Neige et froid intense se sont abattus cette semaine sur la métropole. Des conditions météorologiques particulièrement dangereuses pour celles et ceux n’ayant nulle part où dormir. À Paris, un centre d’hébergement d’urgence de 180 places a été mis en place en quelques heures, grâce à la coordination entre les délégations des Yvelines, de Paris et des Hauts-de-Seine.

Mettre en place un centre d’hébergement d’urgence (CHU), nos équipes savent faire. Cela fait partie des pratiques usuelles dès le déclenchement du Plan grand froid. Quelles que soient les conditions météo, nous intensifions chaque hiver, du 1er novembre au 1er avril, nos actions de prévention et de mise à l’abri pour les plus fragiles : hausse du nombre de maraudes, horaires des lieux d’accueil de jour et de nuit élargis, mise à disposition de locaux où se réchauffer…

Mais ouvrir un CHU en plein Paris, capable d’accueillir autant de personnes - 180 -, cela ne s’était pas vu depuis des années ! En deux temps trois mouvements, les délégations du 78, du 75 et du 92 se sont concertées et accordées sur les effectifs à déployer et le matériel à mobiliser pour répondre à la demande express de la préfecture.

Une réactivité essentielle

“En effet, la mobilisation est montée d’un cran compte tenu de ces épisodes de froid intense que nous traversons en ce moment et des abondantes chutes de neige qui limitent drastiquement la possibilité de trouver un abri pour les personnes qui vivent dans la rue”, explique Benjamin, le chef du dispositif. La demande de CHU est tombée à 19 heures le mardi 6 janvier et à peine trois heures plus tard, grâce à la mobilisation des bénévoles logisticiens, tout était en place. “A 22 heures, nous pouvions déjà accueillir 100 personnes et le lendemain 80 personnes en plus”, précise-t-il.

Des personnes sans abri, des étudiants dormant habituellement dans leur voiture, des familles vivant dans la rue ou dans des logements insalubres et froids, dont des femmes seules avec enfants… tous les publics en situation de vulnérabilité sont représentés ,la plupart d’entre eux orientés via le 115.

L’accueil s’est d’ailleurs organisé pour respecter cette diversité de profils. Les hommes seuls peuvent se poser dans une grande salle, les familles et les femmes seules ou avec enfants dans un espace plus intime.

Sur le site, une quinzaine de bénévoles s’activent auprès d’eux : huit bénévoles de l’action sociale, deux secouristes et quatre bénévoles du pôle Rétablissement des liens familiaux (RLF). Deux salariés Croix-Rouge, travaillant habituellement en centres d’hébergement d’urgence, sont également restés sur place 24 heures sur 24. “Nous offrons à toutes celles et ceux que nous accueillons de quoi répondre à leurs besoins essentiels : manger, boire, se réchauffer, dormir, dans un lit et sous un duvet…”, détaille Benjamin. Les repas, fournis par nos collègues d’autres centres d’urgence, sont des plateaux que nous avons possibilité de chauffer sur place. Ils sont servis midi et soir, et accompagnés, à n’importe quel moment de la journée, d’en-cas et de boissons chaudes. Des kits d’hygiène et une douche leur sont également proposés, ainsi qu’un poste de secours géré par nos bénévoles secouristes et une borne de recharge pour les téléphones portables est mise à disposition.

Offrir une présence, une écoute, fait aussi partie de la mission. Les deux salariés Croix-Rouge sont d’ailleurs aussi là pour aider les personnes accueillies à penser “l’après”. Quand le froid et la neige auront disparu et que le quotidien reprendra le dessus avec son lot de difficultés.

Crédit photos : Hélène Bozzi / Texte : Emmanuelle Debeillex

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