Réduction des risques de catastrophes : un axe stratégique prioritaire aux Antilles

Maison Croix-Rouge Saint-Martin
Publié le 05/12/2017

Saint-Martin, évaluation de l'état des habitations dans les quartiers populaires (photo Florianne Amblard)

La réflexion menée sur le renforcement des capacités de la Croix-Rouge française et sur la mise en place d’un dispositif de réduction des risques récurrents de catastrophes concerne toute la zone des Antilles. En effet, celle-ci est exposée aux ouragans, séismes, inondations, et est d’autant plus vulnérable qu’elle est composée de nombreuses petites îles isolées.

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Le président Jean-Jacques Eledjam à Saint-Martin en novembre 2017. (Photo Florianne Amblard)


Les trois ouragans successifs survenus en septembre dernier (Irma, José et Maria) ont affecté au total 17 territoires de 9 pays et 8 territoires d’Outremer (français, britanniques, néerlandais et américains). Ces événements ont mis en exergue les vulnérabilités des îles du Nord, à la fois éloignées et privées de moyens de réponse. Ils ont également montré le rôle essentiel de la PIRAC, à l’échelon national et international. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) lui a confié le suivi des catastrophes sur les Petites Antilles. La PIRAC a ainsi assuré un soutien logistique capital à La Dominique, dévastée par l’ouragan Maria, le 20 septembre dernier, mais aussi sur Anguilla, grâce à ses stocks pré-positionnés en Guyane, Martinique et Guadeloupe.

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Équipe mobile Croix-Rouge française à Saint-Martin, octobre 2017. (Photo Florianne Amblard)


Une expertise ‘’maison’’

La Croix-Rouge française peut miser sur son expertise en matière de sensibilisation et de préparation aux risques de catastrophes naturelles. Plusieurs projets sont menés ailleurs et à l’échelon international pouvant être adaptés aux Antilles.

Le projet « Paré pas paré » mené par la Plateforme d’intervention régionale Océan Indien (PIROI) de la Croix-Rouge française à La Réunion porte sur des actions de sensibilisation des enfants en milieu scolaire, des familles et du grand public. Il peut facilement être dupliqué aux Antilles. Citons également le projet « 72 heures » mené par la plateforme d’intervention régionale pour la zone Amérique-Caraïbes (PIRAC) sur la zone Caraïbes qui permet aux habitants des îles isolées d’avoir une autonomie de trois jours jusqu’à l’arrivée des premières équipes d’urgence, grâce à des stocks pré-positionnés et la formation préalable des différents acteurs du territoire.

En termes de préparation aux catastrophes, la Croix-Rouge française peut  également s’appuyer sur son expérience à l’international (Caraïbes, Pacifique sud, Océan Indien…), notamment dans le secteur de l’habitat et de la construction d’abris d’urgence, via des outils développés au sein du Mouvement international et des formations dispensées aux acteurs de l’urgence humanitaire.

Différentes pistes sont donc actuellement à l’étude. Toutes les directions métiers et acteurs Croix-Rouge impliqués dans l’opération Irma sont convaincus d’une chose : il faut renforcer encore le travail de coordination régionale. Cette complémentarité des compétences, constatée durant toute la phase d’urgence, est le gage de notre efficacité.

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Saint-Martin, évaluation habitat dans les quartiers populaires (photo Florianne Amblard)