Confinés et solidaires Confinés et solidaires

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Confinés et solidaires : des cours TRES particuliers

Publié le 27/03/2020

Entraide-petit

 

Le confinement accentue les inégalités face à l’éducation. Si certains élèves sont aidés et accompagnés par leurs parents dans leurs devoirs et leurs révisions, d’autres seront livrés à eux-mêmes. Avec le confinement, les assistants scolaires ne se déplacent plus, ce qui rend la scolarité de certains élèves en difficulté encore plus complexe

La plupart des établissements scolaires ont déployé un enseignement à distance qui repose sur des outils numériques.

Les actions possibles sont donc multiples :

  • Aide à la connexion aux interfaces numériques pour les familles qui n’ont pas le matériel adapté
  • Aide à la communication avec les enseignants, avec l’accord préalable des parents
  • Aide à la compréhension des instructions données par le professeur à distance, 
  • Aide aux devoirs, 
  • Aide à l’apprentissage des cours et des leçons par des devoirs supplémentaires, de préférence ludique,
  • Aide à la préparation de cours et d’examens,
  • Aide au maintien d’un rythme sur la journée.

Vous pouvez décider de mettre à profit vos connaissance et vos capacités pour aider les enfants et adolescents du primaire et du secondaire à progresser dans leur apprentissage, travailler en amont d’un contrôle, ou à réviser leurs examens (brevet, baccalauréat).


Pré-requis

Commencez par vous demander pour quel niveau scolaire et pour quelles matières vous feriez un bon répétiteur : 

  • CP ? CE1 ? CE2 ? 6e, 3e, Terminale… ?
  • Savoirs de base ? Mathématiques ? Français ? Histoire ? Géographie ? Langues étrangères ? SVT ?

Déterminez ensuite à quels créneaux horaires vous seriez le plus disponible pour :

  • Faire des recherches sur la matière ou la leçon à répéter
  • Echanger avec votre disciple autour de la leçon en question par téléphone ou internet
  • Proposer des devoirs ou des répétitions, et les corriger ensemble par téléphone ou internet

Déterminez enfin à quelle cadence vous souhaitez être mobilisé, et posez clairement des limites : peut-être ne pourrez-vous pas suivre plus d’un élève, ou plus d’un niveau. Et peut-être ne souhaiterez-vous y consacrer que 3 ou 4 heures par semaine. 


Mise en pratique 

Identifier votre/vos élève(s) : 

Comment pouvez-vous identifier les élèves qui auraient besoin de votre aide ?

  • N’hésitez pas à scotcher un mot dans le hall de votre immeuble ou dans l’ascenseur donnant votre disponibilité de l’aide aux devoirs et à l’apprentissage scolaire. Précisez les niveaux scolaires et les matières où vous pouvez aider.
  • La même annonce peut être passée sur les groupes Facebook de voisinage ou de quartier, mais aussi via les associations de parents d’élèves de la ville (FCPE, PEEP, associations indépendantes), ainsi qu’en vous adressant aux directeurs d’école ou aux proviseurs de collèges et de lycées.

Une fois le ou les élèves identifiés, nous vous recommandons d’agir en 2 phases en introduction :

  1. Un premier entretien par téléphone ou en visio-conférence (téléphonique ou ordinateur) avec les parents pour comprendre où en est l’élève et surtout, jusqu’à quel point ses parents peuvent l’aider ;
  2. Un deuxième entretien avec l’élève pour faire connaissance, parler de lui, parler de vous, et parler de la matière et des leçons qui vont vous lier pendant quelques jours. Votre rôle ici est de comprendre la nature de la relation que l’élève a avec la matière que vous l’aiderez à réviser.

Vous pourrez faire part de vos convictions quant à l’utilité de cette matière pour la suite du parcours du jeune. Vous vous astreindrez au non-jugement et à vous donner des objectifs de progression par rapport au niveau initial du jeune plutôt que par rapport à un standard académique idéal. 

Votre rôle sera avant tout de donner envie d’apprendre et de transmettre le sens à comprendre et s’approprier les leçons.

Votre posture de tuteur et votre mission

En tant que tuteur, ou « répétiteur », vous devez respecter une certaine posture vis-à-vis de l’élève que vous aiderez. Cette posture part de quelques actions simples :

Identifier les besoins pratiques 

Cela peut être :

  • consulter la plateforme éducative à la place de l'élève et lui imprimer (en s’étant lavé les mains avant de toucher le papier) les documents si c'est trop difficile à lire sur un petit écran ; 
  • Accepter de charger le travail à sa place sur cette plateforme s'il n'a pas de connexion (il prend son travail en photo, l'envoie par MMS ou par une application type WhatsApp au tuteur qui le rebascule sur Internet). Si l'élève n'a pas d'accès du tout à Internet et qu'il est en primaire ou collège, il peut être judicieux d'imaginer des petits exercices pour compenser. 
  • Au plan pratique, ça peut aussi soulager des familles nombreuses ou dont les parents maîtrisent mal la langue française et/ou les attentes de la scolarité de proposer d'être le correspondant avec les enseignants de l’enfant suivi : trier et répondre aux mails de l'école, voire échanger par téléphone avec un enseignant. 

