140 ans de métiers d'humanité

Publié le 06/05/2004

Découvrez la diversité et l'évolution des métiers de la Croix-Rouge à travers cette mise en perspective historique.

Accompagnement social

1910, Ouvroir, centre de collecte et de distribution de vêtements.

© CRF/Harlingue

A fin du XIXème siècle, période de leur apparition, les ateliers et dépôts de lingerie relèvent de la responsabilité des dames des comités. Elles ont pour mission la confection de pièces de linge et de bandages, selon des modèles précis et avec le tissu qui leur est fourni, qui seront envoyés aux militaires blessés ou destinés aux ambulances.
Fonctionnant à l'origine avec des bénévoles, les comités vont peu à peu employer des femmes dans le besoin, en période de chômage, ou dont le mari est tombé au combat. Dés les années 1910, la distribution de vêtements est également destinée aux victimes de désastres et aux populations civiles les plus démunies.

 

2004, Vestiboutique, Paris Xème

© CRF/Carlsson

Activité traditionnelle Croix-Rouge sur l'ensemble du territoire, le vestiaire a connu une évolution significative ces dernières années. Ainsi, la vestiboutique s'impose dans un nombre croissant de délégations. Cette boutique solidaire, repose sur deux piliers : le libre choix et la participation (à prix modiques) des bénéficiaires. Ouverte à tous, elle vise à responsabiliser les personnes en difficulté et à restaurer leur autonomie tout en leur permettant de tisser des liens sociaux. Un principe de solidarité active dont s'inspirent également les épiceries sociales, héritières des traditionnelles antennes alimentaires et autres soupes populaires.

 

Postes de secours

Mai 1968, évacuation d'un étudiant dans le Quartier Latin.

© Roger Viollet

Référence en matière de couverture sanitaire, la Croix-Rouge s'est illustrée tout au long des mois de mai et juin 1968 : 14 postes de secours déployés dans Paris pour intervenir auprès des blessés, manifestants ou forces de l'ordre. Jusqu'à 650 secouristes et 69 véhicules seront mobilisés, la nuit du 24 au 25 mai, lors de la violente manifestation dans le Quartier Latin, procédant à plus de 450 interventions et 150 évacuations. Durant ces deux mois, 1351 personnes reçoivent des soins, 632 sont évacués vers les hôpitaux. En moyenne, cette action a nécessité la présence quotidienne de 250 secouristes et 25 véhicules de secours.



2003, dispositif prévisionnel de secours, festival des Vieilles Charrues

© CRF/Carlsson

C'est au cours des années 70 que le secourisme a connu de considérables avancées. Munis d'équipements modernisés et de moyens de télécommunication plus performants, les secouristes ont développé une expertise dans la prise en charge lors des grands rassemblements de foule, qu'il s'agisse d'événements sportifs ou culturels. Aujourd'hui, grâce à un réseau de 20.000 secouristes équipés et formés, la CRF assure plus de 23.000 postes de secours tout au long de l'année.

 

 

 

Situations d'exception

1955, évacuation des victimes d'inondations

© CRF/reportages de France

Cette année-là, rares sont les villes et villages de France épargnées par les inondations. Dès les premières heures, les équipes de la Croix-Rouge sont mobilisées pour évacuer les familles sinistrées. Ce n'est pas une " première ". Depuis le tremblement de terre en Provence en 1909, la CRF participe, en coordination avec les pouvoirs publics, au secours des victimes de catastrophes naturelles. Son action s'étend également aux centres d'accueil, lieux d'hébergement provisoire et à la distribution de produits de 1ère nécessité.
De proche en proche, les secours aux personnes se sont diversifiés, intégrant l'aide matérielle et l'entraide en faveur des sinistrés, mais aussi la recherche des corps et des disparus.

 

2002, opération "coup de main / coup de cœur", lors des inondations du Gard

© CRF/Carlsson

Face à l'ampleur exceptionnelle des inondations dans le Gard (plus de 20 morts, 5000 habitations endommagées, 1,2 milliard d'euros de dégâts…), la CRF déploie un dispositif d'envergure qui mobilise plus de 1000 bénévoles. Systématisée depuis plusieurs années, les opérations "coup de main / coup de cœur" se multiplient afin d'aider les familles à nettoyer et réhabiliter leur habitat sinistré. Comme elle l'avait fait lors de récentes catastrophes (inondations dans l'Aude et la Somme, tempêtes, explosion de l'usine AZF à Toulouse…), le dispositif Croix-Rouge s'articule avec les secours publics pour une prise en charge dans l'urgence et une aide personnalisée dans la durée.

