapatriés. Ils ont également assuré une permanence à la Cellule d’appui téléphonique réalisée par le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. Jusqu’au 14 septembre, près de 170 bénévoles se seront relayés jour et nuit pour répondre aux demandes de recherche et apporter soutien et réconfort. 

La réponse va s’inscrire dans le temps et la Croix-Rouge française a plus que jamais besoin de la générosité de tous 

A ce jour, la Croix-Rouge française poursuit encore ses actions d’urgence et va pouvoir, dans quelques jours, en appui de ses délégations territoriales, reprendre ses actions de soutien, d’accompagnement et de sensibilisation de la population, notamment auprès des plus vulnérables. Après le déploiement de l’aide d’urgence au bénéfice des populations affectées, il s’agit aujourd’hui de préparer la sortie de la phase d’urgence, de définir les actions de la phase de post-urgence immédiate et d’anticiper l’accompagnement possible durant la phase de reconstruction et cela prendra de longs mois.

NOUS AVONS BESOIN DE VOUS POUR AIDER LES BÉNÉVOLES À AGIR, À METTRE EN PLACE LES DISPOSITIFS D'URGENCE ET À VENIR EN AIDE AUX POPULATIONS SINISTRÉES.

Faire un don sur le site Soutenir de la Croix-Rouge française