Au Parc des expositions du Mans, la vaccination accélère

Au Parc des expositions du Mans, la vaccination accélère
Publié le 12/05/2021

Depuis le 20 avril 2021, un centre de vaccination de très grande capacité a ouvert ses portes dans la Rotonde, une salle de 5 000 m² dans le Parc des expositions du Mans (72). Porté par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Sarthe, associant différents acteurs, dont les volontaires de la Croix-Rouge française, positionnés sur des missions stratégiques. Tout est fait pour que les citoyens franchissent cette étape dans les meilleures conditions possibles.

« Avant d’entrer, il faut d’abord passer le filtrage extérieur : la prise de température, explique Philippe Renaud, directeur des opérations de la Croix-Rouge française sur le centre de vaccination du Mans. Si la personne a 38° C, elle n’est pas autorisée à entrer : nous devons être extrêmement prudents. » Ce vendredi matin du mois de mai, Joëlle franchit sans problème cette première étape. Horticultrice, donatrice à la Croix-Rouge française depuis de longues années, cette cinquantenaire dynamique est éligible à la vaccination depuis quelques jours. « J’ai la chance de pouvoir me faire vacciner alors j’ai tâché de mettre mes petites appréhensions de côté », confie-t-elle. Comme beaucoup, elle n’aime pas les piqûres. Au secrétariat du premier accueil, on vérifie qu’elle a bien rendez-vous, que tout est en règle sur le plan administratif avant de l’orienter vers l’espace où elle doit remplir un questionnaire détaillé afin de vérifier son éligibilité à la vaccination sur le plan médical. Le parcours est parfaitement orchestré, chaque étape clairement identifiée et animée par un professionnel dédié. De la préparation des doses de sérum à la sortie des patients, en passant par l’enregistrement, l’injection ou la surveillance post-vaccination, 95 personnes sont mobilisées sur le dispositif. 

Un parcours parfaitement organisé

Après une période de « rodage » à 1 000 puis 2 000 vaccinations quotidiennes, le centre accueillait début mai jusqu’à 2 800 personnes. « Comme partout, nous nous adaptons au nombre de doses reçues mais l’accélération de la campagne est palpable », confirme Philippe Renaud. L’organisation doit donc être parfaite. Pour Joëlle, l’heure est venue de se rendre dans un box pour la vaccination. Pour l’anecdote, si les cabines sont numérotées de 1 à 25, on en compte en fait 24 : le box 13 n’existe pas ! « Personne n’a envie d’aller se faire vacciner dans le box numéro 13, alors autant s’en passer ! », plaisante le directeur des opérations. Joëlle reçoit donc sa première injection. « Je n’ai presque rien senti », dit-elle, soulagée. Direction le secrétariat de sortie pour récupérer l’attestation de vaccination et confirmer son rendez-vous pour la deuxième injection. Elle s’installe enfin dans la salle de surveillance, où il faut patienter 15 minutes pour s’assurer que tout va bien avant de partir. « Je suis contente d’être vaccinée car, même si j’avais des réserves au départ. C’est la seule option pour que l’on puisse sortir de cette crise. Il faut désormais que tout le monde ait la possibilité de se faire vacciner, y compris dans les pays en développement, mais ça, malheureusement, ce n’est pas encore gagné… » soupire-t-elle.

Une mission sur-mesure 

Agents d’accueil, pompiers, médecins, infirmières, volontaires de la Croix-Rouge française… Tout au long de son parcours, Joëlle a croisé des personnes efficaces et professionnelles, spécialement formées pour que cette vaccination soit une réussite. « Afin de renforcer nos effectifs en cette période cruciale, la délégation de la Croix-Rouge française de la Sarthe a recruté 27 salariés dans le cadre d’un partenariat réussi avec Pole emploi, souligne Philippe Renaud. C’était important pour nous de renforcer nos effectifs de bénévoles (encadrés par Francette Landelle, directrice territoriale de l’urgence et du secourisme), tout en proposant un emploi à des personnes en difficulté. Celles-ci ont le sentiment de participer à une aventure humaine riche de sens, ainsi qu’à l’effort collectif dans le but de retrouver une vie normale. » Au centre de vaccination du Mans, cette motivation des équipes est saluée par tous. D’ailleurs, les petits mots inscrits dans le livre d’or en témoignent. 

Témoignage

« Je suis assistante sociale et travaille principalement avec des publics en arrêt maladie, atteints de pathologies diverses. Me faire vacciner était donc une étape indispensable. Tout s’est très bien passé et, même si cela ne va pas radicalement changer mon quotidien, au fond de moi, ça symbolise l’espoir d’une vie plus libre, de nouveaux projets, des voyages ! » Alice, personne vaccinée au centre du Mans

« J’ai été embauchée par la Croix-Rouge à la fin du mois d’avril pour occuper un poste de téléopératrice au centre d’appel. Concrètement, je réponds au téléphone et m’occupe de donner des rendez-vous de vaccination aux personnes qui ne peuvent pas passer par Internet pour le faire. Avec tout ce qui se passe, c’est important pour moi de pouvoir contribuer à cette mission de service public. A mon échelle, je tâche de renseigner ceux qui nous contactent, de les informer, d’être à leur écoute, de les rassurer si besoin. Je travaillais dans le commerce et l’année 2020 a été compliquée : cette mission pour la Croix-Rouge intervient au bon moment et mon goût pour le relationnel, pour l’échange, trouve ici toute son utilité. » Nawal El Attar, en poste au centre d’appel du centre de vaccination du Mans

« Les personnes qui appellent sont heureuses de nous parler, d’avoir quelqu’un au bout du fil, qui peut leur donner des réponses. Les consignes changent très rapidement et certaines d’entre elles ne sont pas à l’aise avec l’outil Internet : il est donc important de proposer une alternative à la prise de rendez-vous sur Doctolib. D’ailleurs, beaucoup nous remercient. Pour moi, c’est une fierté d’être un maillon de la chaîne de la campagne de vaccination. C’est la seule solution pour que l’on puisse sortir de cette pandémie. » Jennifer Huveline, en poste au centre d’appel du centre de vaccination du Mans

Anne-Lucie Acar