La Croix-Rouge française se mobilise aux côtés des personnes migrantes

La Croix-Rouge française se mobilise aux côtés des personnes migrantes
Publié le 12/01/2018

Photo de Pascal Bachelet

La pauvreté, les conflits, les difficultés sociales et politiques, les problèmes environnementaux, les persécutions, le désir de retrouver sa famille…Bien souvent, c’est une pluralité de causes qui poussent les personnes sur les routes de l’exil, souvent au péril de leurs vies. De l’urgence à l’accompagnement global, en passant par l’accueil et l’orientation, la Croix-Rouge française s’engage au quotidien pour la défense des droits fondamentaux des personnes exilées en situation de détresse.

Accueillir et accompagner les personnes migrantes est une priorité pour la Croix-Rouge française, quels que soient leur pays d’origine ou les raisons de leur départ, qu’elles soient « de passage » en France ou que ce soit leur destination finale. Dans tout le pays – et même au-delà (voir plus bas) – des actions en faveur des publics migrants sont réalisées par les bénévoles et les professionnels de l’association

De l’international à l’ultra-local, de la réponse à l’urgence jusqu’à l’accompagnement individualisé, la Croix-Rouge intervient à plusieurs étapes des parcours migratoire.

Avant l’arrivée en France

Les personnes migrantes sont amenées à passer des mois voire des années sur les routes en amont de leur destination, un périple de tous les dangers. Agadez est une ville du Nord du Niger, où transitent des milliers de migrants subsahariens, certains à destination de l’Europe, d’autres sur la route du retour. Depuis 2013, en partenariat avec la Croix-Rouge nigérienne et avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge française y mène un programme d’assistance médicale et d’accompagnement psychosocial des migrants.

De janvier à septembre 2017, près de 1 500 personnes par mois ont été reçues en consultation à la salle des soins. 2 600 migrants ont été rencontrés par les équipes des 250 cliniques mobiles déployées dans la région.

Actuellement, une réflexion est en cours au sein du Mouvement Croix-Rouge pour que les Sociétés nationales puissent développer une approche régionalisée et avoir un projet commun tout au long du parcours migratoire.

Répondre à l’urgence 

Accueil inconditionnel

210 Samu sociaux. Les équipes des Samu sociaux de la Croix-Rouge française vont à la rencontre des publics qui se trouvent dans la rue, en état d’urgence sociale, médicale ou psychique. Parmi elles se trouvent des personnes immigrées.

30 accueils de jour. Se réchauffer, prendre un café, échanger… Les accueils de jour permettent aux personnes en situation de grande exclusion d’avoir un petit répit dans leur quotidien.

78 structures d’hébergement. La Croix-Rouge française gère 78 structures d’hébergement (centres d’hébergement d’urgence, centres d’hébergement et de réinsertion sociale), dont la mission est d’accueillir, de manière inconditionnelle, les personnes en situation de détresse sociale, médicale ou psychique, mais aussi de leur proposer un accompagnement social global adapté à leurs besoins. Parmi elles se trouvent notamment des publics primo-arrivants, et des personnes sans droits ni titres : elles sont évidemment accueillies sans condition.

Cela représente 8.074 places d’hébergement d’urgence et 888 places d’hébergement d’insertion.

Actions sociales

Conformément à ce principe de l’inconditionnalité de l’accueil, les actions menées par les bénévoles des unités locales s’adressent à tous les publics. Epicerie sociale, dons vestimentaires, consultations au sein des « accueils santé sociaux » , domiciliation administrative ou encore services d’un écrivain public leur sont ainsi proposés.

Etablissements spécialisés

En dehors de ces dispositifs « généraux », la Croix-Rouge française administre 42 établissements dédiés spécifiquement au public migrant et aux mineurs isolés étrangers.

42 établissements dont :

2 Plateformes d’accueil des demandeurs d’asile (PADA). Les PADA assurent le premier accueil et accompagnent des personnes qui souhaitent entamer une démarche de demande d’asile en France.

13 Centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Missions : accueil, hébergement et accompagnement des demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur dossier de demande d’asile ; accompagnement administratif, social et sanitaire ; scolarisation des enfants et activités socio-culturelles

5 Centres d’Hébergement d’urgence de demandeurs d’asile (HUDA). Les HUDA permettent d’accueillir - de manière transitoire et dans l’urgence - des demandeurs d’asile en attente de leur admission en CADA, des demandeurs d’asile en procédure accélérée ou en procédure Dublin (en cas de passage dans un autre pays de l’Union européenne avant la France).

1 Centre provisoire d’hébergement (CPH). Les CPH accueillent les personnes à qui l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) a accordé le statut de réfugié ou la protection subsidiaire. L’accompagnement vers l’autonomie (apprentissage de la langue française, insertion professionnelle, intégration et accès au logement) est donc une priorité au sein de cette structure.

