30/03/2009
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Nord : L’IME La Sapinière accueille des enfants autistes

Un résident de l'IME La Sapinière au moment du repas
L’Institut médico-éducatif La Sapinière (Nord), établissement Croix-Rouge, accueille 27 enfants et adolescents autistes, sur ses 44 résidents. Un établissement exemplaire, qui prend en charge ces jeunes handicapés, selon des programmes individualisés basés sur un suivi au quotidien, en étroite relation avec les familles.

Canna le poney se dandine lentement dans les allées de la propriété de 12 hectares qui accueille l’Institut médico-éducatif (IME) La Sapinière et le foyer de vie « Résidence du coin du Loup », à Saint-Jans-Cappel (Nord). Sur son dos, Johnny 11 ans et au bout de la longe Brandon, 8 ans, sous la surveillance d’Anne, équithérapeute de l’IME. Dans ce site magnifique, entre la Flandre maritime et la Flandre intérieure, à quelques kilomètres de la Belgique, Johnny et Brandon sont résidents à la Sapinière au même titre que 25 autres enfants et adolescents atteints d’autisme.

Dans cet établissement de la Croix-Rouge française, dès 1988, les premières places réservées à des enfants atteints de ce handicap, ont été ouvertes.

La liste d’attente est longue pour entrer à la Sapinière. " La priorité est donnée aux enfants qui attendent depuis longtemps, compte tenu aussi de leur profil qui doit être en compatibilité avec le projet du groupe qui va l’accueillir ", explique Muriel Deresme, directrice des deux établissements. Après évaluation de l’enfant, un projet individuel spécifique est établi. La prise en charge des enfants est adaptée au cas par cas.

Suivi et évaluation dans tous les gestes du quotidien

A l’IME, les 36 internes, qui vivent sur place du lundi au vendredi, sont répartis en 3 groupes de vie. Le premier regroupe les plus âgés, les deux autres des jeunes avec ou sans troubles envahissants du développement (TED) et déficience intellectuelle sévère. Chaque groupe occupe des bâtiments séparés, de véritables maisons, avec pièces de vie commune douillettes, cuisine et chambres individuelles ou pour deux personnes.

Tout ce petit monde est pris en charge du matin au soir par des professionnels du socio-éducatif et du paramédical, avec de multiples activités en journée. Les plus jeunes sont scolarisés à l’interne, (sauf deux résidents en milieu ordinaire) et avec les plus âgés, le personnel travaille à leur sociabilisation, à la préparation à l’âge adulte, au maintien de leurs acquis et à leur autonomisation.
A La Sapinière, la méthode ABA est utilisée auprès des résidents autistes qui s’adonnnent quotidiennement à de multiples activités éducatives, culturelles, sportives, manuelles, éveil sensoriel, équithérapie… toujours encadrées par des professionnels qui évaluent les comportements de chacun. Sans oublier les rencontres régulières pour chaque enfant avec des médecin, psychiatre, orthophoniste, psychomotricien… Les enfants sont suivis et évalués dans tous les gestes du quotidien, la toilette, les repas, les activités du jour. Et les progrès de certains sont étonnants, à en croire leurs encadrants.

Les jeunes de la Sapinière peuvent faire de l'équithérapie
Les jeunes de la Sapinière peuvent faire de l'équithérapie

Le suivi des résidents est très important aussi bien dans que hors l’établissement. Marie-Angèle Baffin, chef de service, est en contact avec les familles et assure le suivi de chaque enfant. Plus ou moins facile selon les cas, certains parents s’impliquent énormément, d’autres moins… Et de cette implication dépend aussi les progrès des enfants. « Les familles sont souvent démunies face à leur enfant. Et cette impuissance face au handicap est souvent source d’une grande souffrance», constate Marie-Angèle Baffin.

" D’ici septembre 2009, 12 jeunes résidents auront plus de 20 ans. Ceci pose le problème des places pour adultes. Nous n’allons pas mettre nos résidents à la porte mais c’est autant d’enfants, qui sont sur liste d’attente, que nous ne pouvons pas prendre en charge ", explique Muriel Deresme. Et celle-ci d’ajouter : " Nous avons un projet d’extension du foyer de vie d’une quinzaine de places réservées aux personnes autistes, dans les trois ans à venir. " Mais combien d’enfants resteront encore sur la liste d’attente ?

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La Sapinière en chiffres

44 places pour enfants et adolescents de 5 à 20 ans, déficients intellectuels moyens ou sévères avec ou sans troubles envahissants du développement (TED), dont l’autisme. Priorité est donnée aux enfants du département du Nord.

8 places en accueil de jour

36 places en internat

27 places réservées aux enfants atteints d’autisme

65 salariés (53,53 équivalents temps plein), parmi lesquels 47 personnels socio-éducatif ou paramédical, en relation directe avec les résidents.

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L'équipe pluridiscilipnaire de la résidence en réunion de travail.

La Résidence du coin des Loups

Le foyer de vie « Résidence du Coin du Loup » accueille 35 résidents, hommes et femmes, à partir de 20 ans. Les résidents sont porteurs d’un handicap mental moyen ou profond ou de trubles envahissants du développement (autisme et troubles apparentés). Le foyer de vie reçoit des personnes développant un minimum d’indépendance et d’autonomie dans la gestion de la vie quotidienne. Comme à La Sapinière, les activités proposées aux résidents sont multiples : jardinage, danse, randonnée, cheval, soins esthétiques, musique, sensibilisation aux dangers domestiques, travail sur l’autonomie…

Logés en chambre individuelles (7 places médicalisées en internat) ou à deux personnes, les résidents disposent de trois maisons entourées d’un complexe ateliers, des jardins et des serres pour le jardinage. Un cadre où s’épanouissent les résidents comme les membres de l’équipe pluridisciplinaire de 44 salariés.

Le Sapifestival du 28 au 30 mai

Du 28 au 30 mai, l’association Bouche à oreille propose la 14e édition du Sapifestival, sur le site et en partenariat avec l’institut médico-éducatif la Sapinière et le foyer de vie Résidence du coin du Loup de Saint-Jans-Cappel. Cette année, le thème sera le recyclage. Ce festival souhaite rassembler en un même lieu des publics d’horizons différents (du handicap, de l’adolescence, de l’art ou même du sport) autour de la musique et l’art.

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Un enfant travaille sous les yeux d'une institutrice spécialisée.

La méthode ABA

L’ABA (Applied Behavior Analysis) est un sigle anglais pouvant être traduit en français par Analyse Appliquée du Comportement.
Il s’agit d’une approche scientifique initiée par les travaux de Skinner dans les années 1930. Selon lui, la psychologie doit être l’étude et l’analyse du comportement. Ses travaux s’inspirent d’une loi démontrée par Thorndike : la loi de l’effet. Selon cette loi, un comportement suivi de conséquences agréables (stimulus appétitifs) sera reproduit alors qu’un comportement suivi de conséquences désagréables (stimulus aversifs) ou n’ayant pas de conséquences dans l’environnement ne réapparaîtra pas. L’environnement a ainsi une place centrale dans l’émission des comportements, qui ne peuvent être expliqués par des concepts tels que l’intelligence, la volonté, la motivation...

L’ABA réduit les comportements problématiques typiques de l’autisme, tels que l’automutilation, les accès de colère, l’absence de réponse aux consignes et l’autostimulation. L’ABA s’avère aussi efficace pour développer les compétences dans les domaines les plus affectés : communication, interactions sociales, jeux, autonomie.