1922-1940 : la Croix-Rouge de la Jeunesse, un partenaire pédagogique

1922-1940 : la Croix-Rouge de la Jeunesse, un partenaire pédagogique
Publié le 23/11/2012

Dès l’origine, la CRJ s’appuie sur les enseignants pour développer ces programmes d’apprentissage de l’hygiène et de la solidarité. Instituteurs et professeurs, conscients de la valeur pédagogique des projets que propose la Croix-Rouge aux enfants, la soutiennent.

A l’école

Elle s’appuie aussi sur les coopératives scolaires, nées  en 1919, qui font appel à la coopération des enfants. Leur but premier est le développement de la pratique de l’hygiène. En pratiquant ces méthodes actives, elles font une part de plus en plus grande à l’éducation et à l’entraide sociales. Les établissements d’enseignement secondaire sont très vite approchés. A Paris, les lycées Fénelon et Lamartine s’engagent dans le programme. Pour la directrice du lycée Fénelon, Melle Caron : « les élèves des lycées et collèges de France, gagnés de longue date à l’idée d’entraide, apparaissent prêts à renoncer à leur travail isolé et à agir de concert avec ces amis inconnus de la Croix-Rouge de la Jeunesse qui se tendent la main à travers le monde entier. » En 1930, les évènements organisés par ce lycée permettent de financer des actions de PMI à hauteur de  35 548 fr. De même, à Saint Germain en Laye, le lycée de jeunes filles, les écoles communales et  la Maison d’Education de la Légion d’Honneur des Loges apportent leur concours par la récupération et le don de vêtements.

En novembre 1935, une circulaire du Ministère de l’éducation attire l’attention du corps enseignant sur l’intérêt de la correspondance inter-scolaire, et demande d’intégrer cette activité dans la partie du programme officiel consacrée aux « loisirs dirigés ».

Comme une logique de transition, on considère les élèves des écoles normales comme des Juniors, qui appliquent notamment le programme de correspondance inter-scolaires. A Bordeaux en 1925, 248 élèves de l’Ecole normale d’institutrices et de l’Ecole supérieure de jeunes filles sont membres de la CRJ. 

La revue Jeunesse

Pour appuyer les enseignants et  maintenir un lien entre tous ses adhérents, la CRJ publie à partir d’avril 1925 la revue Jeunesse et s’attache des personnalités de la presse enfantine.

Jusqu’en 1928, la rédaction est confiée à Jean Nohain, alias Jaboune, les illustrations sont l’œuvre de JP Pinchon, père de Bécassine, Marie-Madeleine Franc-Nohain, ou encore Jacqueline Duché. Madeleine Saint René Taillandier, présidente de l’UFF et également de la section de la CRJ, rédige sous le pseudo de Tante Mad.

On peut y lire les portraits de grands hommes, y découvrir les traditions et l’action des CRJ d’autres pays. Et chaque mois, les faits d’arme des groupes français sont relatés comme autant d’exemple à suivre. Très vite, les juniors de moins de 16 ans sont mis à contribution, par la publication d’histoires et de dessins.

Au-delà des conseils d’hygiène, des récits enfantins et moralisants, d’histoires d’animaux et de contes d’ailleurs qui leur sont proposés, les enfants sont mis au contact de réalités plus dures. Le journal publie à leur attention des appels à leur générosités, les mêmes que l’on expose aux adultes, du signalement d’un orphelin qui a besoin d’aide.

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Brochure, 1940

Le monde leur est présentée sans fard pour faire appel à leur sollicitude : cette petite fille de 4 ans dont la maman malade ne peut plus s’occuper, ces 80 000 familles privées d’abri et manquant de tout suite à un séisme en Grèce en 1928, jusqu’au récit de la crise économique des années 1930 pour laquelle ont requiert leur contribution, les juniors sont mis face à la réalité pour, pense-t-on, les rendre plus responsables. Autre temps, autre rapport à l’enfance.

La revue publie son dernier numéro 1940. Elle reprenait, quelques mois plus tôt, un extrait du rapport de la Ligue des Sociétés nationales de la Croix-Rouge à la 16ème Conférence internationale à Londres : « Pour la Croix-Rouge, la correspondance interscolaire internationale témoigne de la communauté d’idéal qui anime les jeunes, à quelques pays qu’ils appartiennent. Les maitres y voient un moyen de donner à leurs élèves une idée vivante des pays étrangers et d’éveiller en eux des sentiments de bienveillance à l’égard des autres peuples ».