Rassurer par un contact régulier des enfants qui ne savent pas faire seul

  • Être en appoint en cas d'incompréhension d'une leçon ou d'un exercice
  • Apprendre et réviser : se faire expliquer par l’enfant ce qu’il a appris sur le ton de la conversation, lui poser des questions pour ajuster, avant éventuellement de reprendre (ou de chercher ensemble). En aucun cas vous ne ferez « réciter la leçon » !
  • Pour les élèves qui préparent le Bac, « passer commande » de fiches thématiques de synthèse sur les matières que vous maîtrisez, ou de mini-exposés (y compris en langue étrangère) pour aider le jeune à apprendre seul, et se préparer à l’éventualité d’épreuves orales. 
  • Trouver des solutions alternatives si l’élève n’a pas d'accès aux cours ou aux ressources en ligne. Cette situation peut créer de la panique, notamment pour les lycéens. On peut aider à faire autrement, avec des manuels scolaires ou d’autres types de ressources à chercher ensemble. 
  • Être un premier regard de correction avant l'envoi à l’enseignant, ou reprendre un devoir corrigé par l’enseignant qui nécessite des explications : il faut avoir en tête qu’un enseignant ne pourra pas nécessairement prendre le temps d’un retour individuel à chaque élève s’il en a 150 à suivre à distance.
  • Être une oreille : les épreuves du bac contiendront beaucoup d’oral, peut-être plus qu’en temps normal au vu de la situation. On peut proposer au jeune de préparer des mini-exposés sur un sujet pour tenir 10 min à l'oral (y compris en langue étrangère).

Être psychologue :

  • Le tuteur bénévole a appris la même chose que l’enfant bien autrement il y a 20 ans ou plus, il doit faire l'effort de s'adapter à la terminologie et à la démarche que connaît le jeune. Il ne doit pas mettre en question ces démarches, au risque de perturber bien plus que d’aider. Cela supposera dans certains cas un temps d’adaptation, de la démarche de résolution de problème avec les outils correspondant au programme, à la maîtrise de notions qui ont pu changer avec le temps.
  • Beaucoup d'enfants veulent d'abord obtenir le bon résultat. Il ne faut pas céder à leur impatience et surtout il ne faut pas faire à leur place. L’important reste de favoriser l’autonomie.

Compléter au regard de la situation observée

  • En niveau primaire, proposer une petite session de calcul mental par téléphone, se faire lire une histoire par l'enfant, lire des scènes de théâtre ensemble, lui faire prononcer quelques petites phrases en anglais… 
  • Dans le secondaire, recommander des films, des documentaires à regarder en lien avec le thème du moment et en parler ensemble après
  • Si l’élève est en voie de décrochage, il ne faut pas trop lui en demander. Beaucoup sont d’ores et déjà complètement décalés (nuits blanches et sommeil jusque dans l’après-midi) : l'objectif peut être qu'il pense à l'école 30 min dans la journée avec un rendu. Un rendez-vous téléphonique ensemble permettra de redonner un semblant de rythme à sa journée, et c’est déjà beaucoup.

Exemple d’un déroulé de soutien scolaire

 Vous pourrez organiser la répétition de la matière et des leçons avec l’élève en 3 phases :

  1. En Jour 1 : organiser un appel téléphonique ou vidéo à un disciple un après-midi pour répéter une leçon ou une matière (suivi éventuellement de devoirs à faire, d’un film à regarder, d’une fiche à rédiger, etc) 
  2. En jour 2 : réceptionner le travail en début d’après-midi, par mail ou par transmission d’un cahier
  3. En jour 2 : conclure par appel téléphonique ou un appel vidéo pour corriger ensemble et expliquer votre correction en donnant vos conseils et vos appréciations, et amorcer la leçon suivante, qui fera l’objet d’un appel téléphonique ou vidéo dédié ensuite.

Ressources disponibles :

Des cours pour tous les niveaux !

Pour s’organiser :

Apprendre autrement à la télévision, France 4 propose une programmation quotidienne avec des cours pour tous les niveaux :

  • Niveau primaire : lecture et mathématiques à 9h
  • Niveau collège : Français et mathématiques à 14h
  • Niveau lycée : cours à 15h

Apprendre autrement sur Youtube :


 Attention !

Précautions sur les documents transmis de la main à la main :

  • S’il n’est pas possible de se passer d’une transmission papier ou cahier :
    • Vous demanderez à l’élève de se laver soigneusement les mains avant de travailler à son cahier ou à des documents qu’il devra vous remettre. Il se lavera également soigneusement les mains avant de venir vous le remettre sur le pas de porte, en respectant une distance de 1m minimum.
    • Vous vous laverez également soigneusement les mains avant de prendre les documents, puis avant de les rendre.
  • De manière générale, nous vous conseillons d’éviter de vous transmettre tout document et tout objet. Si cela est possible, demandez à l’élève de prendre en photo les devoirs faits et de vous les envoyer par e-mail ou par une application de conversation comme WhatsApp. Vous corrigerez sur cette base plutôt que sur papier
gestes barrières

DUREE / CADENCE

Selon vos disponibilités, tous les jours ou bien 2 à 3 jours par semaine.

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