8 Français sur 10 inquiets des effets des changements climatiques sur leur santé

Publié le 05/04/2019

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé du 7 avril, la Croix-Rouge française et son partenaire le Groupe Aésio, leader en assurance de personnes, dévoilent les résultats d’un sondage sur les Français et les impacts des changements climatiques sur la santé. Dans un contexte où la question environnementale devient de plus en plus centrale, 9 Français sur 10 estiment que les changements climatiques ont des effets bien réels sur la santé, 54% se sentent mal informés et 67% pensent que le système de santé est mal préparé pour y répondre. Cette inquiétude est renforcée par une incertitude quant à leur propre capacité à réagir et un déficit de confiance envers les acteurs institutionnels dans la recherche de solutions pour faire face. Décryptage.

Les prédictions sur les changements climatiques sont alarmantes et leurs effets se font déjà sentir à travers le monde. Si ce constat et les problématiques qui en découlent sont aujourd’hui considérés par l’opinion publique comme des préoccupations prioritaires, l’aggravation des conséquences sanitaires du réchauffement climatique émerge comme l’un des plus grands défis de santé publique du XXIème siècle.

Afin de faire le point sur les recherches scientifiques et de présenter des solutions innovantes pour relever ce défi de santé publique et aider les populations à s’adapter aux changements climatiques, la Croix-Rouge française organise la première « COP humanitaire » les 15 et 16 avril à Cannes en réunissant les meilleurs experts et des acteurs de terrain venus du monde entier.

Programme complet et liste des intervenants sur worldconference.croix-rouge.fr

Les chiffres en un coup d’œil :

  • 9 Français sur 10 convaincus que les conséquences des changements climatiques sur la santé sont bien réelles, 79% se déclarent inquiets de ces effets sur leur propre santé
  • 75% d’entre eux redoutent d’être touchés par des maladies pulmonaires ou cardiovasculaires liées aux changements climatiques et 89% par des catastrophes naturelles
  • 54% des répondants se sentent mal informés sur ces questions
  • 29% déclarent ne pas connaître du tout les gestes de premier secours et seuls 36% se sentent capables de les appliquer
  • Les Français font avant tout confiance aux professionnels de santé (à 82%) et aux associations / ONG (à 76%) pour y répondre. Mais 67% pensent que le système de santé français est mal préparé
  • Pour mieux affronter les risques, l’enjeu premier réside dans la préparation des citoyens à réagir aux effets des changements climatiques sur la santé
Les Français unanimement convaincus des impacts sanitaires des changements climatiques

Selon ce sondage réalisé par Harris Interactive, près de 9 Français sur 10 se montrent convaincus que les conséquences des changements climatiques sur la santé sont bien réelles. Parmi eux, 67 % des répondants estiment que ces conséquences sont même déjà sensibles aujourd’hui. Ainsi 79% d’entre eux se déclarent inquiets des effets que pourraient avoir ces changements sur leur santé. Des chiffres qui indiquent que la population partage un large sentiment d’urgence sur la question du climat et des conséquences de ses évolutions.

Ce sont les conséquences directes des changements climatiques que les Français redoutent en premier lieu, à savoir la multiplication des catastrophes naturelles (à 89%), suivie des aléas climatiques tels que les canicules ou les vagues de grand froid (à 85%). Du côté des conséquences indirectes, la crainte d’être confrontés à des conflits liés à la raréfaction des ressources prévaut pour 79% des sondés, suivie par les migrations de populations pour 76% d’entre eux.

Les dérèglements de santé apparaissent également comme des craintes majeures : 75% des Français redoutent d’être touchés par des maladies pulmonaires ou cardiovasculaires liées aux changements climatiques, et 73% expriment une peur de voir surgir en métropole des épidémies de maladies qui n’y sont aujourd’hui pas présentes (dengue, paludisme, choléra…). 

Un manque de préparation des citoyens et une confiance toute relative envers les acteurs institutionnels

Un des grands enseignements de cette étude réside dans le sentiment partagé par la majorité des répondants qu’ils ne sont pas assez préparés pour faire face aux conséquences sanitaires des changements climatiques. En effet, 54% d’entre eux s’estiment mal informés sur le sujet malgré la multiplication des alertes sur les questions liées au climat.

Après la canicule de 2003 et les différents plans canicules déclenchés au cours des dernières années, 83% des Français se sentent capables de réagir à ce type de  situation. Ce qui est beaucoup moins le cas pour d’autres types de catastrophes naturelles : à peine plus de la moitié des sondés (53%) estiment qu’ils sauraient quoi faire en cas d’inondation ou de tempête, alors que ce type d’événements se produit en France. Dans le cas d’une épidémie de maladie pas ou peu présente en France aujourd’hui, ils ne sont plus que 34% à estimer savoir comment réagir, témoignant de la nécessité d’une plus grande information en matière de prévention et de gestion des risques. À cela s’ajoute le fait que les Français indiquent certaines lacunes concernant les gestes de premiers secours : 29% déclarent ne pas les connaître du tout, alors que 35% d’entre eux affirment les connaître tout en ne se sentant pas capables de les appliquer.

