



Depuis 1999, la Croix-Rouge française est liée au ministère de la Justice par une charte et une convention de partenariat définissant les principes et les objectifs de son intervention en milieu carcéral.
Pour atteindre ces objectifs, la Croix-Rouge française s'appuie sur un réseau de bénévoles, les référents prison.
Près de la moitié des personnes détenues sont sans emploi au moment de leur incarcération. Pour les jeunes de moins de 25 ans, cette proportion atteint 62%. Face à ce problème, la Croix-Rouge française participe aux réunions des commissions indigence dans les établissements pénitentiaires, ce qui permet d’élaborer des solutions adaptées pour les personnes détenues défavorisées. La Croix-Rouge tente de redonner de l’autonomie aux personnes les plus marginalisées, et leur permet ainsi d’accomplir leur peine dans des conditions dignes.
C'est l'un des piliers de l'action de la Croix-Rouge en milieu carcéral. "J'ai plus d'assurance pour aller vers les autres et c'est toujours valorisant d'avoir un diplôme" explique un
jeune détenu. Porteur de Formation aux premiers secours en milieu carcéral et de solidarité, l'enseignement des gestes qui sauvent rencontre un vif succès auprès des personnes détenues mais aussi du personnel pénitentiaire auquel des sessions sont également proposées. La formation permet d'acquérir la pratique des gestes essentiels d'urgence mais elle offre aussi un espace de réflexion sur le sens de la vie, le rapport aux autres. Elle concourt à l'émergence d'une prise de conscience qui favorise la réinsertion à la sortie.
La Croix-Rouge a mis en place une ligne téléphonique, Croix-Rouge Ecoute les Détenus (CRED), destinée aux personnes condamnées. Cette ligne, anonyme et gratuite, permet de prévenir le sentiment de désespoir et les actes de suicide, trop fréquents en milieu pénitentiaire.
Le maintien du lien familial est déterminant dans le processus de réinsertion des personnes détenues. C'est pourquoi la Croix-Rouge s'emploie à créer à côté des établissements pénitentiaires des lieux d'accueil pour les familles en attente de parloir. Ceux-ci permettent de les accueillir dans des conditions dignes et humaines et de les mettre à l'aise avant d'affronter le chemin jusqu’au parloir. "Les enfants et leurs parents ont besoin de conserver des liens, il ne faut pas que l’enfant soit pénalisé à cause de ce que son père ou sa mère a fait" insiste Claire Brisset, ancienne défenseure des enfants
Accompagnement extra-carcéral les murs, l'aide aux personnes détenues entamée en prison se poursuit, avec le souci constant d'accompagner les individus dans leur volonté de réinsertion. A Perpignan, une nouvelle annexe accueille les sortants dans le cadre d'un programme mêlant formation, aide à l'emploi et médiation sociale. La délégation locale s'est ainsi récemment intégrée à un réseau intranet d'offres d'emploi et de formations sur l'ensemble du département, en partenariat avec les organismes locaux oeuvrant dans ce sens. Dans le même temps, chaque personne accueillie au sortir de son incarcération reçoit une formation en informatique à raison de deux séances par semaine.
En 2004, la Croix-Rouge française a lancé l’opération "1000 TIG à la Croix-Rouge" : l’accueil, au sein de l'association, de 1000 personnes condamnées à une peine de travail d’intérêt général (TIG). Cette peine doit être valorisée car elle constitue une alternative à la détention et permet de maintenir le lien social entre la personne condamnée et la société. La Croix-Rouge française insiste sur le projet éducatif qui doit présider à l’accueil de ces personnes. Fin 2006, l'association a déjà accueilli plus de 900 personnes dans le cadre de cette mesure, et continue de promouvoir cette action auprès de ses structures dans toute la France.
Depuis 2002, un centre d'accueil géré par la Croix-Rouge et le Secours Populaire reçoit les proches des personnes détenues. Un espace unique où on ne leur demande rien. "On essaye simplement de les apaiser, de les réconforter" précise Claudine, bénévole.
Pourtant le besoin de se confier l'emporte souvent. "Je ne supporte plus cette lourde porte qui se referme sur moi. A chaque fois j'ai la sensation d'être moi-même écrouée, d'étouffer. Ce lieu agit comme un sas de décompression avant le retour au monde..." confie Marion. Pour Denise aussi, "l'écoute des bénévoles est très importante" avant d'ajouter : "avant que le local soit ouvert, j'attendais dans ma voiture, ou sur le trottoir, qu'il vente ou qu'il pleuve, sous le regard des passants parfois lourds de sens !"
D'autres lieux similaires existent également à Ajaccio, Lyon, Meaux, Clairvaux et St Sulpice la Pointe.
188 établissements pénitentiaires
56.311 personnes détenues pour 50.396 places, soit une surpopulation de 112%
3,6% de femmes
1,2% de mineurs
21,5% d'étrangers
33% de la population carcérale sont des personnes en attente de jugement
34% purgent une courte peine (moins d'un an)
32% une peine intermédiaire (de 1 à 5 ans)
34% une longue peine (5 ans et plus), dont 511 personnes condamnées à perpétuité
8,4 mois pour l'année 2004
95 personnes détenues pour 100.000 habitants
Source : Direction de l'administration pénitentiaire - octobre 2006
A l'ombre de la République, un film où les âmes sensibles ne pourront s’abstenir d’entendre le cri de détresse de ces hommes décrivant l’isolement dans lequel on les place et qui conduit à faire d’eux des bêtes sauvages.
Plus d'information sur le site du film
Sylvie
"Mon rôle est de rester discrète tout en cherchant à remonter le moral des personnes accueillies. Il m'arrive souvent de faire la nounou avec les petits pendant que la maman est au parloir."
Michèle
"Ici nous animons un lieu de vie : les enfants jouent dessinent, les mamans essaient d'évacuer leur stress. Nous sommes là pour les y aider. Je suis heureuse que la Croix-Rouge fasse un geste pour les personnes détenues elles-mêmes, notamment à Noël, en distribuant aux papas incarcérés des cadeaux qu'ils pourront offrir à leur enfant."
Pierre-Charles, formateur bénévole, se souvient de son intervention
"Au début, j'avais une appréhension vite dissipée par les sourires des participants et la qualité de nos échanges. Ils étaient tous volontaires et malgré mes craintes, ils ont tous été très assidus. Rapidement, je me suis aperçu que les stagiaires ne se connaissaient pas, j'en ai donc profité pour mettre en application des jeux de questions-réponses. Finalement, le bilan a été très positif, certaines personnes détenues regrettant même que la formation prenne fin. Au delà de la formation proprement dite, un lien s'est créé entre le groupe et les formateurs."