Témoignages

Témoignages
Publié le 04/11/2009

Le respect de l’unité familiale fait partie intégrante du respect de la dignité humaine.
Notre bien-être personnel dépend en grande partie de notre capacité à maintenir des liens avec nos proches.
En rétablissant les liens familiaux, nous apportons soutien et réconfort.


Des mots d’amour par-delà les barreaux !

Voilà près de deux ans que Mireille N. M. et André Y. T. entretiennent une relation épistolaire régulière grâce à l’échange de messages Croix-Rouge. Le MCR représente dans ce cas l’unique moyen pour André, détenu civil en Ouzbékistan, de maintenir un contact familial avec sa compagne Mireille N. M. et son fils K. âgé de 4 ans résidant en France. Ce sont autant de mots doux et de photos attendrissantes qui sont à chaque fois échangés par le couple. 

Les messages parcourent des milliers de kilomètres ! Après avoir été collectés par les délégués CICR auprès du détenu visité sur son lieu de détention, censurés si nécessaire (car seules
des nouvelles privées peuvent être échangées), les messages sont réceptionnés par notre service RLF pour transmission au destinataire en France. Ces brefs messages, composés de deux volets –  le premier est utilisé par l’expéditeur pour rédiger son message initial et le second permet au destinataire de lui adresser sa réponse s’il le souhaite –, apportent réconfort et soutien moral à la personne séparée des siens. Au gré de ces correspondances particulières, André a ainsi pu suivre, photos à l’appui, les premiers pas de son fils.

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Des retrouvailles sur le fil…

En mai 2012, nous avons été contactés par nos collègues de la Croix-Rouge hongroise afin de localiser en France Madame A., recherchée par sa nièce résidant en Hongrie.

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Il s’agissait d’une demande urgente. En effet, le contact entre les deux parentes avait été rompu soudainement (les lettres envoyées par la nièce étaient systématiquement retournées) et l’âge de la personne recherchée était très avancé. La requérante craignait en effet que sa tante, née en 1912, ne soit décédée.

Dès réception de la demande, nous avons mené des investigations et avons retrouvé en moins de 24 heures Madame A. Cette dernière, sous tutelle, avait vendu sa maison et avait été placée dans une maison de retraite. Nous en avons immédiatement informé nos collègues de la Croix-Rouge hongroise qui ont averti sa nièce en Hongrie. Celle-ci a été plus qu’heureuse d’apprendre que sa tante était toujours en vie et est venue lui rendre visite. Ensemble, elles ont pu célébrer le 100e anniversaire de Madame A, en juin 2012 ! Même si Madame A. n’avait pas parlé hongrois depuis de nombreuses années, elle s’est souvenu de sa langue maternelle et a pu échanger avec sa nièce. Ce fut cependant la dernière fois que les deux femmes se sont vues car Madame A. s’est éteinte le 19 août.

Elle s’était réfugiée en France au moment de la Révolution hongroise de 1956. Lors des retrouvailles, Madame A. avait déclaré être « très heureuse de revoir sa famille ». 

« La Croix-Rouge française nous a changé la vie »

Voilà ce qu'a déclaré Madame D. à l'aéroport de Paris Orly le 17 octobre 2012, lors de l'arrivée de ses 3 enfants en provenance d’Haïti. Les parents soutenaient financièrement la famille

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depuis la France, où ils étaient arrivés plusieurs années auparavant. Les enfants vivaient avec leur grand-mère et d'autres membres de la famille, dans la ville de Gressier - ville proche de l'épicentre et qui a été fortement sinistrée par le séisme de janvier 2010.  Le tremblement de terre a fait beaucoup de victimes, dont les membres de la famille D.  Seuls les enfants ont survécu et furent recueillis rapidement par le Comité International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (CICR) en tant qu'enfants non accompagnés. Dans un premier temps, les parents ont sollicité le service RLF pour assurer la protection des enfants sur place et maintenir le lien familial. Puis ils ont fait toutes les démarches pour que le regroupement familial puisse aboutir favorablement. Le service RLF a accompagné la famille D. tout au long de la procédure, tant en France qu'en Haïti, jusqu'à l'obtention des visas et l'organisation du voyage : deux ans et demi d’attente et d’angoisse sans jamais perdre l’espoir d’accueillir un jour leurs enfants. Les retrouvailles à l'aéroport furent pleines d’une intense émotion, grâce aussi à l'accueil par 2 bénévoles de la délégation du Val-de-Marne. Enfants et parents ont pu s'embrasser, ce qu'ils n'avaient pas pu faire depuis longtemps : ils ne s'étaient pas vus depuis 8 ans ! 


A ce jour, le service RLF a permis à 12 familles haïtiennes, victimes du séisme de 2010, d’être réunies.