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COVID-19 : la Croix-Rouge des Vosges organise une veille sanitaire et sociale dans les hôtels du 115

COVID-19 : la Croix-Rouge des Vosges organise une veille sanitaire et sociale dans les hôtels du 115
Publié le 03/04/2020

Depuis le 23 mars, la Croix-Rouge française réalise une mission de veille sanitaire et sociale dans les établissements hôteliers qui accueillent des personnes orientées par le service d’hébergement d’urgence (115). Composée du coordinateur des maraudes, d’un infirmier diplômé d’État et d’un bénévole secouriste, l’équipe est allée à la rencontre de plus de 300 personnes, hommes, femmes et enfants, qui résident actuellement dans les 18 hôtels du département gérés par le 115.


Réalisée à la demande de la préfecture des Vosges (88), la mission de veille sanitaire et sociale des hôtels du 115 a démarré le 23 mars 2020. Samuel Harault, coordinateur des maraudes, Julien Kleinhans, infirmier diplômé d’État (IDE) et Julien Crolotte, équipier secouriste PSE2, se sont rendus dans les 18 hôtels gérés par le 115 dans le département. Ils sont allés à la rencontre des familles, avec professionnalisme et humanité, pour s’assurer de l’absence de cas de Covid-19 dans ces établissements où résident des personnes en grande précarité.


Les grands objectifs de cette mission 

  • Assurer un suivi médical des personnes accompagnées pour déceler le Covid-19 (ou tout autre pathologie) et solliciter les services hospitaliers pour une prise en charge adaptée ;
  • Sensibiliser aux gestes barrières, aux mesures de confinement et à leur bonne application ;
  • Assurer un suivi social pour soutenir les personnes accompagnées, marquer une présence sur le terrain et pouvoir répondre aux besoins identifiés en sollicitant les ressources disponibles ;
  • Établir une relation de confiance avec les hôteliers pour travailler en étroite collaboration et les soutenir si un souci d’ordre médical ou social est identifié ;
  • Fournir aux hôteliers toutes les ressources disponibles (dans le maximum de langues car de nombreuses familles sont d’origine étrangère) pour leur permettre d’assurer leur mission d’hébergement d’urgence dans les meilleures conditions ;
  • Faire remonter les informations auprès de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

Dans ce cadre, Samuel Harault, Julien Kleinhans et Julien Crolotte se sont déplacés dans tout le département depuis le 23 mars. Ils ont reçu les familles dans une salle à l’écart, pour préserver l’intimité et le respect de leur vie privée. Ils ont réalisé des actions médicales, pris les paramètres vitaux, proposé des échanges sur la situation sociale et le moral des personnes. Au 3 avril, ils avaient rendu visite aux 300 personnes et aucun cas de Covid-19 n’avait été repéré. Ils poursuivront toutefois cette mission au moins jusqu’à la fin du mois d’avril, en réalisant de nouvelles visites dans les hôtels et en assurant un suivi téléphonique régulier.


Témoignages

Aujourd’hui, ils témoignent sur cette action essentielle pour assurer la prévention des personnes les plus fragiles.

