Dans la nuit du 10 au 11 août 2025, des pluies torrentielles ont frappé les îles de São Vicente et Santo Antão au Cap-Vert, provoquant des crues soudaines, des glissements de terrain et de lourdes destructions. En quelques heures, routes, maisons, centres de santé et réseaux d’eau ont été gravement endommagés. Mais parmi toutes les infrastructures touchées, un lieu s’est imposé comme essentiel pour les familles et pour les enfants : l’école. Afin de préserver cet espace vital, nous y avons réhabilité en urgence les installations sanitaires, en collaboration avec des acteurs locaux.

À Mindelo, sur l’île de São Vicente, l’école Luís Morais se trouve au cœur de plusieurs quartiers. Pour João, qui y travaille depuis son ouverture, les effets de la tempête ont été immédiats.

« Après la pluie, l’école est devenue vulnérable. Un mur de protection a été détruit et une partie du bâtiment est restée exposée. La pluie est entrée dans les salles de classe et a provoqué de nombreux dégâts. »

À quelques kilomètres de là, dans le groupement scolaire de Ribeirinha, Manuel, le directeur décrit une situation similaire.

« Nos écoles ont subi des dégâts au niveau de l’eau, de l’électricité et des accès. Il y avait beaucoup de boue, et ce n’était pas facile de revenir à la normale. »

Ces témoignages reflètent une réalité plus large. Les inondations ont affecté 119 000 personnes au Cap-Vert, endommagé 2 500 bâtiments, détruit des ponts et provoqué une pénurie aiguë d’eau potable, obligeant à en acheminer chaque jour par ferry entre les îles. Dans ce contexte, la continuité de l’éducation et la sécurité sanitaire dans les écoles sont devenues un enjeu critique. Dans une ville où de nombreuses familles ont vu leur quotidien bouleversé, l’école reste un point d’ancrage. Les parents y confient leurs enfants pendant qu’ils tentent de faire face aux dégâts et aux défis de la reconstruction. C’est précisément pour soutenir ces écoles et leur rôle central que nous y avons initié un programme de réhabilitation des infrastructures sanitaires.

Les inondations ont affecté 119 000 personnes au Cap-Vert | Photo : Edgardo Ricardo, IFRC

Du 8 septembre au 24 novembre 2025 nous avons déployé quatre experts en eau, hygiène et assainissement. Leur mission : évaluer, réparer et sécuriser les infrastructures essentielles dans les écoles les plus touchées de São Vicente. Au total, 26 établissements scolaires ont été réhabilités : toilettes, lavabos, cuisines, douches, réservoirs d’eau potable et installations adaptées aux personnes à mobilité réduite.

Pour Manuel, l’intervention a marqué un tournant :

« Avant, l’école souffrait de problèmes de canalisation alors il fallait transporter l’eau manuellement. Maintenant ce n’est plus le cas. Les installations sanitaires fonctionnent ! »

Un sentiment que partage également João :

« Dans la partie sanitaire, il y avait effectivement des problèmes auparavant. Mais aujourd’hui la situation s’est beaucoup améliorée grâce au soutien de la Croix-Rouge. »

En parallèle des travaux, les élèves et le personnel éducatif des 26 écoles ont également bénéficié de sessions de promotion à l’hygiène, renforçant durablement les bonnes pratiques sanitaires au sein des établissements et au-delà, dans les familles.

« On observe une augmentation de l’attention portée à l’hygiène. Par exemple, les élèves ne sortent plus des toilettes sans se laver les mains et rappellent même à leurs camarades de le faire. Ils sont plus attentifs », se satisfait João.

Ces déploiements interviennent dans le cadre d’une réponse de la Croix-Rouge du Cap-Vert, avec l’appui de la Croix-Rouge espagnole, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et avec la participation du Centre de Crise et de Soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Au total, plus de 10 000 élèves et 300 enseignants bénéficient désormais de conditions d’hygiène sûres pour apprendre et travailler.

Dans un pays exposé chaque année aux aléas de la saison des pluies, protéger l’école, c’est protéger bien plus que des bâtiments : c’est préserver la santé, la dignité et l’avenir de toute une génération.

Photo : Moustapha Diallo, IFRC

Cette opération est réalisée avec la participation d'un partenaire :