La Croix-Rouge agit en zone d'attente

Publié le 09/02/2005

La Croix-Rouge française précise les conditions de son action en zone d’attente

Zapi

Dans le cadre de la commercialisation de son livre « Bienvenue en France », Anne de Loisy a effectué un certain nombre de déclarations qui amènent la Croix-Rouge française (CRF), présente en zone d’attente depuis octobre 2003, à réagir.

 

Cette affaire commence par une tromperie : embauchée par la CRF pour contribuer à améliorer les conditions de vie des personnes non admises séjournant en zone d’attente, Anne de Loisy a utilisé un emploi rémunéré pour effectuer un travail d’investigation. Si sa préoccupation avait été la protection des non admis, elle aurait pu ou dû interpeller immédiatement la direction de l’Institution. Tel n’a pas été le cas. Elle a préféré se lancer dans la rédaction d’un ouvrage publié dix mois après la fin de son contrat de travail. Ses motivations sont elles réellement humanitaires ?

 

Ce livre a le mérite d’appeler l’attention de l’opinion publique sur le fonctionnement de la zone d’attente. Le quotidien n’y est évidemment ni facile ni agréable. Le retour contraint dans un pays d’origine, quitté dans des conditions toujours dramatiques, rime nécessairement avec échec et vie brisée. La zone d’attente est lieu de souffrances et de difficultés.

 

C’est ce qui justifie la présence de la CRF. A la demande des pouvoirs publics, sa mission est de porter assistance à des personnes en situation de détresse, dans le cadre fixé par le droit. Elle apporte un soutien humanitaire aux personnes, une autre association (ANAFE) s’occupant de les conseiller sur leurs droits.

 

Les volontaires de la CRF effectuent leur mission avec professionnalisme, sang froid, objectivité et rigueur ; des points hebdomadaires avec les agents de la Police aux Frontières leur permettent de signaler tous dérapages directement constatés ou recueillis par témoignage. Un premier rapport annuel a été transmis au Ministère de l’Intérieur en février 2004.

 

Depuis avril 2004 (fin du contrat d’Anne de Loisy), la présence de la CRF a entraîné des aménagements substantiels visant au respect de la dignité des non admis : suppression des réveils nocturnes par haut-parleurs, améliorations considérables des conditions d’accueil et d’hygiène…

 

L’Institution ne nie pas la difficulté de sa tâche, et conformément à la convention triennale qui la lie au Ministère de l’Intérieur, prépare son bilan annuel qui permettra de proposer des mesures destinées à faire progresser encore les conditions de vie des non admis.

 

La Croix-Rouge française n’entend pas fuir ses responsabilités mais bien poursuivre son action humanitaire en zone d’attente, convaincue que son engagement n’a d’impact significatif que dans la durée.