Actions en faveur des réfugiés du Sud-Est asiatique

Actions en faveur des réfugiés du Sud-Est asiatique
Publié le 20/06/2013

L’action de la Croix-Rouge française en faveur des réfugiés du Sud-Est asiatique (1975-1990)

Au début des années 1970, la Croix-Rouge française a déjà la triste expérience de la prise en charge d’importants mouvements de population, à l’intérieur des frontières françaises ou venant d’autres pays : les évacués des régions occupées par les Allemands durant la première guerre mondiale, l’exode de 1940 et les rapatriés des camps de la seconde, les rapatriés d’Algérie, d’Egypte plus tard … en passant par les milliers d’hommes et de femmes fuyant le régime franquiste dès 1936 … La détresse est connue de ces personnes qui s’arrachent à leur sol natal pour leur survie, nécessitant un accueil et un suivi attentifs, une prise en charge adaptée.

C’est à cette situation délicate qu’est à nouveau confrontée l’association lorsqu’en 1975, et jusque dans les années 1990, la France décide d’accueillir les réfugiés provenant du Sud Est asiatique.

Le Laos, le Cambodge et le Vietnam en 1975 : de guerres en exodes

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En 1975, les pays composant l’ancienne Indochine française voient leurs gouvernements renversés. En avril, au Cambodge, les Khmers Rouges prennent le pouvoir au gouvernement pro-américain. Saigon est pris par les troupes communistes fin avril, et le Pathet Lao s’empare du pouvoir laotien au mois d’août. Ces régimes communistes, autoritaires, assoient leur pouvoir sur les populations avec violence. Programmes de collectivisation forcée entraînant des famines, déplacements en masse, camps de rééducation, répressions, particulièrement sanglantes au Cambodge (près d’un tiers de la population est torturée et massacrée), des milliers de personnes fuient, poussées par la misère et la peur, à pieds ou par la mer. Des familles entières embarquent sur des canots de fortune, s’entassent sur des cargos. Ces boat people risquent leur vie, la mort en pleine mer, la rencontre fatale avec les pirates, pour atteindre la Chine, la Malaisie, la Thaïlande, les Philippines, Hong-Kong …, où le CICR et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se mobilisent, tout comme le HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés). Plus de 560 000 réfugiés sont accueillis dans ces pays entre 1975 et 1984, souvent avec méfiance ou hostilité, dans des camps qui ne fermeront que dans les années 1990. Le CICR estime que sur 10 personnes parties dans ces conditions, 4 seulement ont atteint une destination.


Face à une situation qui s’aggrave, le 15 juin 1979, le CICR lance un appel à la communauté des Etats et demande l’approvisionnement des exilés, l’initiation de programmes de

Présence Croix-Rouge Septembre 1979 001

développement économique pour la population locale ainsi que pour les réfugiés et bien sûr leur accueil. Cet appel est suivi d’un second le 28 juin, afin de rappeler aux navires la Convention de Bruxelles concernant le sauvetage des personnes en détresse, quand les réfugiés qui atteignent les côtes sont parfois refoulés en mer,  et de demander encore pour eux l’ouverture des frontières de la Thaïlande. Il incite, en outre, les gouvernements concernés à prendre des mesures pour la protection des réfugiés en mer, contre la piraterie.


Le CICR ne se cantonne pas à ces appels. Ses délégués sont présents dans les camps de transit en Thaïlande où ils distribuent vivres et soins médicaux. Les équipes sont coordonnées par le Groupe d’intervention Ligue/CICR qui est mis sur pied durant l’été 1979. Son rôle est de planifier des programmes d’assistance avec les Croix-Rouge de la région.


Très vite, les pays occidentaux s’émeuvent de cette situation tragique. La France, la Belgique, le Canada, les Etats-Unis ou bien encore les Pays-Bas ouvrent leurs frontières. Et fin juin 1979, le Conseil de l’Europe invite tous ses Etats membres, notamment, « à prendre des mesures concrètes à l'échelon national en vue d'accroître le nombre de places d'accueil », et « à faire immédiatement un effort exceptionnel pour apporter leur contribution alimentaire et matérielle aux pays qui offrent un premier accueil aux réfugiés du Sud-Est asiatique ».