Santé au Pakistan, l’état d’urgence continue

Femme au Pakistan
Publié le 04/05/2006

L’opération humanitaire lancée au Pakistan immédiatement après le séisme du 8 octobre 2005 est l'une des plus complexes jamais mise en place par la communauté internationale, à cause du nombre très élevé de victimes, mais aussi des difficultés d’accès aux zones sinistrées et des conditions climatiques. Après plusieurs mois de présence dans le pays, la Croix-Rouge française s’est engagée dans un vaste programme de santé publique dirigé essentiellement vers les femmes et les enfants.

Le point avec Bernard Simon, médecin coordinateur et responsable du programme santé à la Croix-Rouge.

L’opération d’urgence a été prolongée de six mois, à la demande du ministère de la Santé pakistanais, afin d’élargir l’aide à quelques 35 000 personnes supplémentaires. A l’échelle de la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, 158 000 personnes ont reçu des soins de la part des équipes médicales mobiles et dans les hôpitaux de campagne. Un programme auquel participe activement la Croix-Rouge française.


Son unité de soins primaires, installée à Battagram (province de la frontière nord-ouest), traite en moyenne 200 blessés par jour. Six équipes médicales se sont déjà relayées depuis le 14 octobre dans cette région considérée comme l’une des plus pauvres du pays et où la situation sanitaire reste précaire. L’hôpital de Battagram ayant été entièrement détruit, les soins sont prodigués dans des préfabriqués ou des tentes installées sur le site même de l’ancien établissement. Ces installations sont divisées en deux parties, l’une servant à l’enregistrement des patients, la seconde aux consultations ; les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. L’équipe prend en charge des pathologies courantes ; des rhumes, des infections respiratoires ou des bronchites, liées au froid ; la gale et l’impétigo, dus au manque d’hygiène, ou encore des problèmes gynécologiques et des diarrhées infantiles. Parallèlement, deux cliniques mobiles effectuent chaque jour des rotations dans les villages alentours, dans le but de se rapprocher des populations isolées.


Le ministère de la Santé a recommandé à la Croix-Rouge française d’orienter dorénavant sa mission vers les mères et les enfants. Une équipe médicale féminine est actuellement formée, condition indispensable pour approcher les femmes pakistanaises qui ont rarement accès aux soins. Avant le séisme, la ville de Battagram ne comptait qu’un gynécologue, un pédiatre, douze médecins dont une seule femme, et certains d’entre eux ont disparu. En réalité, il faudrait revoir tout le système médical, pratiquement inexistant dans la région.