Qu’est-ce que la déshydratation ?

La déshydratation correspond à un état où le corps humain perd plus d’eau et de sels minéraux qu’il n’en reçoit, au point de ne plus pouvoir assurer le bon fonctionnement de ses fonctions vitales. Un déséquilibre s’installe entre les pertes (urines, sueur ou vomissements, par exemple) et les apports (boissons et aliments riches en eau), ce qui perturbe l’équilibre hydrique global du corps.

Selon l’importance de la perte en eau et l’intensité des symptômes, il existe plusieurs degrés de déshydratation :

Déshydratation légère : perte modérée de fluides, soit 3 à 5% du poids pour un adulte, accompagnée de premiers symptômes tels qu’une soif accrue, une bouche un peu sèche, une fatigue légère et une diminution modérée de la fréquence des mictions. Elle se corrige généralement en quelques heures à l’aide d’une bonne réhydratation orale.

Déshydratation modérée : la perte d’eau est plus importante, 6 à 8% du poids adulte, et les symptômes davantage marqués avec une grande fatigue, des maux de tête, des vertiges, des urines rares et foncées, et une sensation de faiblesse. La réhydratation peut nécessiter 24 à 48 h.

Déshydratation grave : elle correspond à une perte majeure de liquide, soit plus de 10% du poids d’un adulte, et s’accompagne de signes alertants, comme une grande léthargie, une possible confusion, une chute de tension, des vertiges, une bouche très sèche et une absence quasi complète d’urines. Ce degré de déshydratation impose une prise en charge médicale d’urgence et une réhydratation à l’aide d’une perfusion.

Quelles sont les causes de la déshydratation ?

Manque d’apport hydrique au quotidien

  • Une alimentation pauvre en eau.

  • Manque d'hydratation , surtout en période de fortes chaleurs ou lors d’efforts sportifs intenses.

  • Des troubles alimentaires, comme l’anorexie et la boulimie.

  • Un jeûne prolongé mal encadré ou une rupture de jeûne mal préparée.

Augmentation de la perte en eau

  • Troubles digestifs : vomissements, gastro‑entérite et diarrhée par exemple, provoquent des pertes brutales et importantes en eau et sels minéraux.

  • Transpiration excessive : chaleur, exercice intense, fièvre ou ambiance chaude/humide augmentent la sudation, et donc les pertes hydriques.

  • Mictions fréquentes : certaines pathologies, comme le diabète ou une insuffisance rénale aiguë, et la prise de diurétiques accroissent la production d’urines.

Autres facteurs favorisants

  • Conditions environnementales : chaleur, temps sec, pollution, chauffage, climatisation et vent augmentent l’évaporation de l’eau de l’organisme.

  • Âge : les bébés et les personnes âgées sont des populations particulièrement à risque.

Quels sont les signes et symptômes de la déshydratation ?

Signes précoces et modérés

Les premiers symptômes de la déshydratation se reconnaissent à :

  • Sensation de soif, sécheresse des lèvres et de la bouche.

  • Diminution de la quantité d’urines, urines foncées, baisse de la transpiration.

  • Fatigue anormale, faiblesse, maux de tête, sensation de malaise ou de vertiges, surtout en position debout.

Signes de déshydratation sévère (urgence)

Il est urgent d’intervenir lorsque les symptômes suivants apparaissent :

  • Soif intense ou, au contraire, disparition complète de la soif accompagnée d’une grande faiblesse.

  • Tachycardie, baisse de la tension artérielle, vertiges, voire évanouissement.

  • Confusion, troubles de la conscience, agitation ou somnolence inhabituelle.

  • Peau froide, pâle, parfois moite, yeux enfoncés, regard terne, et pli cutané.

Les populations particulièrement à risque

Les populations les plus à risque face à la déshydratation sont celles qui régulent mal leur température, ressentent moins la soif ou ne peuvent pas boire seules. Elles nécessitent une vigilance accrue, surtout en cas de chaleur, de maladie ou de pertes hydriques importantes.

Les personnes âgées

L’eau représente environ 60% de notre poids corporel. Avec l’avancée en âge, les réserves hydriques diminuent. Par ailleurs, la sensation de soif s’amoindrit avec l’âge, raison pour laquelle de nombreux seniors ne boivent spontanément pas assez. Enfin, la perte d’autonomie rend parfois difficile le fait de se préparer à boire.