6 Centres d’accueil et d’orientation (CAO). Missions : mise à l’abri des personnes migrantes majeures qui se retrouvent dans la rue et permettre un temps de répit pour réfléchir à leur projet migratoire.

8 Centres d’hébergement d’urgence pour migrants (CHUM). Leurs missions sont similaires à celles de CAO.

1 Permanence d’accueil d’urgence humanitaire (PAUH), située à l’aéroport de Roissy. Cette permanence permet de proposer une assistance aux personnes migrantes maintenues en zone d’attente et à celles admises sur le territoire à partir de cette zone.

Mineurs isolés étrangers

Les mineurs isolés étrangers – en raison de leur statut de mineur et de leur grande vulnérabilité – sont accueillis notamment dans des structures spécialement dédiées à leur prise en charge : la Croix-Rouge française gère 5 structures de ce type, situées en région parisienne pour  8 activités au total menéesEvaluation, accueil et orientation, mise à l’abri, aide à l’insertionet accompagnement social global des mineurs non accompagnés y sont au programme. Une création de structure est à comptabiliser pour cette année 2018 avec l’ouverture d’un établissement en Seine-et-Marne qui s’ajoute donc aux structures précédemment énoncées.

Activités bénévoles

Parallèlement et en complément des actions menées dans les établissements, les bénévoles et professionnels mettent en place un certain nombre d’activités afin de répondre aux besoins des personnes migrantes.

> Les activités d’apprentissage des savoirs de base. Alphabétisation, lutte contre l’illettrisme, cours de Français langue étrangère (FLE), ateliers informatiques, d’accompagnement scolaire, à visée pédagogique… 70 % des bénéficiaires de ces activités sont des personnes migrantes.

> Une mission d’administrateurs ad hoc auprès des mineurs isolés étrangers. Depuis 2005, la Croix-Rouge française intervient dans la zone d’attente de Roissy auprès des mineurs non accompagnés (MNA) qui n’ont pas les documents de voyage pour entrer régulièrement sur le territoire et/ou qui souhaitent demander l’asile à la frontière et qui sont retenus durant le temps de l’examen de leur situation par les autorités publiques. En outre, depuis 2016, une nouvelle mission d’administrateurs ad hoc s’est déployée auprès des MNA demandeurs d’asile dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et à Paris.

> Un dispositif mobile d’urgence dans les Hauts-de-France. Dans certains territoires, particulièrement concernés par l’accueil de personnes migrantes , la Croix-Rouge n’a de cesse d’innover et s’attache à développer de nouvelles initiatives pour répondre aux besoins de ces publics. Ainsi, à Calais et Dunkerque, elle a mis en place un dispositif mobile d’urgence (DMU) à l’été 2017. Objectif : aller à la rencontre des exilés vivant dans des camps informels pour leur proposer accès aux soins et aux droits, accueil, écoute et orientation en complément des actions de maintien et de rétablissement des liens familiaux déployées depuis début 2016

> Faire face à l’imprévu. Les bénévoles du réseau sont également amenés à intervenir rapidement et efficacement dans des situations d’urgence. A titre d’exemples, suite à l’incendie du camp de la Linière à Grande Synthe en avril 2017, les délégations voisines se sont mobilisées auprès des personnes sinistrées à travers diverses actions (mise à disposition d’équipement dans les centres d’hébergement d’urgence, soutien psychosocial, aides matérielles, actions de maintien et rétablissement des liens familiaux, premiers secours).  

 « ZOOM formation » : Pour accompagner ses bénévoles, la Croix-Rouge française propose à tous ceux qui le souhaitent de suivre la formation « Sensibilisation - Migrations ». Celle-ci permet de répondre à leurs interrogations et poursuit un double objectif : améliorer l’accueil des personnes migrantes au sein de nos structures et accroître les connaissances des acteurs de l’association sur la réalité des migrations et des personnes exilées.

Rétablissement des liens familiaux

Mission statutaire et historique de la Croix-Rouge, sorte de trait d’union entre « l’ici » et « l’ailleurs », le rétablissement des liens familiaux (RLF) a pour objectifs de : maintenir les liens familiaux entre les membres d’une même famille lorsque les moyens de communication habituels sont rompus ; prévenir la dispersion des familles ; rechercher les proches qui ont été séparés à la suite de catastrophes naturelles, de conflits armés ou de situations humanitaires graves ; et, enfin, de réunir les familles que la Croix-Rouge a remises en contact.

Ces dernières années, l’augmentation du nombre de ruptures de contact lors des parcours d’exil (nombreux passages de frontières, démantèlements, etc.) a conduit le RLF à adapter ses modes d’action et ses outils de recherche. Dans les Hauts de France, un dispositif itinérant de RLF a été mis en place en février 2016 pour aller à la rencontre des personnes exilées. En outre, « TRACE THE FACE » - outil de recherche en ligne à l’échelle européenne, où l’on peut poster la photo de proches que l’on souhaite retrouver - a été récemment déployé dans le pays.