Trois mois après Irma

Publié le 05/12/2017

Après une phase d’urgence et d’accompagnement de la population qui aura duré huit semaines, il s’agit désormais de se projeter vers la reconstruction de Saint-Martin, fortement impacté par l’ouragan Irma.


Les actions de post-urgence mises en place fin octobre -début novembre, découlent d’un travail d’évaluation minutieux réalisé à différentes étapes de la phase d’urgence, qui a permis de cibler les besoins prioritaires. Les personnes âgées isolées et dépendantes ont fait l’objet d’une attention particulière, de même que les populations les plus précaires. Il faut, par ailleurs, appuyer et renforcer les délégations territoriales des Antilles, elles-mêmes impactées par les ouragans. En effet, ces événements ont révélé un certain nombre de vulnérabilités préexistantes et mis en exergue la nécessité de développer nos dispositifs de prévention, de préparation  et de gestion des crises dans cette région particulièrement exposée.    


1. Nos actions à Saint-Martin :

  • Le projet Ecureuil consiste à distribuer des coupons d’achat à 2 000 ménages particulièrement vulnérables (via une commission d’attribution pilotée par la Croix-Rouge française) pour assurer leur approvisionnement en produits de première nécessité et stimuler, par la même occasion, le commerce de proximité sur l’île.
  • Le projet Castor permet de fournir des matériaux de base à 500 ménages (via la même commission d’attribution) afin qu’ils puissent reconstruire leur habitat impacté par l’ouragan Irma par leurs propres moyens. Ce projet intègre également une sensibilisation aux techniques de réhabilitation.
  • Le projet WASH (eau, hygiène et assainissement), mis en œuvre durant la crise, se poursuivra jusqu’à un retour à la normale du réseau d’eau. Les douze réservoirs installés à Saint-Martin restent en service, tandis que des systèmes de collecte d’eau de pluie, des citernes de stockage ou la remise en état de la plomberie sont proposés dans certains quartiers défavorisés.
  • Une mission de lutte anti-vectorielle (destinée à prévenir les risques d’épidémie par le moustique notamment) est menée depuis début novembre par des jeunes de Saint-Martin engagés en Service civique, au côté de l’Agence régionale de santé (ARS).
  • Un outil de sensibilisation aux risques majeurs est envisagé à destination des enfants de Saint-Martin (et Saint-Barthélemy) dans le cadre des formations de prévention et de réduction des risques proposées par la Croix-Rouge française. Ce programme pourrait par la suite être étendu à l’ensemble de la zone Antilles.
  • Le pré-positionnement de stocks sur Saint-Martin s’avère pertinent, pour limiter les contraintes d’acheminement de matériel sur l’île en cas d’urgence. 

2. Renforcer notre présence sur le territoire

Mobilisée durant la crise auprès des renforts nationaux, la délégation territoriale de Saint-Martin a tenu à reprendre rapidement ses activités traditionnelles, dans la mesure du possible, telles que l’aide alimentaire. Côté établissements, le Bus Santé pour Tous et l’équipe mobile d’intervention sociale ont repris leurs maraudes et tournées sur l’île dès le 20 octobre.

   
 
 

Lors de son déplacement à Saint-Martin, en novembre dernier, le président Eledjam a signé une convention de partenariat avec l’association Les Liaisons Dangereuses pour renforcer les activités médicales. Les dispositifs sociaux, médico-sociaux et sanitaires étaient déjà insuffisants sur Saint-Martin, avant le passage d’Irma. Les programmes de reconstruction doivent donc prendre en considération ces besoins spécifiques. C’est ainsi, par exemple, qu’un Centre d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) mobile va être expérimenté courant décembre, afin de prendre en charge les personnes souffrant d’addiction, avec le soutien de l’ARS.

   
 
 

Et puis, pour relancer et structurer davantage les activités de la délégation territoriale, le Professeur Jean-Jacques Eledjam a annoncé l’ouverture prochaine d’une Maison Croix-Rouge. Elle rassemblera sur un même lieu bénévoles et salariés, à travers ses activités sociales, médico-sociales, de secourisme et logistiques (Plateforme d’intervention régionale pour la zone Amérique-Caraïbes –PIRAC).

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Maison Croix-rouge à Saint-Martin. (Photo Florianne Amblard)