SAMUEL HARAULT, COORDINATEUR DES MARAUDES DES VOSGES ET ÉDUCATEUR SPÉCIALISÉ

« En tant que coordinateur des maraudes, j’ai participé à la phase préparatoire de cette mission de veille sanitaire et sociale avec la direction régionale de la Croix-Rouge française et les services concernés (115, DDCSPP). Nous avons évalué les besoins et fait une proposition pour le bon déroulement de la mission. Puis, sur le terrain, j’ai pris contact avec les hôteliers et mis en place les modalités pratiques. Par exemple, il ne faut que l’on déambule dans les hôtels, cela risquerait d’inquiéter les familles sans raison ! Notre objectif est d’être efficace et, dans une démarche d’accompagnement psychologique et social, de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’angoisse supplémentaire lors de notre venue. Autrement dit, ce n’est pas parce que la Croix-Rouge est dans les murs que ça va mal, au contraire ! En tant qu’éducateur spécialisé, je réalise le volet veille sociale de notre mission : je m’assure que les familles ne sont pas trop angoissées, je les conseille sur leurs démarches administratives, je m’assure que les mesures de prévention et de confinement ont été bien comprises (en leur donnant par exemple des documents traduits sur les mesures barrières), je réponds à leurs interrogations… Par ailleurs, comme nous rencontrons de nombreux enfants, cette visite permet aussi de s’assurer de la continuité de leur scolarisation, de faire le lien avec l’enseignant et de prévenir l’échec scolaire. Plus globalement, il s’agit d’assurer la continuité de l’accompagnement social, y compris dans cette situation inédite et particulièrement difficile.

Enfin, au-delà de l’accompagnement des familles, cette mission nous permet de rassurer les hôteliers, de leur dire que la Croix-Rouge est à leurs côtés dans cette période trouble. Ils ont été rassurés de savoir qu’aucun cas de Covid-19 n’avait été pour l’instant recensé dans leurs établissements, et ils savent qu’ils peuvent compter sur nous pour la suite de cette crise. Pour que l’hébergement des familles orientées par le 115 se passe au mieux et qu’il puisse se poursuivre sans accroc. »


JULIEN KLEINHANS, INFIRMIER DIPLÔME D’ÉTAT A LA CROIX-ROUGE FRANÇAISE

« Je travaille à la Croix-Rouge française depuis quatre mois et me suis porté volontaire pour cette mission de veille sanitaire et sociale dans les hôtels du 115. Face à une crise de cette ampleur, c’était important pour moi de participer à la lutte contre la propagation de l’épidémie. En tant qu’infirmier, je reçois les familles – du nourrisson aux personnes âgées –, et m’occupe de prendre les paramètres vitaux (tension artérielle, saturation, pouls, température, évaluation éventuelle de la douleur) pour que l’on puisse détecter les signes précoces du Covid-19 ou écarter tout symptôme. De plus, je leur pose un certain nombre de questions pour déterminer leur état de santé général : est-ce que vous vous sentez fiévreux ? Est-ce que vous toussez ? Etes-vous fatigués ? Avez-vous des courbatures ?... Autant de questions qui viennent compléter la prise de paramètres. Enfin, j’en profite pour faire de la ‘bobologie’ en cas de besoin (petites sutures, vaccins, etc.), tout ce qui peut contribuer au bon état de santé des personnes et leur éviter d’aller chez le médecin ou aux urgences !

Je n’ai pas hésité une seconde à participer à cette mission car, si je suis infirmier, c’est justement pour pouvoir aider les personnes qui n’ont pas – ou peu – accès aux soins. En allant à leur rencontre, on assure une action de prévention essentielle… Et j’ai ainsi le sentiment de contribuer utilement à la santé publique. »


JULIEN CROLOTTE, ÉQUIPIER SECOURISTE PSE2

« A la Croix-Rouge française depuis trois ans, j’ai d’abord commencé par l’action sociale (les maraudes) avant de devenir secouriste pour compléter ma palette de missions au service des personnes fragiles. Participer à cette action faisait donc sens pour moi, puisqu’il s’agit d’aller à la rencontre de personnes en grande précarité et de s’assurer qu’elles sont en bonne santé, dans un contexte de pandémie qui inquiète énormément. Concrètement, j’assiste Julien (l’infirmier) dans la prise des paramètres vitaux : je note les informations, échange avec les familles et apporte un soutien supplémentaire pour le bon fonctionnement de nos visites.  

Que ce soit pour cette mission – ou pour une autre ! –, j’ai envie de donner de mon temps à la Croix-Rouge française. Même si l’on sait que le virus est particulièrement contagieux, je n’ai pas eu peur de réaliser cette veille sanitaire et sociale car j’ai confiance en notre capacité à se protéger. Je sais que l’on respecte les procédures et que l’on peut s’occuper des personnes sans crainte. »