Sud-Est asiatique : le cas des mineurs isolés

Sud-Est asiatique : le cas des mineurs isolés
Publié le 20/06/2013

Dans cet exode, les pays d’accueil, et tout particulièrement la France, sont très vite confrontés au cas délicat des mineurs isolés. Le Ministère de la santé les défini alors comme « tout jeune, âgé de moins de 18 ans, qui arrive de l’étranger non accompagné de ses père et mère, qu’il soit complètement isolé, ou qu’il soit accompagné d’un membre de sa famille, frère ou sœur …».

A partir de 1977 le rôle de la Croix-Rouge française s’étend en leur faveur. Jusqu’alors placés sans réelle supervision dans des familles françaises, leur nombre de plus en plus important impose une meilleure organisation et surtout un encadrement.


En juin 1979, une circulaire de la Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale (DDASS) détermine les attributions des différents intervenants. La Croix-Rouge française prend en

Présence Croix-Rouge février 1980 001

charge « l’accueil, le premier hébergement, l’étude de la situation et des besoins du mineur, la recherche d’un département susceptible de répondre à ses besoins et, sous le contrôle de la DDASS concernée, la définition d’un placement approprié ».  

A leur arrivée, les enfants sont donc accueillis et placés provisoirement dans un centre d’hébergement en région parisienne. Cette première étape est nécessaire pour évaluer l’état de santé et surtout l’état psychologique d’enfants souvent traumatisés par l’épreuve qu’ils viennent d’endurer. Vient alors le choix difficile du placement.

Au moment de l’accueil, l’association se lance dans une démarche de rétablissement de lien familial, de recherche d’éventuels parents déjà installés en France. Si l’enquête échoue, deux possibilités se présentent.

L’enfant peut être placé en institution ou être confié à une famille dite parrainante. En 1980, par exemple, 754 mineurs isolés sont pris en charge.  472 d’entre eux rejoignent des membres de leurs familles et 273 sont placés. Parmi ces derniers, 231 vont en institutions et 42 sont accueillis dans une famille française.


L’avis de l’enfant est aussi pris en compte. Les mineurs isolés sont essentiellement des adolescents âgés de 11 à 17 ans, qui font la plupart du temps le choix de l’institution, où ils pourront se retrouver. De plus, au vu des circonstances, on constate que ces adolescents, plus indépendants, ne désirent pas forcément s’habituer à une nouvelle famille.

Le parrainage est, par contre, le choix systématiquement fait pour le placement des plus jeunes. Il consiste en une prise en charge bénévole et totale, mais non-permanente, et sans responsabilités légales de la part du « parrain ». Ces enfants n’étant pas nécessairement orphelins, l’adoption n’est pas envisagée comme une option possible. Pour parrainer un mineur, les nombreuses familles qui en font la demande sont entendues par une « Commission de parrainage », qui décide du placement parmi les familles disposant de l’agrément de la DDASS.

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La prise en charge des mineurs par la Croix-Rouge française est cependant, très tôt, vivement critiquée. Lui est reproché le choix quasi systématique du placement en institution, en dépit des nombreuses propositions de parrainage qu’elle reçoit. En réponse aux attaques de certains journaux, dont le Quotidien du Médecin, elle fait publier dans cette même revue, en 1979, un article comme droit de réponse.

La question du mode de placement des enfants a été l’un des principaux débats alors, jusqu’au sein de la Commission de parrainage, entre les différentes associations. Il émerge des différences de points de vue des multiples acteurs, à commencer par les Etats eux-mêmes, dont les pratiques divergent.

(La CRF répond en téléchargement ci-contre)