Loi Grand Âge et Autonomie - Il faut changer l’image et la place des personnes âgées dans notre société

Publié le 28/10/2019

Aujourd’hui, 28 octobre 2019, Agnès Buzyn et Myriam El Khomri se rendent à Romainville, au sein de l’institut régional de formation sanitaire et sociale Ile-de-France de la Croix-Rouge française, pour rencontrer les équipes enseignantes et les étudiants, à la veille de la remise du rapport sur la « revalorisation des métiers du grand âge.
Le 24 septembre dernier, la Croix-Rouge française a en effet remis à Myriam El Khomri son plaidoyer pour les personnes âgées dans lequel l’association défend une « société de la longévité », appelant à une reconsidération de la personne fragile et à repenser les modes d’accompagnement des seniors selon une dynamique de parcours de vie.
Très investie dans la concertation grand âge et autonomie qui a abouti au rapport Libault en mars dernier, la Croix-Rouge française y présente quatorze propositions concrètes.

« Il faut considérer la personne fragile comme source de potentialité pour notre société : l’aider dans son parcours de vie, la valoriser dans une dynamique inclusive, s’assurer du respect de ses droits et libertés. En somme, accompagner plutôt que compenser, en donnant toute leur place aux métiers du grand âge et aux aidants qui agissent auprès des personnes fragilisées par leur vieillissement. » Jean-Christophe Combe, Directeur Général de la Croix-Rouge française.

Selon l’INSEE, en 2030 les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans en France, et les 85 ans et plus verront leur nombre exploser, passant de 1,8 million aujourd’hui à 2,6 millions. En 2050, ils seront 5,6 millions, dont 2 millions en perte d’autonomie.

Aujourd’hui, l’organisation de l’accompagnement de la perte d’autonomie liée au vieillissement s’articule autour de l’âge. Et en reprenant strictement la définition de la « dépendance », la personne âgée n’est plus reconnue dans ses droits, sa liberté et dans les modalités de structuration de son parcours de vie, limitant ainsi sa capacité d’agir et de penser.

C’est cette image et cette place des personnes âgées dans notre société que la Croix-Rouge française veut changer.

Depuis des décennies, la Croix-Rouge française accueille et accompagne des personnes dites « âgées » à travers son offre sur l’ensemble du territoire avec plus de 110 établissements d’accueil et d’aide et de soins à domicile. En plus de son offre globale, elle forme 12 % du personnel soignant en France, en formation initiale et formation continue. Par ailleurs, plus de 3 200 bénévoles de l’association sont engagés spécifiquement auprès des publics dits « âgés » au travers des 41 Haltes Répit-Détente Alzheimer. Enfin, près de 25 000 personnes de plus de 64 ans sont accueillies dans ses dispositifs d’aide alimentaire. Une légitimité qui pousse la Croix-Rouge française à apporter son regard et porter ses actions au cœur de l’évolution des politiques publiques, et ce, de manière durable.

Dans le plaidoyer qu’elle vient de remettre à Myriam El Kohmri, mais également à Marie-Anne Montchamp et Dominique Libault, en amont de la loi Grand Age et autonomie, la Croix-Rouge française livre son expertise avec quatorze propositions concrètes.

Elle y priorise un retour à la liberté et à la citoyenneté des personnes âgées, un statut qui malheureusement s’efface au fil de la vie des seniors provoquant un isolement social et un sentiment d’inutilité. C’est tout l’objet du projet COEUR (COmité d’Expression des Usagers en Région) Croix-Rouge dont l’ambition est de renforcer la place des personnes en situation de fragilité dans l’expression de leurs souhaits et de leurs attentes.

L’association se donne également comme priorité de passer d’une culture de la dépendance à celle de la capacité d’agir. Inclusion, participation, prévention, cohésion, personnalisation, décloisonnement, autonomie, autant de mots qui doivent guider et structurer l’accueil, l’accompagnement, la prise en soins des seniors, non plus sur leurs déficiences ou dépendances mais en fonction de leurs « capabilités » même pour ceux en perte d’autonomie.

Pour ce faire, il est indispensable de passer d’une logique de lits ou de chambres à une logique d’habitat en adaptant l’approche et la conception des architectures, des organisations, des rythmes pour que chaque personne se sente «chez elle »  mais aussi en soutenant notamment l’encadrement à domicile comme en établissement et en offrant une meilleure reconnaissance de la place des aidants. Il faut renforcer la formation, l’attractivité et l’accompagnement des professionnels des métiers du grand âge, notamment via la revalorisation salariale, la construction de parcours de carrière, le renforcement des perspectives d’évolution professionnelle grâce à l’activité de coordination pour les aides à domicile et les aides-soignants.

La Croix-Rouge française s’engage à accompagner ces changements de paradigme et c’est un défi qu’elle relève déjà, mais sur lesquels des efforts restent à faire, grâce notamment à la pleine implication des pouvoirs publics.

PJ : « Pour une société de la longévité » - Plaidoyer de la Croix-Rouge française pour les personnes âgées.