Si les Français font avant tout confiance aux professionnels de santé (à 82%) et aux associations et ONG (à 76%) pour trouver des solutions pour s’adapter aux conséquences des changements climatiques, bon nombre d’acteurs institutionnels sont perçus comme peu enclins à émettre des solutions efficaces. En effet l’indice de confiance tombe à 52% s’agissant de l’ONU, à 37% pour l’Union Européenne et à 32% pour les pays membres du G20 : un constat qui témoigne d’une importante mise en doute de ces acteurs dans leur capacité à trouver des solutions collectives aux enjeux d’intérêt général. Mais ce sont les États (34% de confiance exprimée) et les entreprises (32%) qui inspirent le moins la confiance dans leur capacité à mettre en place des solutions efficaces pour les individus.
Cette défiance envers les États est d’ailleurs renforcée par le fait qu’une large majorité des répondants (73%) estime que les États signataires de l’Accord de Paris en 2015 ne réussiront pas à mettre en œuvre les mesures nécessaires au respect de leurs engagements (maintenir le réchauffement climatique sous la barre des +2°C à l’horizon 2100).

Formation et entraide : des solutions pour mieux affronter les risques

Selon les sondés, l’enjeu premier pour envisager l’avenir réside dans la préparation des citoyens à réagir aux effets des changements climatiques sur la santé. Cela passe avant tout par le renforcement des dispositifs de secours aux personnes en cas de catastrophe, afin de parer à l’urgence et au danger des situations (57%) suivi par le volet formation aux risques sanitaires des changements climatiques (55%) et le renforcement des personnes les plus vulnérables (49%). La question de la formation aux premiers secours revient ici en 4ème position (39% des répondants).

Les associations, identifiées en deuxième position des acteurs capables de répondre et faire face aux conséquences du dérèglement climatique sur la santé, bénéficient d’un certain relais auprès de la population. Ainsi 67% des sondés déclarent qu’ils pourraient s’engager auprès d’une association dont la vocation est de trouver des solutions à ces problématiques et de venir en aide aux plus vulnérables.

« Les liens entre santé et changements climatiques sont encore trop peu abordés, or les personnes les plus vulnérables en sont les premières victimes. Nous devons donner aux individus les moyens de faire face collectivement à ces conséquences : par la prévention, par la formation, par le renforcement des dispositifs d’alerte et de secours et par la coopération entre tous les acteurs concernés. Les initiatives se multiplient, il faut les financer et les développer à grande échelle : le plus grave est devant nous et tous les pays sont touchés. Notre rôle est d’alerter mais surtout de construire des solutions concrètes. C’est ce que nous ferons à Cannes les 15 et 16 avril prochain à l’occasion de la première « COP humanitaire » que nous organisons » commente le Pr. Jean-Jacques Eledjam, Président de la Croix-Rouge française ».

« Le réchauffement climatique et ses effets avérés sur la santé sont un véritable problème de santé publique, comme en témoigne l’inquiétude des Français révélée dans cette étude. C’est pour cette raison qu’il était important pour le Groupe Aésio de s’associer avec une institution incontournable comme la Croix-Rouge française. En tant qu’acteur de la santé et de la prévention, il est de notre responsabilité d’intégrer ce risque dans nos dispositifs d’information et de sensibilisation à destination de nos adhérents » affirme Emmanuel Roux, Directeur général du Groupe Aésio.

Méthodologie de l’étude :

Cette enquête a été réalisée par Harris Interactive en ligne du 22 au 25 mars 2019, auprès d’un échantillon de 1 061 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e).

À propos de la Croix-Rouge française :

La Croix-Rouge française compte plus de 60 000 bénévoles et 17 500 salariés qui donnent de leur temps, apportent leurs compétences et leurs expertises tout au long de l’année.
Dans les grandes agglomérations, en zone rurale, dans les banlieues, partout en France, métropolitaine et dans tous les territoires ultra marins, mais aussi à l’international, des femmes et des hommes, spécialistes du secourisme, acteurs de la solidarité sociale et sanitaire ou simplement porteurs d’humanité, engagés dans la réalisation d’un puissant idéal, viennent en aide et accompagnent des millions de personnes.
En 2017, plus de 85 000 victimes ont été secourues et près de 130 000 citoyens ont été initiés ou formés aux gestes qui sauvent ; 1 200 000 ont été accueillies et accompagnées au titre de l’action sociale ; 3 690 000 personnes ont été aidées à l’international ; 25 000 étudiants ont bénéficié d’une formation sanitaire et sociale…
La Croix-Rouge française constitue aussi le premier opérateur associatif dans le champ sanitaire, social et médico-social et compte au plan national 563 établissements et services.

À propos du Groupe Aésio :

Le Groupe AÉSIO, leader en assurance de personnes, est né le 5 juillet 2016 du rapprochement d’Adréa mutuelle, Apréva mutuelle et Eovi Mcd mutuelle. Il s’agit de la première Union Mutualiste de Groupe (UMG), la forme la plus intégratrice et structurante d’union respectant les normes de Solvabilité 2.
Le Groupe AÉSIO et ses mutuelles sont animés par un projet commun : construire ensemble un modèle économique et sociétal durable, à travers une performance opérationnelle exigeante, mais surtout par le développement des marchés des grandes entreprises et du courtage et des branches professionnelles ainsi que la diversification des produits et services.

Les chiffres clés du groupe AESIO

  • Plus de 3 millions de personnes protégées
  • Plus de 40 000 entreprises adhérentes
  • Près de 360 agences sur tout le territoire
  • Plus de 3 700 collaborateurs
  • Près d’1,7 milliard € de chiffre d’affaires en santé
  • Près d’1,5 milliard € de fonds propres
  • Plus de 300% de marge solvabilité 2