Aide à l’armée

Publié le 16/03/2012

En octobre 1954, moins de 20 000 hommes sont affectés aux opérations de maintien de l’ordre en Algérie. Pour faire face aux évènements, l’Etat décide les premiers rappels de réservistes et bientôt le maintien des conscrits de la classe 1954.

Fin 1956, la durée effective du service militaire est passée de 18 à 28 mois : 380 000 soldats sont alors actifs en Algérie, 442 000 fin 1958, dont 103 000 musulmans. Au total, près de 2 millions de soldats servent en Algérie entre 1954 et 1962.

Face à un tel contingent, le service social de l’armée ne peut agir seul. La Croix-Rouge française, auxiliaire des pouvoirs publics et du service de santé de l’armée, sera un soutien de taille pour ces jeunes générations et leurs familles, dans leur mission de « pacification » dont peu sortiront indemnes. Bien plus qu’une amélioration du confort au quotidien de leur vie de soldat, confort souvent dérisoire, elle veut apporter un soutien moral à des hommes très jeunes, qui n’ont pas toujours choisi d’être là.

Militaires accueillis au foyer du comité de MaisonCarée
Militaires accueillis au foyer du comité de MaisonCarée


A l’embarquement comme à leur arrivée, les équipes leur distribuent leurs premiers colis. Chaque comité algérien crée un foyer ou développe celui déjà existant, dans les villes de garnison et dans les lieux où l’état d’urgence a été déclaré. Les soldats y trouvent un lieu de répit. Régulièrement, les bénévoles visitent les malades et les blessés dans les hôpitaux, où ils tiennent aussi les bibliothèques. A leur arrivée, leur est généralement donnée une trousse de toilette, parfois des sous-vêtements.
Pour les fêtes, catholiques et musulmanes, la Croix-Rouge organise régulièrement des distributions de colis, adressés prioritairement aux soldats en postes isolés, sans famille ou dont les familles manquent de ressources. Pour ces occasions, elle crée le lien avec des familles vivant sur place pour les recevoir.

Militaires accueillis au foyer du comité de MaisonCarée en 1955
Militaires accueillis au foyer du comité de MaisonCarée en 1955


Depuis la métropole, les familles inquiètes font appel à la Croix-Rouge. Il s’agit de retrouver un frère, un fils, un père qui ne donne plus de nouvelles depuis trop longtemps. Des recherches sont entreprises pour connaitre les lieux d’affectation ou la situation de santé d’un soldat dont on a perdu la trace. Rassurer... Et dans le pire des cas, les membres des comités s’attachent à être présents lors des enterrements, de plus en plus nombreux.

Si les infirmières de la Croix-Rouge sont régulièrement sollicitées dans les hôpitaux militaires, dans les zones d’opération, ce sont les IPSA (Infirmières Pilotes Secouristes de l’Air) qui sont mobilisées comme convoyeuses héliportées. Elles accompagnent les troupes aéroportées pour soigner les blessés sur place et au cours de leur évacuation vers un hôpital. L’une d’elle, Jaïc Domergue, perd la vie à 33 ans, au sud de Larba, le 30 novembre 1957, touchée en pleine tête par des tirs rebelles alors qu’elle tentait de secourir un blessé.

La bibliothèque de l'hôpital d'Alger
La bibliothèque de l'hôpital d'Alger


En métropole aussi, à Marseille, Lyon, Paris, les secouristes de la Croix-Rouge française organisent l’accueil de retour des soldats blessés, rapatriés, et des rappelés qui rentrent chez eux.

Virginie Alauzet