Leidiana : “Le travail social, c’est de la patience et beaucoup d’écoute”

Leidiana : “Le travail social, c’est de la patience et beaucoup d’écoute”
Publié le 08/07/2022

Elle travaille à Cayenne, de l’autre côté de l’Atlantique. Leidiana Goua accompagne des personnes dans un moment de vie souvent difficile : celui de la demande d’asile. De l’accès au logement à l’insertion professionnelle, Leidiana redouble de bienveillance pour faciliter leurs démarches. 


“Le travail social, c’est de la patience et beaucoup d’écoute”, confie Leidiana Goua, travailleuse sociale à Cayenne, en Guyane. Au quotidien, elle accompagne les personnes migrantes dans des hébergements d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA). “Elles restent trois mois à l’HUDA, une fois que l’asile est demandé. Ici, on apporte une aide et un suivi dans tout ce qui est administratif, insertion professionnelle, accès au logement. On oriente aussi vers du soutien psychologique ou des professionnels de santé”.


Pour aider celles et ceux qui recommencent tout dans un ailleurs, Leidiana doit faire du temps son allié, suspendue, avec les familles, aux rouages des procédures d’asile. Ce temps précieux est aussi celui qui lui permet d’entrer peu à peu dans l’intimité des femmes et des hommes qu’elle rencontre - parfois traumatisés par leur vécu, leur voyage. Comme Louis*, un jeune homme de 24 ans qu’elle a accompagné fin 2021.


“C'est un jeune haïtien. Son histoire est difficile et compliquée, raconte-t-elle. Dès l’âge de 14 ans, il a dû quitter sa famille, ses parents, car ils n’ont pas accepté son homosexualité et sa communauté non plus”. Louis a été agressé et violé avant d’arriver en Guyane, après une longue errance. “Il était vraiment détruit, se souvient Leidiana Goua. Il a fallu construire une relation de confiance avec lui”. Au fil des mois, la parole du jeune homme s’est libérée. Louis s’est confié à la travailleuse sociale, qui, de son côté, a tout mis en œuvre pour le soutenir au mieux dans ses démarches administratives, de logement, mais aussi professionnelles.


Avec l’HUDA, Louis a trouvé un appartement et un travail à Cayenne. Sa demande d’asile acceptée, le jeune homme a pu dire au revoir à l’HUDA, mais pas à Leidiana Goua, avec qui les liens tissés sont toujours bien là.

 

* Le prénom a été changé