Prix de Recherche Fondation pour le lien social 2016

La Fondation pour le lien social a désigné, en janvier 2017 les lauréats du Prix de Recherche lancé fin 2016.

L’appel à Prix concernait les interrelations entre autonomie et liens sociaux et, plus précisément, les recherches menées sur les voies de construction, de maintien ou de rupture(s) de l’autonomie et de la réciprocité des conséquences sur la qualité des liens sociaux. 

Trois chercheurs talentueux sont, cette année, récompensés par la Fondation : 

Virginie Muniglia pour « Devenir adulte quand le soutien familial fait défaut. Sociologie d’une jeunesse vulnérable »

Virginie Muniglia

Virginie Muniglia est enseignant-chercheur, EHESP - ARENES (UMR 6051), associée au CMH (UMR 8097). 

Cette recherche aborde la vulnérabilité des jeunes pour lesquels l’exercice de la solidarité familiale s’achève avant qu’ils aient acquis les moyens de leur indépendance. Le travail est mené à partir d’une enquête reposant sur des entretiens biographiques avec des jeunes de 18-35 ans et avec des professionnels du secteur de l’insertion, du social, du sanitaire et du médico-social, ainsi que des temps d’observations dans les structures d’aide.

L’analyse distingue trois expériences vécues par des jeunes adultes : la fragilité compensée, la dépendance contrainte et la marginalité organisée. Cette recherche conduit à s’interroger sur la capacité globale d’intégration du modèle social français et invite à remettre en question le traitement catégoriel des populations juvéniles. 

Caroline Arnal pour  « Dynamiques de frontières d’une activité relationnelle. Le cas des maraudes parisiennes auprès des sans-abri. »

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Caroline Arnal est chercheure post-doctorante au Centre d'études européennes de Sciences Po Paris et membre associé au laboratoire Printemps de l’Université de Versailles Saint Quentin

Cette recherche présente une nouvelle approche des maraudes parisiennes auprès des sans-abri. Le travail des équipes mobiles est appréhendé dans un système d’interactions à plusieurs échelles : en étudiant les relations entre les associations et les pouvoirs publics, entre les associations elles-mêmes ainsi qu’entre les travailleurs associatifs (travailleurs sociaux et bénévoles notamment). Cette perspective amène à soulever les enjeux politiques, sociaux et professionnels du partage de cette activité de secours aux plus vulnérables.

La méthodologie d’enquête adoptée est celle d’une démarche ethnographique, impliquant le temps long de l’observation en situation. Pour cela, la chercheure est devenue maraudeuse bénévole dans trois associations et a eu recours à des entretiens biographiques auprès des maraudeurs bénévoles et salariés. 

Mélanie Duclos pour  « La (re)socialisation par le bas. Auto-constructions de l'autonomie et socialités alternatives au prisme des économies populaires actuelles » 

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Mélanie Duclos est socio-anthropologue – chercheure associée à l'URMIS – Université Paris 7

L’étude expose une forme nouvelle d'économie populaire de rue, marchande, pluri-ethnique et généralement informelle qui se déploie en France et en Europe depuis la fin des années 1990 et surtout le début des années 2000. Les marchés biffins parisiens (vendeurs informels d'objets trouvés dans les poubelles) qui font l'objet de cette étude, apparaissent paradigmatiques tant des processus de précarisation à l'origine de ces formes d'économie populaire que du potentiel socialisateur de ces dernières.

En effet, si les profils des biffins peuvent en partie différer – ils sont hommes ou femmes, jeunes ou âgés, nationaux ou immigrés, sans-papiers et/ou bénéficiaires des minimas sociaux, chômeurs, travailleurs ou retraités pauvres –, tous ont en partage la précarité et tous trouvent au marché tant le moyen de subvenir à leurs besoins matériels que celui de se socialiser.