 

Urgence sociale

1944, centre d'accueil de gare

© CRF/ABC

Dès les années 1880, la Croix-Rouge installe, sur requête du ministère de la Guerre, des infirmeries dans les gares, suivant le parcours des lignes d'évacuation militaires, afin de porter secours aux malades (soins, nourriture, évacuation, hébergement des plus faibles). Ces structures ont peu à peu étendu leur action aux réfugiés civils et à toutes personnes vulnérables lors de conflits. De fait, pendant la 1ère Guerre mondiale, ces infirmeries se sont déclinées en cantines, centres d'hébergement ou d'accueil pour les personnes en transit et les blessés militaires.
De même au cours de la seconde Guerre mondiale, et singulièrement en 1945, la Croix Rouge intervient dans les gares où affluent massivement les prisonniers rapatriés des camps allemands.

2001, Samu Social, Val de Marne

© CRF/Leborgne

Intégrés aux programmes départementaux de veille sociale, en lien avec le 115 (joignable 24 heures sur 24), les 48 samu sociaux Croix-Rouge ont pour mission d'aller à la rencontre des personnes exclues afin de leur proposer réconfort, nourriture, assistance médico-sociale et, le cas échéant, les orienter vers un centre d'hébergement. Associant bénévoles et salariés, le samu social du Val-de-Marne est le fer de lance d'un dispositif social plus ample qui permet d'assurer avec efficacité des fonctions de repérage et d'accompagnement social tout au long de l'année.

 

 

Santé

Années 50, dispensaire Croix-Rouge à Paris

© CRF/Le Boyer

C'est en 1899, dans le XIVème arrondissement, qu'est créé le premier dispensaire-école Croix-Rouge, supervisé directement par le comité local. Il a une double vocation : la formation des infirmières et les soins à la population du quartier, alors à dominante ouvrière. Les soins (assurés par des médecins bénévoles) ainsi que les médicaments sont gratuits. Très vite, ce modèle de dispensaire - école va se développer en province. Au fil du temps, les dispensaires ont diversifié leurs spécialités : soins aux soldats blessés et aux indigents,
lutte contre la tuberculose depuis 1911, contre la mortalité infantile dès 1918, les maladies vénériennes, la diphtérie, mais également soins dentaires, ORL, ophtalmologie, radiologie et les campagnes de vaccinations dans les écoles…



2002, nurserie du centre de transit de Sangatte

© CRF/Carlsson

La santé demeure un axe prioritaire de la CRF, en particulier à travers ses 90 établissements sanitaires et 117 établissements médico-sociaux . Elle a également développé son expertise en matière de formation des infirmières, des assistants de service social ou encore des cadres de santé , à travers ses 34 instituts de formation en soins infirmiers, écoles d'assistants de service social… A la croisée de la prévention et des soins, ses équipes locales interviennent en priorité auprès de publics vulnérables, comme ce fut le cas de ces milliers de familles "sans asile fixe" accueillies de 1999 à 2002 au centre de Sangatte.

 

Formation Premiers secours

1970, formation grand public aux premiers secours

© CRF/Tanguy

Au XIXème siècle, ce sont des infirmières diplômées qui, via notamment les dispensaires-écoles, assurent l'enseignement des gestes d'hygiène et de premiers secours. Dès la fin de la 1ère guerre mondiale, cette formation est proposée aux personnes susceptibles d'en avoir besoin dans le cadre de leurs activités : gendarmes, scouts…. A partir de 1926, avec la création des postes de secours sur les routes par l'UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme), des cours sont dispensés aux agriculteurs et aux cafetiers. Mais c'est vraiment à compter de l'organisation d'un service
des secouristes, en 1942, qu'une formation spécifique, distincte de celle des infirmières, prend son essor et se structure dans le vivier du secourisme Croix-Rouge.



2002, initiation des automobilistes sur une aire d'autoroute à Dijon

© CRF/Carlsson

1941 : la Croix-Rouge invente le premier certificat aux premiers secours, reconnu diplôme d'Etat. Depuis, devenue premier éducateur national aux premiers secours, elle a développé cette filière grâce à un réseau de 3000 moniteurs et instructeurs, adossés à des structures performantes (800 centres de formation bénévole, 85 centres de formation professionnelle…). Outre l'Attestation de formation aux premiers secours (AFPS, ex brevet de secourisme, homologué diplôme européen), elle propose des initiations gratuites aux gestes qui sauvent dans des lieux de forte affluence.
Ce n'est donc pas un hasard si la CRF prend en charge, depuis février 2004, le volet secourisme introduit dans les Journées d'Appel de Préparation à la Défense.