« Vacciner les personnes fragiles et isolées est notre priorité »

Le président de la Croix-Rouge française le Professeu Jean-Jacques Eledjam
Publié le 02/04/2021

Mardi 6 avril, le vaccinodrome du Stade de France ouvrira ses portes dans un département sévèrement touché par l’épidémie de Covid-19. La Croix-Rouge française en sera l’opérateur médical, réaffirmant son engagement aux côtés des pouvoirs publics pour soutenir une vaccination massive de la population. Interview du Professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française.

Pourquoi et comment la Croix-Rouge française participe-t-elle à la campagne de vaccination ? 

En sa qualité d’auxiliaire des pouvoirs publics et compte tenu de son expertise et de son expérience, la Croix-Rouge française a été sollicitée dès la fin de l’année 2020 par le ministère de la Santé et des Solidarités pour apporter son appui à la campagne de vaccination. Grâce à notre expertise médicale, logistique et technique acquise dans la gestion des centres de vaccination de la grippe A/H1N1 et des centres de traitement Ebola notamment, nous avons pu porter des propositions concrètes auprès des pouvoirs publics. Très vite, nous avons ainsi proposé aux ARS, aux préfectures et aux collectivités locales plusieurs types de dispositifs possibles afin de faciliter et d’accélérer la vaccination massive de la population.

Dans ce cadre, notre préoccupation première est bien sûr la santé des personnes fragiles et isolées. C’est pourquoi nous déployons, entre autres, des dispositifs itinérants, nous inscrivant pleinement dans une démarche d’ "aller-vers" les plus vulnérables qui sont particulièrement exposés aux effets de la crise sanitaire.

Quels sont les différents dispositifs de vaccination mis en place sur le terrain ? 

Grâce à notre réseau exceptionnel de 66 000 bénévoles et 17 000 salariés ainsi qu’à notre maillage territorial unique, nous avons une capacité de mobilisation remarquable. Selon les besoins des départements, nous proposons la mise en place de dispositifs de toute taille, fixes ou mobiles, pouvant accueillir du public mais aussi un renfort logistique, notamment pour le transport de personnes, de matériel ou de vaccins, ou encore le déploiement d’unités mobiles de vaccination destinées aux personnes isolées. Nous sommes également en capacité de vacciner au sein de nos propres établissements. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le vaccinodrome du Stade de France ? 

A l’heure où notre pays est confronté à l’arrivée d’une troisième vague épidémique, nous participons à la mise en place de méga-centres de vaccination, en région parisienne notamment. Aux côtés de nombreux partenaires dont la préfecture et le conseil départemental de Seine-Saint-Denis, nous avons été mandatés par l’ARS pour être l’opérateur médical du vaccinodrome qui ouvrira ses portes le 6 avril au Stade de France. L’objectif est de vacciner en priorité les habitants de ce département durement touché par les conséquences sanitaires et économiques de la crise Covid et dont on connaît l’ampleur des difficultés. Nous comptons ainsi vacciner 1500 personnes par jour durant le mois d’avril pour monter en puissance jusqu’à 3000 personnes par jour au mois de mai. 

Quel regard porte la Croix-Rouge française sur la vaccination ?

A double titre, en tant que professeur de médecine et président de la Croix-Rouge française, je suis pleinement convaincu de l’utilité de la vaccination qui protège chaque année la vie de centaines de millions de personnes dans le monde et permet de maîtriser la propagation de nombreuses maladies qui frappent d’abord les plus fragiles. Le vaccin est un bien commun, un droit universel et je suis fier que la Croix-Rouge française participe à cette mission de santé publique.

Depuis un an, notre association a su montrer son agilité et sa capacité d’adaptation dans un contexte de crise sans précédent. Nous avons créé de nouveaux dispositifs et amplifié l’essentiel de nos activités dans un contexte particulièrement compliqué. C’est pourquoi je tiens particulièrement à remercier nos volontaires bénévoles et salariés, pour leur engagement sans faille dans cette lutte quotidienne contre l’épidémie. Je sais leur courage et leur ténacité, nous sommes soudés et nous ne lâcherons rien. Plus que jamais, nous devons rester mobilisés auprès de ceux qui comptent sur nous. Nous devons les aider, avec humanité, à faire face aux difficultés et à supporter l’incertitude.

Propos recueillis par Marine Bouniol - crédits photo Stéphane Rémael/La Company