Arrêt cardiaque : le citoyen au cœur de la chaîne de survie

Publié le 09/09/2008

Pour la première fois, la Croix-Rouge française, la Fédération Française de Cardiologie et le SAMU s’unissent pour appeler les Français à se former aux gestes de premiers secours et inciter les collectivités à s’équiper en défibrillateurs. Aujourd’hui, en France, on sauve moins de 3% des victimes d’arrêt cardiaque contre 20% aux Etats-Unis. Les secouristes, les cardiologues et les urgentistes souhaiteraient atteindre un premier objectif de 10 % de vies sauvées d’ici à 2010, ce qui représenterait 5 000 victimes de moins chaque année. Des actions de sensibilisation et de formation vont être proposées dans toute la France à partir du 13 septembre 2008, date de la Journée Mondiale des Premiers Secours.

Se former aux gestes qui sauvent : un acte solidaire et citoyen

Chaque année en France, 50 000 personnes décèdent d’un arrêt cardiaque faute d’une prise en charge rapide (dans les 5 minutes) et efficace. Sans une prise en charge immédiate, plus de 90 % des arrêts cardiaques sont fatals. L’intervention dans les toutes premières minutes des témoins de la scène, avant l’arrivée des secours, est déterminante pour la survie de la victime, et pour lui éviter des séquelles graves. Chaque minute de perdu, c’est 10% de chances de survie en moins. Aujourd’hui, il est possible d’améliorer ce taux de survie si un maximum de personnes se forment aux gestes qui sauvent et si les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes. La prévention n’est plus seulement un comportement individuel c’est aussi un acte solidaire et citoyen.

Les gestes de réanimation sont simplifiés, ce qui permet leur apprentissage par un plus grand nombre : lorsqu’une personne s’effondre inconsciente, il faut appeler le 15, pratiquer immédiatement un massage cardiaque et défibriller le cœur si un défibrillateur automatisé externe est à proximité.

SAMU : qui se cache derrière le 15 ?

En cas d’arrêt cardiaque, c’est le 15 qu’il faut appeler. Le SAMU réceptionne tous les appels d’urgence et dispose d’une écoute médicalisée 24h/24. Un permanencier auxiliaire de régulation médicale (PARM) formé à l’urgence et à la réanimation pose les questions essentielles sur l’état de la victime et sur sa situation géographique. Il peut également inciter au massage cardiaque en guidant le témoin par téléphone.

Le PARM envoie une équipe médicalisée sur place. C’est l’hôpital qui se déplace dans la rue ! En effet, l’équipe du SAMU-SMUR[1] dispose des mêmes moyens techniques et humains qu’à l’hôpital. Elle va tenter de rétablir une activité cardiaque, notamment en défibrillant le cœur si ceci n’a pas été fait. Elle va aussi commencer à traiter la cause de l’arrêt cardiaque puis transporter la victime à l’hôpital dans une unité de réanimation ou de soins intensifs de cardiologie. Pour en savoir plus : www.samu-de-france.fr

La Journée mondiale des premiers secours et la Semaine du Cœur : 2 semaines pour s’informer et se former

27% des Français détiennent aujourd’hui une attestation de formation aux gestes de premiers secours[2]. Ce chiffre reste insuffisant, et il est impératif de renouveler cette formation tous les deux ans (chiffre à valider avec le Dr Cassan) pour pouvoir agir efficacement en cas d’urgence. Par ailleurs, tout reste à faire en matière de formation à l’usage du défibrillateur par le grand public. C’est pourquoi la Croix-Rouge française et la Fédération Française de Cardiologie se mobilisent lors de la Journée mondiale des premiers secours (13 septembre) et la Semaine du cœur (22-28 septembre) pour sensibiliser le public à la nécessité de se former aux gestes qui sauvent. De nombreuses manifestations et initiations seront organisées dans toute la France.

Pour connaître les événements les plus proches : www.croix-rouge.fr, www.1vie3gestes.com, www.fedecardio.com.

L’équipement en défibrillateurs des lieux publics multiplié par 2 depuis 2007

Depuis le décret du 4 mai 2007, les défibrillateurs automatisés externes (DAE) peuvent être utilisés par le grand public. Nice, Marseille, Caen, Montpellier, la Communauté urbaine du Grand Nancy… une centaine de collectivités locales se sont équipées afin de réduire la mortalité par arrêt cardiaque sur leur territoire. 16 mois après le décret, quelque 3300[3] DAE sont accessibles au public (cf. cartographie de l’implantation des DAE au dos) soit un taux d’installation multiplié par 2 depuis le début de l’année. L’équipement en DAE n’est efficace que s’il s’accompagne de formations aux gestes qui sauvent des agents municipaux et des administrés. Des recommandations existent qui facilitent les choix des élus (lieux d’implantation, choix du matériel, mise en place des formations, groupes d’experts).

[1] SAMU : Service d’Aide Médicale Urgente, SMUR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation

[2] Etude Louis Harris pour la Croix-Rouge française - 2006

[3] Source : La Revue des SAMU, FFC