Témoignage de Olivier Dupuy : plan vagues de froid

Témoignage de Olivier Dupuy plan vagues de froid
Publié le 17/01/2017

Trois questions à Olivier Dupuy, délégué national de la filière « Lutte contre les exclusions », au sein de la direction des métiers sanitaires, sociaux et médico-sociaux de la Croix-Rouge française. 

Quels sont les impacts de la vague de froid sur les personnes en situation d’exclusion ? 

Olivier Dupuy Croix Rouge française

Le froid tue principalement des personnes fragiles, malades, âgées, vulnérables ou démunies. Comme tous les ans, nous constatons que les personnes les plus exposées sont celles qui n’ont pas de lieu pour se mettre à l’abri. Elles sont de plus en plus nombreuses, malgré une augmentation importante des places d’hébergement d’urgence ces quatre dernières années. Aujourd’hui, nous sommes particulièrement inquiets car cette vague de froid touche des publics de moins en moins visibles qui souvent trouvent des solutions de repli dans des lieux que nous ne connaissons pas et auxquels nous n’avons pas accès. Il nous est par conséquent très difficile d’entrer en contact eux. 

Quels dispositifs spécifiques mettons-nous en place ? 

Des dispositifs d’hébergement d’urgence pour les personnes sans abri sont en place tout au long de l’année. Ils sont renforcés du 1er novembre jusqu’au 1eravril, avec l’ouverture de places supplémentaires. Suite à l’annonce de la chute brutale des températures, comme celle que nous connaissons actuellement, ces dispositifs sont complétés par des places d’hébergement collectif temporaire dans des gymnases ou d’autres lieux assez vastes pour installer le nombre nécessaire de lits. Le but est d’avoir la possibilité d’accueillir toutes les personnes à qui nous proposons ce type de solution, mais aussi celles qui se présentent directement à nous.

Nous y offrons de quoi répondre à tous les besoins essentiels : manger, boire, se réchauffer, se doucher, dormir… En restant ouverts 24h/24 et 7j/7, nos accueils de jour et nos abris de nuit participent également à cette chaîne de solidarité. Les réponses aux besoins vitaux sont complétées par une écoute attentive et la présence de travailleurs sociaux. Les 210 maraudes du Samu social sont aussi mobilisées. Elles étendent leurs circuits habituels afin d’être en mesure de mieux repérer les personnes en danger. Nos 115 et nos services intégrés d’accueil et d’orientation pilotent l’ensemble de ces dispositifs, en lien avec la cellule opérationnelle qui vient d’être activée au siège (voir l'interview de Florent Vallée, responsable du centre opérationnel).  

Que faire si l’on se trouve face à une personne en danger ?

Il convient tout d’abord de s’assurer que la personne est consciente, car le froid est propice à l’endormissement, c’est d’ailleurs cet endormissement qui peut mener jusqu’au décès. Il faut ensuite appeler le 115, voire le 15 si les constantes vitales de la personne sont en danger. 

Nos bénévoles se mobilisent, vous pouvez les soutenir par vos dons. 

Propos recueillis par Benjamin Lagrange