Mineurs isolés étrangers : élaborer un véritable projet de vie

Mineurs isolés étrangers

Chaque année, de nombreux mineurs arrivent en France sans parents ni autres détenteurs de l’autorité parentale, conduits sur la voie de l’exil en raison de contraintes économiques, familiales ou de situations de violence dans leur pays d’origine. Notre association porte une attention spécifique à ces mineurs isolés étrangers (MIE), particulièrement vulnérables, et leur propose un accompagnement global pour les protéger, faire respecter leurs droits et favoriser leur insertion sociale.

A l’instar des majeurs, diverses raisons poussent ces jeunes à quitter leur pays d’origine : ils fuient des persécutions liées à des conflits ou d’autres situations de violence et sont demandeurs d’asile ; ils  désirent rejoindre leur famille déjà présente en France ou en Europe ; ils veulent accéder à une vie meilleure, étudier ou travailler dans le pays ; ils sont victimes d’un réseau d’exploitation ou de traite des êtres humains… Le parcours de ces mineurs isolés étrangers (MIE) peut s’avérer chaotique : après un voyage souvent périlleux et éprouvant, l’arrivée en Europe s’opère non sans mal et constitue un grand bouleversement dans la vie de chacun d’entre eux. 

Fragilisés par leur exil, souffrant parfois de troubles psychiques importants liés aux situations traumatisantes qu’ils ont vécues, ces jeunes  – qui seraient plus de 8 000 à ce jour sur le territoire – nécessitent un accompagnement global, à la fois socio-éducatif, médical et administratif. 

A l’échelle nationale, les mineurs isolés étrangers sont en grande majorité originaires d’Afrique Sub-saharienne et notamment d’Afrique francophone. Toutes régions confondues, ils viennent principalement de zones frappées par des conflits ou des guerres civiles. En France, il y aurait selon la Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse, environ 4 020 jeunes par an qui seraient reconnus  mineurs isolés étrangers par les autorités concernées. L’implantation de leur communauté d’origine et l’usage de la langue française figurent parmi les raisons prépondérantes de leur venue en France. 

Les mineurs isolés étrangers sont protégés au titre de l’Aide sociale à l’enfance.  Le Code de l’Action sociale et de la famille précise ainsi dans son article L111-2 1° que « les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune des prestations, des prestations d’aide sociale à l’enfance ». L’article L112-3, prévoit quant à lui que « la protection de l’enfance à également pour but de prévenir les difficultés que peuvent rencontrer les mineurs privés temporairement ou définitivement de la protection de leur famille et d’assurer leur prise en charge ».

Une mission d’administrateur ad hoc en zone d’attente à Roissy

Dès leur arrivée, et à l’égal des majeurs, les mineurs isolés étrangers (MIE) sont placés par les autorités françaises en zone d’attente à Roissy s’ils ne possèdent pas les documents nécessaires pour entrer légalement sur le territoire ou s’ils font une demande d’asile à la frontière. Ils y sont maintenus le temps de l’examen de leur situation par les autorités, qui conduit ensuite à leur retour forcé vers leur pays d’origine ou à leur admission sur le territoire. 

Ces jeunes sont souvent perdus et désorientés, ils ont besoin d’être rassurés par un interlocuteur dédié. C’est le rôle de l’administrateur ad hoc qui a pour principales missions :

  • de veiller au respect des droits et à l’intégrité des mineurs, d’assurer un soutien durant leur maintien en zone d’attente,
  • de les représenter dans toutes les procédures administratives et juridictionnelles qui leur sont appliquées,
  • de les accompagner et de les soutenir durant toute la durée de la procédure de demande d’asile à la frontière,
  • d’assurer le relais avec la structure d’accueil ou la famille qui les prendra en charge en cas d’admission sur le territoire. 

La zone d’attente de Roissy dispose depuis 2011 d’un espace dédié aux mineurs isolés étrangers, au sein duquel interviennent des salariés de la Croix-Rouge française spécialement formés à la prise en charge d’un public mineur.

Des établissements d’accueil et d’orientation

A la Croix-Rouge française, le dispositif d’accueil et d’accompagnement des MIE se compose de 6 structures dédiées, situées en région parisienne, qui assurent : 

  • évaluation et orientation (pôles d’évaluation de Bobigny et de Cergy-Pontoise),
  • accueil en foyer ou en logement diffus (lieu d’accueil et d’orientation de Taverny, plate-forme enfants du monde de Bobigny),
  • mise à l’abri pour le Centre Enfants du Monde du Kremlin-Bicêtre,
  • accompagnement de jour (Service d’accueil de jour MIE de Paris).

Les mineurs isolés étrangers sont également accueillis sur tout le territoire au sein des dispositifs classiques de protection de l’enfance gérés par notre association, tels que les Maisons d’enfants à caractère social (MECS). 

Nous défendons un modèle de prise en charge globale des besoins de l’enfant et nous nous engageons à protéger ces mineurs et à faire reconnaître leurs droits. Notre ambition est de leur permettre de construire un véritable parcours correspondant à un projet de vie.