Hautmont 2 mois après la tornade

Les dégats de la tornade étaient importants
Publié le 21/10/2008

C’est dans la nuit du 3 au 4 août qu’une tornade a balayé le département du Nord, le long d’un axe Maubeuge-Neuf-Mesnil / Hautmont et Boussières-sur-Sambre. Environ 1 600 logements ont été endommagés, dont 290 totalement inhabitables, la plupart situés dans la petite ville de Hautmont, la plus sinistrée. En dépit d’un énorme élan de solidarité et de la mobilisation immédiate des secours, il faudra beaucoup de temps pour surmonter cette tragédie.

Les mobil-homes se fondent désormais dans le décor, adossés aux maisons endommagées. Ils sont arrivés progressivement à Hautmont, depuis le 19 août, tandis que les pelleteuses entamaient le travail de démolition. Une nouvelle épreuve psychologique pour les familles sinistrées. Des dizaines d’entre elles sont à présent installées dans ces petits chalets et ont pu ainsi aborder la rentrée des classes plus sereinement et retrouver un peu d’intimité.
Danièle Laurentin, ancienne assistante sociale et bénévole au sein de la direction de l’action sociale, s’est rendue sur place durant cette période de transition pour soutenir la délégation locale de la Croix-Rouge. "En dépit d’une solidarité extraordinaire, à la fois entre les habitants et entre les associations présentes, les personnes sinistrées se sentent très mal, a-t-elle constaté. Le traumatisme est profond et va mettre beaucoup de temps à s’évacuer car, après le choc, elles subissent le contrecoup. La population réalise ce qui s’est passé et tout ce qu’elle a perdu et cela se traduit souvent par un moment de dépression. Il va falloir lui apporter une attention psychologique importante et à long terme pour l’aider à surmonter complètement ce drame."
Les familles ont la possibilité de rencontrer des professionnels à la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), mise en place au lendemain de la catastrophe, mais aussi, de façon plus informelle, dans les locaux de la délégation locale de la Croix-Rouge française, ouverts sept jours sur sept depuis le passage de la tornade. Ils sont d’ailleurs nombreux à venir exprimer leurs inquiétudes ou des besoins matériels à la présidente locale, Claudine Flament, que tout le monde connaît ici. C’est elle qui coordonne les opérations sur le site avec le soutien continu de la délégation départementale du Nord. Durant la phase d’urgence, les directions nationales de l’urgence et du secourisme et de l’action sociale sont également venues lui prêter main-forte. Les volontaires ont par ailleurs reçu l’aide de nombreux bénévoles spontanés (près de 600 au lendemain de la catastrophe), des habitants de Hautmont pour la plupart. Encadrés par la Croix-Rouge, ils ont ainsi participé aux distributions de vivres et de matériel, aidé au relogement des familles, assuré la saisie informatique des 600 fiches d’évaluation "rupture d’habitat" qui recensent les dégâts et les besoins de chaque foyer.

Une aide essentielle : l’écoute

Plusieurs semaines après cette tragédie, la mission des bénévoles se concentre sur la distribution alimentaire et des dons en nature, arrivés en quantité phénoménale. Il faut gérer les demandes au cas par cas, avec beaucoup d’attention. "En effet, derrière un besoin matériel se cache souvent une détresse morale que la pudeur empêche d’exprimer clairement. Il s’agit donc de tendre l’oreille, de poser des questions discrètement, pour s’assurer que les personnes vont bien", explique Alain Chiapello, en charge du soutien psychologique à la Croix-Rouge française. Ce soutien vaut pour les volontaires, eux-mêmes éprouvés par cette catastrophe et par la durée de leur mission. Plusieurs séances de "débriefing psychologique" ont donc été organisées avec les bénévoles, d’une part pour leur permettre d’exprimer leurs difficultés personnelles et, d’autre part, pour leur inculquer ou rappeler quelques principes essentiels sur l’écoute. "C’est maintenant la véritable urgence : sortir du tapage médiatique et se retrouver", estime Alain Chiapello. "Des projets vont voir le jour dans les mois qui viennent, assure Claudine Flament, dans le but d’accompagner ces personnes vers le retour à une vie normale". La Croix-Rouge de Hautmont envisage notamment de mettre en place une distribution alimentaire pérenne pour les personnes les plus démunies ou encore d’organiser des vacances pour les enfants et leurs familles.

Géraldine Drot