Favoriser la réinsertion des personnes sous main de justice

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Malgré l’attention médiatique et politique dont elles font ponctuellement l’objet, les prisons françaises restent marquées par des conditions de vie difficiles. Surpopulation, promiscuité, précarité, rupture du lien social et familial, inactivité, perte de sens… sont le lot quotidien des quelque 68 000 personnes détenues en France. Guidée par son principe fondateur d’humanité, notre association entend être présente auprès de ces personnes en souffrance, souvent mises au ban de la société et sujettes à de nombreux préjugés.

Au-delà de tout jugement, promouvoir la rencontre et l’échange

Notre association intervient au-delà de tout jugement auprès de  personnes incarcérées ou condamnées à des peines en milieu ouvert, qu’elles soient majeures ou mineures, ainsi qu’auprès de leurs familles.

Invitées à favoriser les actions suscitant l’échange et la rencontre avec les personnes placées sous main de justice, nos équipes de bénévoles garantissent ainsi le maintien d’un lien social, facteur essentiel de la réinsertion. 

Les principaux champs d’action

En partenariat avec l’Administration pénitentiaire et la Protection judiciaire de la jeunesse, nos 540 bénévoles formés mènent auprès des personnes sous main de justice des actions diversifiées suivant une logique d’accompagnement dans la durée. Ils interviennent ainsi dans 5 principaux domaines.

Le maintien des liens familiaux

Facteur essentiel de la réinsertion des personnes placées sous-main de justice, le maintien des liens familiaux est un axe privilégié de notre association dans ses actions :

  • participation à l’accueil des familles en attente de parloir, 
  • création de service de navettes entre la gare et la prison, 
  • organisation d’un goûter familial en détention…
Les alternatives à l’incarcération et les aménagements de peine

Qu’il s’agisse des alternatives à l’incarcération (TIG, mesures de réparation pénale) ou des aménagements de peine (libération conditionnelle, placement à l’extérieur…), la Croix-Rouge française défend l’idée que tout ce qui peut permettre d’éviter l’incarcération doit être mis en œuvre afin de faire de la prison, non plus la peine automatique mais l’ultime recours :

  • accueil de personnes dans le cadre d’un travail d’intérêt général (TIG) ou de mesure de réparation pénale,
  • accueil dans les établissements Croix-Rouge de personnes bénéficiant d’un aménagement de peine pour raisons médicales.
Les animations socio-culturelles en détention

Qu’elles soient purement ludiques, culturelles ou pédagogiques, les animations socio-culturelles en détention sont toutes un temps d’échanges et constituent, pour la personne détenue, une respiration salutaire. Les animations menées par nos bénévoles en prison sont variées :

  • ateliers d’estime de soi,
  • ateliers jeux de société,
  • ateliers de lecture,
  • services d’écrivain public…
La lutte contre la précarité

En prison, il appartient aux personnes incarcérées d’acheter tous les produits nécessaires à leur vie quotidienne – un facteur aggravant de fragilité pour les détenus en situation de précarité. C’est pourquoi nous leur fournissons une aide matérielle ponctuelle (vêtements, kits de correspondance, colis de Noël…) et participons aux commissions pluridisciplinaires uniques destinées à garantir le suivi des actions menées en faveur des personnes détenues précaires.

La formation aux premiers secours
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Savoir-faire incontestable de notre association, la formation aux premiers secours (IPS, PSC1, monitorat), validée par un diplôme européen, représente une expérience valorisante pour les personnes détenues et /ou les jeunes pris en charge par la Protection judiciaire de la jeunesse. Elle offre l’occasion de faire l’expérience de l’entraide et du respect de l’autre, qui constituent une approche éducative enrichissante en détention.


Les codétenus de soutien : prévenir le suicide en prison

Depuis 2010, la Croix-Rouge française s’est engagée dans un partenariat avec l’administration pénitentiaire, visant à mettre en place un dispositif innovant – les codétenus de soutien.

Aujourd’hui, ce dispositif est présent dans 7 établissements pénitentiaires (Gradignan, Villepinte, Strasbourg, Toulon, Bourg-en-Bresse, Saint-Denis de la Réunion, Angers). Les codétenus de soutien sont des détenus formés au repérage du risque suicidaire qui se sont engagés volontairement pour apporter écoute et soutien aux détenus en souffrance psychologique. Notre association est engagée à deux niveaux dans ce dispositif de prévention primaire du suicide : elle contribue à la formation des codétenus de soutien et les accompagne dans leur mission à travers des groupes de partage hebdomadaires menés par les bénévoles. 

Croix-Rouge écoute les détenus (CRED) : faire entrer la parole dans les prisons

Depuis 2000, notre association propose aux détenus une ligne anonyme et gratuite, qui permet aux personnes incarcérées de parler de leurs angoisses et de leurs problèmes liés à un enfermement souvent anxiogène. Pour en savoir plus [lien vers article « téléphonie sociale »].

Une présence historique

L’action en milieu carcéral constitue une composante historique de l’association : dès l’âge de 18 ans Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, allait régulièrement visiter les prisonniers dont il était très attaché à préserver la dignité.

La présence de la CRF dans les établissements pénitentiaires est attestée bien avant la Seconde Guerre mondiale. D’abord sensibilisée à l’incarcération des prisonniers de guerre en 1870 et en 1914, l’association a ensuite étendu son action aux personnes détenues de droit commun. La tradition des colis de Noël apportés en prison remonte à cette époque.

L’année 1945 marque un tournant avec la signature d’un premier accord avec l’administration pénitentiaire, qui formalise la création d’un service d’infirmières Croix-Rouge dans les établissements (la loi du 18 janvier 1994 y mettra fin).

Depuis lors, l’action de la CRF auprès des personnes sous- main de justice n’a cessé de se développer.

Elle s’appuie sur un partenariat avec l’administration pénitentiaire et avec la Protection Judiciaire de la Jeunesse.