04/11/2009
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Rétablissement des liens familiaux : des histoires qui finissent bien

© ICRC / P. Spoerri
Le respect de l’unité familiale fait partie intégrante du respect de la dignité humaine.
Notre bien-être personnel dépend en grande partie de notre capacité à maintenir des liens avec nos proches.
En rétablissant les liens familiaux, nous apportons soutien et réconfort.

Un devoir de mémoire

En décembre 2004, le service de rétablissement des liens familiaux est approché par M. B vivant en France, et à la recherche d’informations concernant la déportation de sa famille durant la Seconde Guerre mondiale.

Les recherches de la famille montrent qu’ils ont activement participé à la résistance en France. Le demandeur sollicite le service de rétablissement des liens familiaux car la famille ne dispose d’aucun document officiel et n’a même pas les dates et lieux de décès de l’oncle, du grand-père, de la grand-mère et de la mère.

Les dossiers constitués sont ensuite envoyés au service international de recherches (SIR) à Bad Arolsen en Allemagne, gardien des archives du régime nazi. Un organisme sous la direction du CICR.
Après une consultation minutieuse des 50 millions de documents conservés au SIR et une interrogation des administrations allemandes, le service trouve la trace de son oncle et de son grand-père, tous deux décédés dans des camps de concentration.

Il devient ainsi possible de retracer le parcours de la famille déportée depuis le convoi parti le 27 avril 1944 de Compiègne (dit "convoi des tatoués"). M.B sait enfin, après 50 ans, ce qu’il est advenu de sa famille…

Un époux retrouvé

Guerre au Rwanda… Un génocide de centaines de milliers de personnes. De nombreuses familles se sont réfugiées dans les pays voisins et vivent dans des camps de réfugiés.

En avril 2009, le Comité international de la Croix-Rouge collecte un message Croix-Rouge d’une femme à la recherche de son époux qu’elle suppose vivre en outre-mer.

Le message Croix-Rouge est alors reçu à la Croix-Rouge française en juin 2009 qui le transmet immédiatement à la délégation territoriale de Mayotte pour effectuer une enquête de terrain.

Avec l’aide des volontaires sur place et la coopération des autorités, le mari est localisé mi août 2009.
L’époux se présente alors à la délégation qui lui explique la démarche de la Croix-Rouge française et lui remet le message de sa femme. Le contact est enfin rétabli entre eux.

Une fratrie reconstituée

En août 2001, le service de recherches de la Croix-Rouge française reçoit une demande émanant de la Société nationale de Croatie. Cette dernière a reçu un formulaire de recherche effectué par un certain Zoran qui souhaite retrouver ses deux sœurs.

Selon la dernière adresse connue, elles vivent en France : Les trois enfants, adoptés peu après leur naissance, ont été séparés et ne se connaissent pas. Les premiers résultats sont encourageants. Les deux jeunes femmes ont été adoptées et se trouvent en Bretagne, à deux adresses différentes. L’information est aussitôt transmise à la Croix-Rouge croate.

En novembre, les familles sont contactées. Une opération d’autant plus délicate que les sœurs ne se connaissent pas et ignorent même leur existence réciproque, alors qu’elles vivent dans deux départements limitrophes !

Une première rencontre entre Christine et Anouchka a lieu le 17 avril 2002. L’émotion est très forte : Elles apprennent du même coup l’existence de leur frère, resté en Croatie.

Fin 2004, Anouchka décide d’aller le voir à Zagreb. Aux dernières nouvelles reçues par la Croix-Rouge française, Zoran est retourné en Croatie après avoir rendu visite à ses deux soeurs en France : La fratrie est reconstituée.

Prouver des persécutions

En mars 2003, la Croix-Rouge espagnole s’adresse à la Croix-Rouge française suite à la demande d’un frère et d’une sœur voulant prouver qu’ils ont fui le régime franquiste. Ces derniers ont besoin d’une attestation pour faire valoir leurs droits en Espagne.

Contact des archives départementales de Paris et des Pyrénées-Orientales, des archives départementales du Pas-de-Calais et du Calvados, où les enfants auraient été transférés à l’époque… Le ministère de la Défense, le Comité international de la Croix-Rouge… en tant que victimes de guerre supposés, ces enfants doivent avoir laissé une trace !
Deux ans après le début des recherches, seules les archives du Pas-de-Calais répondent, mais les résultats dépassent toutes les espérances : les documents émanant de la préfecture apportant la preuve irréfutable que le frère et la sœur se trouvaient sur le territoire français avant d’être rapatriés à Barcelone, le 5 octobre 1939.

La liste des enfants dont les parents résident en Espagne et les notices individuelles établies par le sanatorium de Berck-sur-Mer où Ricardo et Maria Luisa ont séjourné leur permettent de retracer leur histoire noir sur blanc, plus de 60 ans après.

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Une vidéo du CICR - retrouvailles d'une famille en RDC

Témoignage

luzlim

De retour parmi les siens

Les parents de Luzlim, 12 ans, sont inquiets. L’école du village a fermé. Et il n’y a pas d’avenir possible pour lui sans un bon niveau d’études. En avril 2001, décision est prise de l’envoyer en Angleterre. Mais les choses ne sont pas si simples et, très vite, les parents sont sans nouvelles. Désorientés, ils contactent la Croix-Rouge albanaise. Ils veulent désormais retrouver et ramener Luzlim dans le giron familial. Intervenant en relais, la Croix- Rouge française finit par le localiser. Intercepté aux abords de la Manche, il a été placé dans un centre d’aide sociale à l’enfance du Pas-de-Calais. Le 14 décembre 2001, l’épisode trouve son dénouement : accompagné de membres de la Croix Rouge, Luzlim embrasse ses parents, en larmes, à l’aéroport de Tirana (Albanie). Un soulagement pour toute la famille !