Maintien à domicile des personnes âgées

Maintien à domicile des personnes âgées
Publié le 15/10/2014

Nous venons de lancer sur les réseaux sociaux une campagne choc visant à sensibiliser le grand public à la perte d’autonomie des personnes âgées. Des seniors fragiles qui ont besoin d’un accompagnement au quotidien et qui n’ont souvent pas les moyens financiers de rester chez eux…

« Les vieux feraient mieux de rester chez eux ! », la campagne choc de la Croix-Rouge française

Très engagée sur la question du maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie et du respect de leur choix de vie, la Croix-Rouge française a décidé de faire entendre leur voix et d’alerter le grand public sur la réalité des services d’aide à domicile, dont la situation ne cesse de se dégrader.

A travers une campagne pertinente et impertinente, intitulée « Les vieux feraient mieux de rester chez eux », elle met en scène Solange, une dame âgée, fragile et voûtée… qui n’est autre qu’une sculpture saisissante de réalisme, œuvre du street artist américain Mark Jenkins.


L’occasion pour notre association de lancer un appel à la générosité avec pour objectif 7 € minimum par don, montant qui représente le reste à charge moyen journalier dont les personnes bénéficiant de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) doivent s’acquitter.

Les fonds collectés permettront de financer des heures gratuites d’aide à domicile afin d’accompagner les personnes âgées au plus près de leurs besoins.

Les services d’aide à domicile : un secteur en crise

Avec l’allongement de l’espérance de vie,  la question de la perte d’autonomie est devenue un véritable enjeu de société. Il suffit de regarder les chiffres pour s’en convaincre : aujourd’hui notre pays compte 1,4 million de personnes âgées dépendantes et 4 millions d’aidants familiaux, et près de la moitié des Français sont confrontés à la perte d’autonomie d’un proche. Face au vieillissement de sa population, notre société peine à s’adapter pour mieux accompagner ces personnes fragiles et respecter leur souhait de rester vivre chez elles.

Se lever, faire sa toilette, s’habiller, préparer un repas, se coucher… autant de gestes qui peuvent paraître anodins mais que les personnes âgées dépendantes ne sont plus capables d’effectuer toutes seules, induisant une perte de lien social et un sentiment de solitude souvent difficile à supporter. Les services d’aide à domicile, parce qu’ils les accompagnent dans leur vie quotidienne, sont un maillon essentiel dans la prévention de la perte d’autonomie et la prise en charge des personnes âgées. Pourtant, si les besoins augmentent, le secteur subit de plein fouet une crise à la fois économique et structurelle, avec près de 8 000 emplois supprimés chaque année !

En cause, l’ouverture à la concurrence des services à la personne depuis la « loi Borloo » (2005), une raréfaction des financements publics, des inégalités tarifaires marquées en fonction des départements et une absence de revalorisation de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui entraîne un reste à charge trop élevé pour les bénéficiaires.

La Loi d’adaptation de la société au vieillissement

Face à un secteur structurellement en crise, le projet de « loi d’adaptation de la société au vieillissement », adopté en première lecture par l’Assemblée nationale en septembre dernier, amorce une restructuration du secteur qui devrait apporter un peu d’oxygène aux services à domicile, dès son entrée en application en septembre 2015. Objectif annoncé : anticiper, adapter et accompagner l’avancée en âge afin que les personnes âgées puissent vivre chez elles le plus longtemps possible.

Parmi les mesures phares, la loi prévoit une revalorisation de l’APA à hauteur de 10 à 15 % qui s’appuiera sur la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), permettant ainsi de renforcer les possibilités d’aide et de diminuer le reste à charge pour les personnes âgées.  La loi incitera également tous les Services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) et les Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) à se regrouper en Services polyvalents d’aide et de soins à domicile (SPASAD) afin de mutualiser leurs compétences et de mieux coordonner les prestations d’aide et de soins.

Notre cœur de métier : accompagner les plus fragiles

Grâce à ses 28 SAAD départementalisés, à ses 30 SSIAD et à ses équipes de professionnels qualifiés, la filière domicile de la Croix-Rouge française accompagne quotidiennement 50 000 personnes, dans le respect de leur dignité et de leur parcours de vie.

Acteur majeur du secteur privé non lucratif, notre association répond à une demande sociale forte auprès des personnes fragilisées, bénéficiaires de l’APA – femmes seules ayant une faible retraite, personnes isolées en zone rurale...

Dans la lignée de ce que prévoit la future loi, la Croix-Rouge française entend développer ses SPASAD  afin d’optimiser la prise en charge des usagers. Elle compte actuellement deux SPASAD autorisés et une quinzaine de pôles qui travaillent déjà dans cette logique de coordination.

Pleinement consciente que le manque de liens sociaux constitue un facteur d’accélération de la perte d’autonomie, la Croix-Rouge française s’est associée aux pouvoirs publics, aux opérateurs parapublics et aux acteurs du monde associatif en lançant fin 2012 le collectif MonaLisa. Cet acronyme pour Mobilisation nationale contre l’isolement social des âgés est un dispositif destiné à favoriser les initiatives locales à destination des personnes âgées.

Dans cette logique, notre association souhaite à l’avenir davantage développer, au sein de ses services à domicile, des actions menées en complémentarité par son réseau de bénévoles. Visites de convivialité, animation de haltes répit-détente Alzheimer (HRDA), accompagnement à la promenade… sont autant d’activités qui bénéficieront aux personnes âgées dépendantes et à leurs aidants, en leur permettant de recréer du lien social et de briser le sentiment d’isolement dont ils souffrent souvent.


Marine Bouniol