Un premier centre de santé a ouvert à Pétion-Ville

première patiente un bébé de 3 jours
Publié le 20/01/2010

Côté médical, on est entrés dans la phase opérationnelle ce mercredi avec l’installation d’un premier dispensaire dans le quartier de Pétion-Ville, à Port-au-Prince. Capable d’accueillir 2 à 3 000 patients, ce centre de soins est géré par un médecin de la PIRAC (Plateforme d’intervention régionale pour la zone Amériques Caraïbes) de la Croix-Rouge française. Il est assisté de deux volontaires infirmiers de la Croix-Rouge haïtienne.

La petite Bernadette, 3 jours, a été la première patiente du "docteur Franck", comme on appelle ici le médecin généraliste bénévole, venu avec la Croix-Rouge française depuis la Guadeloupe. Le centre de santé à peine installé dans une école de religieux jouxtant la place Saint-Pierre dans le quartier de Pétion-Ville, que les patients commençaient à affluer… Pour cette première journée, la clinique Croix-Rouge française n’a ouvert qu’une heure trente. Après le transport et l’installation du matériel, il fallait absolument ouvrir pour accueillir les premiers patients ! En effet, cette clinique est le premier centre de soins ouvert à Pétion-Ville depuis le séisme.

Ainsi les premiers patients ont pu être examinés par Franck : "j’ai vu des enfants et des nourrissons, qui n’ont pas de pathologies graves et quelques personnes avec des plaies à désinfecter", rapporte Franck. Mais le cas d’une femme était préoccupant. "Elle a reçu une brique de béton sur le pied lors du séisme et a été mal soignée. Aujourd’hui son pied est dans un état déplorable, infecté et dévié…" Décision prise : évacuation immédiate à l’hôpital le plus proche ! "Ici nous assurons des soins de base et notre seconde mission est de diagnostiquer les cas plus graves et de les envoyer vers des structures médicales".

évacuation d'une femme vers un hôpital

Gladys, secouriste à la Croix-Rouge haïtienne locale, qui coordonne cette opération avec Franck, ajoute : "cette femme a été victime de pratiques terribles qui se répandent… Des personnes mal intentionnées se présentent comme médicaux et font des soins sans être compétents en soutirant de l’argent aux malades!" La présence d’une clinique comme celle de la Croix-Rouge française est donc capitale !

Une mécanique déjà bien huilée

La tente de la Croix-Rouge française se dresse fièrement dans la cour de l’école de garçons où plusieurs milliers de personnes sans abri se sont rassemblées. Le site est spacieux et ombragé et permet en toute sécurité, d’accueillir la population restée sans soins trop longtemps.

Franck Hunckler travaille avec une équipe de secouristes de la délégation locale de la Croix-Rouge haïtienne, et a organisé une équipe, qui, en une heure et demi de consultations a accueilli 14 patients. Deux jeunes secouristes sont aux portes de l’école pour réguler le flux des patients et les informer clairement sur ce qu’on fait au centre : ici on ne distribue ni eau ni nourriture, on est là pour accueillir des malades et faire des soins médicaux. Cela évite tout malentendu.

Une infirmière accueille ensuite les patients et établit les fiches de transmission pour le médecin. Comme dans une vraie salle d’attente, les gens sont tranquillement assis sur des bancs, mais en extérieur.
Appelée par le "docteur Franck", chaque personne est ensuite reçue sous la tente, pour une consultation privée, dans un espace fermé de bâches, pour plus d’intimité.

Des médicaments de base sont disponibles et sont gérés par un "pharmacien", étudiant en odontologie qui distribue les médicaments selon les prescriptions du médecin. Enfin, une autre infirmière s’occupe de panser les plaies et s’improvise aussi traductrice, entre le docteur et ses patients qui ne parlent pas français. Encore quelques petits détails logistiques à régler, mais la mécanique est déjà bien huilée pour cette clinique provisoire qui sera ouverte 8 heures par jour et sept jour sur sept.

Laetitia Martin, déléguée info