Vague de froid à Paris : Nous ouvrons un centre d'hébergement d'urgence de 180 places
Publié le 8 janvier 2026
L’ouverture de ce centre signe-t-elle une mobilisation inédite de la Croix-Rouge ?
Inédite… peut-être pas. Mais cela fait effectivement des années que nous n’avions pas mis en place un dispositif susceptible d’accueillir un aussi grand nombre de personnes.
Après, quelles que soient les conditions météo, la Croix-Rouge intensifie chaque hiver son action envers les plus fragiles, en renforçant, du premier novembre au premier avril, ses dispositifs : hausse du nombre de maraudes, horaires des lieux d’accueil de jour et de nuit élargis, zones où se réchauffer installées dans les unités locales…
Mais la mobilisation monte effectivement encore d’un cran lors des épisodes de froid intense, comme celui que nous traversons en ce moment.
A Paris, où le Plan grand froid a été déclenché par la préfecture le 28 décembre dernier, la mobilisation des acteurs du secteur, et donc la nôtre, s’est intensifiée ces derniers jours, en raison des abondantes chutes de neige, qui limitent drastiquement la possibilité de trouver un abri pour les personnes qui vivent dans la rue.
A la demande de la préfecture, nous avons, dès la semaine dernière, ouvert un premier centre d’hébergement d’urgence collectif doté de 60 places, dans le 15e arrondissement. Et hier soir, toujours sur sollicitation de la préfecture, nous en avons ouvert un second, doté, lui, de 180 places, dans le 8e arrondissement.
La réactivité est donc essentielle, non ?
Oui ! La demande nous est parvenue hier mardi à 19 heures… Et à peine trois heures plus tard, grâce à la mobilisation de nos bénévoles logisticiens, nous étions ouverts.
A 22 heures donc, nous pouvions déjà accueillir 100 personnes. Et aujourd’hui mercredi, nous montons encore d’un cran, avec 80 places de plus.
Le partenariat inter-associatif a lui aussi joué. Comme celui avec la Sécurité civile qui nous a prêté les lits qui nous manquaient.
Autre élément crucial : la mobilisation sans faille des bénévoles et salariés Croix-Rouge. Sur zone, une quinzaine de bénévoles sont ainsi présents : huit bénévoles de l’action sociale, deux secouristes et quatre bénévoles du pôle Rétablissement des liens familiaux (RLF). Deux salariés Croix-Rouge, travaillant habituellement en centres d’hébergement d’urgence, sont également présents 24 heures sur 24.
Qui accueillez-vous ?
Si dans le 15e arrondissement, nous accueillons exclusivement des hommes seuls à la rue, ici, nous avons tous les profils : des personnes vivant à la rue mais également des étudiants dormant habituellement dans leur voiture, des familles vivant dans la rue ou dans des logements insalubres et froids, comme des femmes seules avec enfants. Autant de personnes qui arrivent, pour l’essentiel, via le 115.
L’accueil s’est d’ailleurs organisé pour respecter cette diversité de profils. Les hommes seuls peuvent se poser dans une grande salle, mais nous avons aussi un espace plus intime pour les familles et les femmes seules ou avec enfants.
Et que leur offrez-vous ?
Nous offrons à toutes celles et ceux que nous accueillons de quoi répondre à leurs besoins essentiels : manger, boire, se réchauffer, dormir, dans un lit et sous un duvet… Les repas, fournis par nos collègues de centres d’urgence, sont des plateaux que nous avons possibilité de chauffer sur place. Ils sont servis midi et soir, et accompagnés, à n’importe quel moment de la journée, d’en-cas et de boissons chaudes.
Nous disposons aussi de kits d’hygiène et d’une douche. Ainsi que d’un poste de secours géré par nos bénévoles secouristes. Et une borne de recharge pour les téléphones portables.
Nous offrons aussi et surtout… une présence, une écoute. Les deux salariés Croix-Rouge, travaillant habituellement en centres d’hébergement, sont d’ailleurs aussi là pour aider les personnes accueillies à penser “l’après”.
Ce centre restera ouvert a minima jusqu’au milieu de la semaine prochaine. Dispositif d’urgence de mise à l’abri, il est essentiel. S’il peut permettre de penser aussi “l’après”, c’est coup double.