Déplacement de Jean-Christophe Combe au Liban

Déplacement de Jean-Christophe Combe au Liban
Publié le 08/09/2020

Mardi 1er septembre, le directeur général de la Croix-Rouge française, Jean-Christophe Combe, s’est rendu à Beyrouth avec une délégation officielle emmenée par le Président de la République, Emmanuel Macron. Déplacement destiné à soutenir et remercier les équipes de la Croix-Rouge française et libanaise, extrêmement mobilisées depuis les deux explosions survenues en août dernier dans la capitale Libanaise. Au cours de sa visite, Jean-Christophe Combe a pu valoriser les liens de coopération très forts avec le Liban, ainsi que la solidarité exemplaire du Mouvement Croix-Rouge et Croissant-Rouge tout au long de cette crise. Interview.


Comment décririez-vous la situation humanitaire à Beyrouth ?

Je garde en tête les images d’une ville dévastée et d’une population encore profondément choquée par cette catastrophe. J’ai pu échanger avec des personnes blessées lors de ma visite à l’hôpital public Rafik Hariri. Beaucoup ont tout perdu et se trouvent dans la plus grande détresse. Ces scènes et ces témoignages donnent tout leur sens à notre présence auprès de la Croix-Rouge libanaise et je tenais absolument à les remercier et à soutenir les volontaires pour leur mobilisation exceptionnelle, et ce, dès les premières minutes qui ont suivi l’explosion. La réponse à l’urgence a été immédiate et je suis fier du rôle joué par la Croix-Rouge française aux côtés de la Croix-Rouge libanaise, société sœur et amie de longue date. Cette coopération a sans aucun doute permis de sauver de nombreuses vies, sans compter l’incroyable entraide et la capacité de réaction qu’ont manifesté la population. 


Quels sont les besoins sur place et quelles actions sont ou vont être déployées par la Croix-Rouge française ?

Comme vous le savez, nous avons une délégation présente en permanence au Liban depuis 2013. En plus d’avoir immédiatement dépêché deux délégués supplémentaires, nous avons lancé un appel à dons qui a permis de financer une partie du matériel déployé sur place. Notre dernier envoi maritime vers Beyrouth transportait 21 tonnes de matériel d’urgence (lits de camps, générateurs, lampes, équipements de protection individuelle, matériel médical et sanitaire, etc.). Une aide qui vient s’ajouter aux précédents envois d’aide humanitaire puisque dès les 8 et 11 août, nous avons bénéficié du pont aérien et maritime mis en place par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour envoyer du matériel. Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à cet élan de générosité, que ce soit le grand public, nos partenaires - à l’instar du transporteur CMA CGM qui a mis à disposition un roulier pour le transport de matériel en provenance de Marseille (convention « conteneurs d’espoir ») - et, bien sûr, le gouvernement qui nous témoignent leur confiance en nous soutenant dans nos actions d’urgence.


Vous avez eu l’opportunité de rencontrer le Secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise. Quelle a été la teneur de vos échanges ?

Nos échanges ont principalement porté sur l’évaluation des besoins qui restent immenses. La Croix-Rouge libanaise a étendu son plan d’action sur 12 mois et nous allons continuer de la soutenir sur les volets santé et gestion des catastrophes. En plus des liens d’amitié qui unissent nos deux sociétés sœurs, je tiens à souligner la solidarité et la coopération au sein de notre Mouvement international lors des opérations de secours. J’ai eu l’occasion de le dire au bénévoles de la Croix-Rouge libanaise et aux membres des délégations locales du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge rencontrés au cours de ma visite : le Liban est et restera au cœur de notre stratégie internationale. Nos actions communes et notre coopération face à l’urgence illustrent toute la pertinence de notre stratégie Préparation et Réduction des Risques de catastrophes (PRRC) mise en œuvre en 2019. Etre formé aux gestes qui sauvent, intervenir dès les premières minutes qui suivent une catastrophe, prioriser les blessés pour leur prise en charge dans les hôpitaux… tous ces réflexes contribuent à sauver des vies.