Les nourrissons et jeunes enfants

Les nourrissons sont vulnérables à la déshydratation pour des raisons à la fois mécaniques (composition du corps) et pratiques (ils sont incapables de gérer eux‑mêmes leurs apports). En effet, d’une part, l’organisme d’un bébé a des besoins hydriques par kilo plus élevés que ceux d’un adulte, ce qui rend tout déficit en eau plus rapidement critique. En cas de diarrhée, de vomissements ou de forte fièvre, un bébé peut, en l’espace de quelques heures, subir une déshydratation sévère. D’autre part, les nourrissons ne peuvent ni exprimer clairement leur soif ni aller boire seul. Ils sont entièrement dépendants de la vigilance de leurs parents et proches. Certains signes chez le nourrisson doivent particulièrement alerter : couches peu mouillées, fontanelle creusée, apathie et difficultés à réveiller l’enfant.

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Que faire en cas de déshydratation ?

En cas de déshydratation, la priorité est de rétablir l’équilibre en eau et en sels minéraux dans l’organisme, tout en surveillant l’apparition de signes de gravité. La conduite à tenir dépend de l’intensité des symptômes et de la personne concernée (enfant, adulte, personne âgée).

En cas de déshydratation légère à modérée

1. Faire boire la personne régulièrement par petites gorgées : eau, solution de réhydratation orale, bouillons légèrement salés, boissons contenant un peu de sucre et de sel.

2. Mettre au repos dans un endroit frais, desserrer les vêtements, éviter l’effort physique, la chaleur et les boissons alcoolisées ou très caféinées qui accentuent la déshydratation.

3. Surveiller l’amélioration des signes : reprise d’une urine plus claire, diminution des maux de tête, de la fatigue et des vertiges.

En cas de déshydratation sévère : conduite d’urgence

  1. Appeler immédiatement le 15 ou le 112 (ou les urgences locales)

  2. En attendant les secours : allonger la personne, surélever légèrement les jambes, la placer à l’ombre ou dans un endroit frais, la rafraîchir (linges humides, brumisateur) et ne lui donner à boire que si elle est bien consciente et déglutit sans difficulté.

Cas particuliers : nourrissons, jeunes enfants et personnes âgées

  1. Consulter rapidement un médecin ou un service d’urgence dès les premiers signes modérés.

  2. Utiliser de préférence des solutions de réhydratation orale adaptées et éviter les jus de fruits.

Après un épisode de déshydratation, il est important de continuer à boire plus que d’habitude pendant 24 à 48 heures en fractionnant les prises. Identifier la cause de la déshydratation (exposition à la chaleur, activité intense, maladie digestive, médicaments) permet de mettre en place des mesures préventives et d’éviter la récidive.

Quand faut-il consulter un médecin pour une déshydratation ?

Il est essentiel de consulter un professionnel de santé dès que les signes de déshydratation sont modérés ou s’aggravent : grande fatigue, soif intense persistante, bouche très sèche, peu ou pas d’urines, vertiges ou malaise, surtout chez un nourrisson, un enfant, une personne âgée ou un malade chronique.

Une consultation ou une prise en charge en urgence s’impose en cas de confusion, somnolence, difficulté à respirer, fièvre élevée, vomissements répétés, diarrhée abondante, douleurs abdominales importantes ou impossibilité de boire ou de garder les liquides.

De manière générale, si les symptômes ne s’améliorent pas rapidement malgré une réhydratation orale correcte ou si un doute persiste, il est recommandé de contacter votre médecin traitant ou les services d’urgence.

Comment prévenir la déshydratation ?

La prévention de la déshydratation repose surtout sur une hydratation régulière et adaptée aux pertes en eau, complétée par quelques bons réflexes :

  1. Boire suffisamment au quotidien : les nourrissons ont besoin de boire environ 700ml/jour assurés quasi exclusivement par le lait habituel maternel ou infantile, les jeunes enfants environ 1,1L/jour et les adultes 1,5 à 2L/jour.

  2. Adapter l’hydratation aux situations à risque : augmenter les apports d’eau en cas de forte chaleur, de transpiration importante (sport, canicule) ou de fièvre pour compenser les pertes.

  3. Consommer des aliments riches en eau (concombre, pastèque, oranges) et limiter les boissons diurétiques (café, alcool) en excès, car elles accroissent la perte de liquide.

  4. Garder toujours une bouteille d’eau avec soi et boire régulièrement, même sans sensation de soif.

  5. Privilégier les tisanes et eaux infusées comme options gourmandes pour rester bien hydraté toute la journée.

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En savoir plus

Que manger en cas de déshydratation ?

En cas de déshydratation légère, privilégier des aliments très riches en eau comme la pastèque, le melon, le concombre, et les tomates, en petites quantités mais très régulièrement.

Quelle boisson privilégier en cas de déshydratation ?

Il est recommandé de boire de l'eau plate ou légèrement minéralisée, éventuellement enrichie en électrolytes (solution de réhydratation orale ou eau de coco peu sucrée), à petites gorgées mais très régulièrement.

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